L’Acadie comme canevas pour un roman iranien

Dans son premier roman, Je me suis perdue dans une petite ville, l’auteure Mona Hosseini, originaire de Téhéran, présente l’Acadie aux Iraniens. Écrit en langue persane et publié dans son pays natal, le récit fictif part à la découverte des rues, de la culture, des auteurs acadiens et de la vie de Moncton.

En arrivant à Moncton il y a quatre ans, pour entreprendre son doctorat en études littéraires, Mona Hosseini a d’abord été frappée par la dimension de la ville. Puisqu’elle a grandit dans la capitale iranienne, une ville de plus de 12 millions d’habitants, elle s’est même demandé si Moncton vraiment une ville.

«Quand je suis arrivée, je me demandais pourquoi sur le site du gouvernement, on trouve Moncton comme une ville. La ville selon moi, c’est là où on trouve des gratte-ciel, beaucoup d’autoroutes, donc des éléments urbains. Mais ici non, c’est plutôt naturel», a confié l’auteure.

Celle qui aime beaucoup écrire a imaginé ce récit lors de ses balades en nature et dans les cafés de la rue Main. Sa présence dans la ville où la culture et la langue sont différentes des siennes lui a donné envie de créer ce récit sur l’Acadie et sur Moncton. Écrit dans la langue officielle de l’Iran, le petit roman de 119 pages, qui se lit de droite à gauche, est publié aux Éditions Morvarid (Perle en persan) à Téhéran. Il est distribué partout en Iran. C’est la première fois qu’un roman en persan sur l’Acadie est publié.

«Moins d’Iraniens connaissent les petites villes du Canada. Ils connaissent bien Montréal, Toronto et Vancouver, mais pas les petites villes, surtout celles qui se situent dans l’est du Canada. Je parle aussi de quelques petites villes autour de Moncton comme Bouctouche et Miramichi.»

Son roman raconte l’histoire d’une jeune Iranienne, Andia, qui aime beaucoup la culture et la langue française. Elle étudie d’ailleurs le français en Iran. Après un séjour en France, la jeune femme décide d’aller rejoindre son amoureux qui a choisi d’émigrer au Canada. C’est à Moncton qu’ils se retrouvent.

«C’est la première fois qu’elle voit une petite ville comme Moncton, donc les visages et les accents sont un peu bizarres pour elle. Mais elle tente de communiquer avec eux. Elle fait la rencontre d’amis à Moncton. Un jour, son amant la quitte, mais elle choisit de rester à Moncton et de continuer ses études en français. Elle décroche un petit job et cela l’aide à bien comprendre les différentes cultures et rites.»

Si les lieux décrits dans le récit sont réels et que l’histoire prend sa source dans le parcours personnel de l’auteure, Mona Hosseini précise qu’il s’agit de la fiction. Ce n’est pas sa vie qu’elle raconte dans le livre, dont le thème principal est l’amour qui existe entre les personnages. Cet amour se transforme en attachement pour un lieu.

«Dans le livre, on constate que pour le personnage principal, chaque personne est une nouvelle géographie. C’est grâce à un homme qu’elle voyage au Canada, qu’elle découvre cette ville, qu’elle rencontre de nouvelles personnes et qu’elle se fait des amis.»

Elle aborde diverses thématiques, tout en faisant référence aux lieux et aux auteurs acadiens, américains, québécois, français et russes.

«Je parle aussi du chiac, parce qu’en Iran on a aussi le mélange de deux langues.»

Mona Hosseini aime la tranquillité et l’environnement naturel de Moncton, bien que le bruit des grandes villes lui manque parfois.

«À Téhéran, on a beaucoup de bruit, des klaxons. Parfois, on entend des cris des enfants dans les rues et les ruelles. Mais ici, pas vraiment. C’est tranquille. J’adore la nature de cette ville et surtout le ciel, parce qu’ici le ciel est bleu. Chez moi, à cause de la pollution, le ciel est toujours gris.»

L’étudiante au doctorat en études littéraires est aussi assistante de recherche auprès du professeur Benoit Doyon-Gosselin à l’Université de Moncton. Elle enseigne également le français en ligne aux Iraniens qui veulent immigrer au Canada. L’auteure envisage un jour de traduire son roman en français. Elle a d’autres projets littéraires en chantier qui portent sur le Canada.