Herménégilde Chiasson expose à Moncton et à Fredericton

Pendant que l’artiste Herménégilde Chiasson propose une toute nouvelle collection de ses plus récentes peintures à la Galerie 12 à Moncton, la Galerie d’art Beaverbrook invite le public à parcourir l’ensemble de son travail en présentant une rétrospective témoignant de l’étendue de son œuvre sur plus d’un demi-siècle.

La rencontre a lieu à la Galerie 12 pendant qu’il travaille au montage de sa nouvelle exposition Le noir au commencement. L’artiste a toujours cet éclair dans les yeux quand il parle de peinture. S’il est aussi écrivain, cinéaste et dramaturge, la peinture occupe une grande place dans son long parcours artistique. Toute sa vie, il a voulu explorer différentes approches en art visuel. Cet automne, ses œuvres se retrouvent dans deux centres de la province, dont la galerie de la capitale provinciale.

«La Galerie Beaverbrook est un peu le musée des beaux-arts du Nouveau-Brunswick. D’être exposé dans ce lieu, pour moi, c’est une étape importante. C’est la deuxième fois que je vais exposer là», a indiqué l’artiste, dont certaines de ses tableaux font partie de la collection permanente de la galerie.

Son exposition de la capitale, qui s’ouvre officiellement le 13 octobre, est fondée en partie sur la rétrospective de son travail qui a été présentée au Centre culturel Aberdeen lorsqu’il a reçu le prix Strathbutler à l’automne 2017. Pour cette exposition, et compte tenu de l’envergure de l’espace qui lui est alloué, il a remplacé certaines œuvres par des tableaux de plus grand format. Quant à la Galerie 12, il offre de la nouveauté puisque l’artiste fait un retour à la peinture abstraite.

«Je me suis dit que ce serait amusant de jouer juste avec les couleurs et les formes et de ne pas me préoccuper de la représentation. Chaque fois que je fais une exposition, je travaille toujours avec un thème. Ça fait deux ou trois mois que je travaille là-dessus. Je voulais faire quelque chose de direct, un peu comme une écriture directe et forte», a-t-il expliqué.

Le noir a constitué la base de toutes ses peintures, pour ensuite y intégrer de la couleur. Il présente six suites de grands tableaux abstraits dans lesquels, les formes, les couleurs et le mouvement ont guidé sa création. Cette idée de créer des suites lui vient un peu de la littérature. Herménégilde Chiasson aime aussi s’imposer des contraintes dans la création, un peu comme il le fait en littérature. Très franches, les formes peuvent également évoquer des structures métalliques. L’artiste rappelle que l’abstraction pure n’existe pas vraiment.

«Pour moi, la première suite me fait penser à un quai avec la mer et le ciel à travers.»

Cette façon de peindre est toute nouvelle pour l’artiste qui pendant plusieurs années s’est tourné davantage vers le figuratif et la représentation. En fouillant dans ses affaires pour préparer la rétrospective Strathbutler, il a retrouvé des peintures abstraites qu’il a réalisées dans les années 1970. C’était plus lyrique, fait-il remarquer. Les grands formats le passionnent. En achetant une ancienne école à Grand-Barachois tout près de chez lui qu’il a transformé en atelier, il peut maintenant se lancer à fond dans les immenses formats.

«Maintenant, ce que je veux c’est de me faire plaisir. C’est la même chose en littérature. La poésie, je suis sûr que ce n’est pas ça qui est le plus grand marché, mais c’est ce qui m’intéresse le plus.»

Le vernissage de son exposition à la Galerie 12 se tient vendredi de 17h à 19h.

Automne littéraire mouvementé

Depuis la parution de la version anglaise de son recueil Mourir à Scoudouc (To Live and Die in Scoudouc), Herménégilde Chiasson a été invité à de nombreux événements littéraires anglophones. Ce recueil, publié d’abord en français en 1974, suscite beaucoup d’intérêt chez les anglophones. Cet enthousiasme surprend l’auteur. Cette semaine, il a participé à des lectures publiques en anglais à Fredericton et Saint-Jean qui ont fait courir les foules.

«Je suis surpris de voir qu’il y a beaucoup de monde qui assiste à ces événements. Hier, j’ai vendu plusieurs livres après la lecture. Ils ont été vraiment touchés par ça. En plus, Mourir à Scoudouc est un livre qui a été écrit 44 ans passés, alors c’est vraiment derrière moi. Quand je lis ça, je me rends compte que c’est vraiment lyrique. Il y a comme une énergie et une naïveté là-dedans. Maintenant, c’est très différent ce que je fais», a-t-il partagé.

La traduction signée par Jo-Anne Elder est parue aux Éditions Goose Lane au printemps. Herménégilde Chiasson est probablement l’écrivain acadien qui a été le plus traduit dans la langue de Shakespeare. Plusieurs de ses recueils ont été traduits.

L’auteur s’apprête aussi à participer au Festival international de la poésie de Trois-Rivières à compter du 3 octobre et à prendre part à une résidence d’écriture à Poitiers en France au cours de l’automne.