Ginette Pellerin en tournée pour parler cinéma

Avec une cinquantaine de réalisations à son actif, la cinéaste Ginette Pellerin sillonnera les routes du Nouveau-Brunswick afin de parler de son métier de réalisatrice, de partager ses expériences et sa passion pour le cinéma documentaire.

La cinéaste de l’entreprise Améri Ka Productions à Grande-Digue entreprend cette tournée provinciale du 17 septembre au 27 octobre dans le cadre du projet Écrans baladeurs du Conseil provincial des sociétés culturelles (CPSC). Les détails du projet, qui en est à sa troisième année d’existence, ont été dévoilés lundi. Ginette Pellerin visitera des écoles et des sociétés culturelles dans plusieurs municipalités francophones de la province. La cinéaste d’expérience espère ainsi transmettre au public son amour pour le septième art. Elle a toujours cherché à porter à l’écran les histoires et les images de l’Acadie.

«Un peuple qui ne produit pas ses propres images est condamné, en quelque sorte, à mourir et puis à consommer les images des autres», a exprimé Mme Pellerin.

Originaire de Trois-Rivières, elle s’est établie en Acadie en 1974 à l’arrivée du studio de l’ONF à Moncton. Après avoir collaboré à plusieurs productions, elle a entamé sa carrière de réalisatrice. Depuis ses débuts, elle a posé son regard sur les réalités de sa région d’adoption. S’il lui est arrivé d’intégrer un peu de fiction dans ses oeuvres, elle a toujours privilégié le documentaire. Son premier film, L’âme sœur, terminé en 1990, portait sur les religieuses hospitalières Saint-Joseph et sur ce qu’elles sont devenues après l’étatisation des hôpitaux. Au fil des années, elle a réalisé des documentaires sur des personnalités importantes et des monuments incontournables de l’Acadie. On lui doit, entre autres, un documentaire sur l’écrivaine Antonine Maillet, l’artiste multidisciplinaire Herménégilde Chiasson, le boxeur Yvon Durelle et la cathédrale de Moncton.

«Ce sont des archétypes dans différentes sphères d’activités de la réalité acadienne, comme les sports, les arts visuels, la littérature. L’idée est de vraiment nourrir l’Acadie de ses histoires et de ses images.»

Elle tourne en ce moment un documentaire sur l’artiste visuel Claude Roussel; un pionnier des arts en Acadie. Même si elle possède une feuille de route bien garnie, il reste que la cinéaste a dû faire face à de nombreux défis chaque fois qu’elle a voulu réaliser un film. Les appuis des grandes institutions comme l’ONF et la Société Radio-Canada ne sont pas toujours venus aussi vite qu’elle l’aurait souhaité. Aujourd’hui, elle réalise, tourne et produit elle-même ses films avec sa maison de production. C’est ainsi, notamment, qu’elle a tourné le film sur Herménégilde Chiasson, sur la cathédrale de Moncton et qu’elle entreprend aussi le documentaire sur Claude Roussel.

«Je me suis toujours battue pour faire mes films. Pour Claude Roussel, c’est aussi la croix et la bannière. Je l’ai présenté à l’ONF et Radio-Canada et ils ne veulent pas embarquer. Claude Roussel n’est pas une vedette connue. C’est en art visuel, donc c’est peut-être moins attrayant. J’espère qu’un jour quelqu’un va embarquer. Ce serait bien parce que ça me permet de me payer un peu, sinon on fait tout gratis. On est vraiment très généreux nous les artistes.»

Honorée

Lors de sa tournée, la cinéaste parlera de son travail et des démarches pour chacun de ses films. Comme elle fait du cinéma d’auteur, elle propose un regard personnel, subjectif et une approche singulière. Elle présentera aussi des extraits de ses documentaires. Elle s’estime honorée d’avoir été choisie par le CPSC pour entreprendre cette tournée.

«C’est une façon de partager mon expérience et mon travail avec d’autres, avec des jeunes particulièrement, et de leur donner peut-être la piqûre de vouloir eux aussi contribuer. Parce qu’aujourd’hui, c’est plus facile de faire des films que dans mon temps quand on tournait sur pellicule. Alors que maintenant, tout le monde peut en faire, mais d’en vivre c’est une autre chose.»

La cinéaste s’arrêtera, entre autres, à Baie-Sainte-Anne, à Bouctouche, à Saint-François, à Saint-Quentin, à Kedgwick, à Shippagan, à Tracadie, à Memramcook, à Saint-Léonard, à Moncton et à Grand-Barachois. Avec son entreprise de production, Ginette Pellerin travaille aussi à la création d’un vaste projet multimédia dans la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Moncton. Ce sera un musée multimédia interactif qui mettra en valeur les éléments patrimoniaux de l’établissement. L’ouverture du musée est prévue pour le Congrès mondial acadien à l’été 2019.