Humour: un succès à partir de presque Rien

Les amateurs d’humour de Caraquet et des environs risquent de parler encore plus de Rien dans les prochains mois, voire les prochaines années. Après avoir connu un vif succès au cours de la fin de semaine dernière, les organisateurs du premier festival du rire portant ce titre à la fois drôle et improbable fonceront bientôt à bâbord toutes pour la préparation de la deuxième saison.

Caraquet a vu vibrer à coups de gorges déployées et de tapes sur les cuisses les murs du restaurant Le Panaché, du Dooly’s, du 2e de la Boulangerie Grains de folie, du Club plein air ainsi que de l’amphithéâtre de la polyvalente Louis-Mailloux durant les quatre jours qu’à durés le festival Rien, du 12 au 15 septembre. Des salles pratiquement toutes remplies à pleine capacité, des humoristes d’ici et d’ailleurs qui ont aiguisé leurs blagues pour l’occasion et un public qui a répondu présent et «ha! ha! ha!» à de nombreuses reprises, selon le président de l’événement, l’humoriste Nathan Dimitroff. «Ç’a vraiment super bien été! Nous avons eu quelques centaines de spectateurs durant l’ensemble du festival et presque partout, c’était rare qu’il y avait un ou deux sièges de libres», mentionne Nathan Dimitroff, soulignant au passage «l’excellent travail» des autres membres de son équipe.

Car même si l’humour s’avère populaire dans la région, le succès du festival n’était pas forcément gagné d’avance. Dire que les organisateurs ne partaient de «rien», ou, à tout le moins, de pas grand-chose, ne relève pas de la blague.

«Nous avons annoncé la programmation un peu à la dernière minute parce que nous avons attendu l’aide de commanditaires jusqu’à la limite viable. Nous n’avions aucune subvention et nous en étions tous à notre coup d’essai pour ce type d’événement. Heureusement, nos bienfaiteurs ont fait en sorte que nos artistes soient bien logés et bien nourris, et ce, gratuitement. Ces contributions ont certainement eu un impact dans le succès de Rien», soutient Nathan Dimitroff, qui a lui-même dégainé son humour en fin de semaine dernière.

Outre le président du Rien, la programmation comprenait les Acadiens JC Surette, Martin Saulnier, Éric «AC/DC» Chiasson et Jean-Sébastien Levesque, ainsi que les Québécois Richardson Zéphir, Pascal Cameron, François Tousignant et Derrick Frenette.

«C’était un beau mélange de rencontres entre les humoristes d’ici et du Québec. C’est certain que les Québécois ont la chance de faire un plus gros circuit que nous et le fait de nous avoir partagé leur expérience nous a enrichis. En même temps, la plupart d’entre eux découvraient l’Acadie et notre culture unique pour la première fois. Ce festival a été placé sous le signe de la découverte du début à la fin», mentionne Nathan Dimitroff d’un ton enjoué.

En outre, le premier concours d’humoristes a couronné le Caraquétois Gabriel Albert qui, comme la plupart des participants, chauffait la scène devant grand public pour la première fois.

«Les humoristes amateurs ont pu jaser avec des gens établis dans le métier et ç’a été enrichissant pour eux aussi. Certains participants ont hésité jusqu’à la toute dernière minute avant de se lancer, mais ils ont finalement conquis le public. Personnellement, j’ai eu mal aux joues pendant toute la soirée du concours!», souligne le président.

Tout ceci laisse présager un deuxième Rien des plus rempli. Le comité organisateur se réunira la semaine prochaine pour en entamer la préparation. Déjà, les idées ne manquent pas, tout comme les appels d’autres humoristes dont le succès de l’événement a atterri dans leurs oreilles.

«Certains humoristes d’assez haut niveau m’ont contacté pour être dans le prochain festival. Ça augure bien pour la suite. C’est certain que nous ne voulons pas refaire exactement la même chose l’an prochain que cette année, mais nous allons voir en fonction de notre budget ce qui est possible. Nous allons peut-être un peu sortir de Caraquet aussi, pour présenter un ou deux shows. Le Village Historique Acadien, entre autres, semble intéressé de nous accueillir. Ça ne manquera pas de dynamisme, ça c’est sûr», déclare Nathan Dimitroff.