Jean-Pierre Ferland et son amour de musique

En 2007, Jean-Pierre Ferland a tenté de se retirer de la scène et de ne plus chanter après avoir subi un AVC, mais la musique a été plus forte que tout et depuis, le feu sacré brûle plus que jamais.

«La musique…mon amour de musique, est-ce que tu m’aimes encore, la musique…mon trésor», chante Jean-Pierre Ferland dans La musique, une de ses chansons les plus puissantes. C’est que la chanson lui a carrément donné goût à la vie. Celui qui a bien essayé de prendre sa retraite il y a 11 ans n’a pas pu renoncer à son amour.

«Je venais de faire un AVC et puis Claude Léveillée venait de mourir sur scène, alors je me suis dit que peut-être c’était le temps de changer de génération. J’ai essayé de ne plus chanter, de ne pas écrire et évidemment ça n’a pas marché. Pas du tout. C’était plus fort que moi. La musique est bien plus forte que nous, en tout cas que moi, alors j’ai voulu revenir jouer. Je me suis donc excusé publiquement et je suis revenu.»

Celui qui fait ce métier depuis une soixantaine d’années raconte que lorsqu’il était jeune, il a commencé à chanter pour plaire aux femmes et se rendre intéressant. Il ne se trouvait pas beau, il souffrait d’acné et la chanson a été sa façon de se démarquer et d’attirer le regard des autres.

«J’ai fait ce métier-là pour être aimé et pour être intéressant. Je pense que j’ai réussi ce côté-là. Et puis, la chanson m’a rendu heureux. La musique est toujours là qui m’aime beaucoup et je l’aime aussi.»

Avec les années et après des centaines de chansons, dont plusieurs incontournables, le chanteur a acquis de la maturité, de l’assurance et un plaisir fou d’être sur la scène. Il connaît bien son public avec qui il s’amuse. Un spectacle sans humour, trop sérieux, est un spectacle raté, estime l’artiste de 84 ans. Avec le temps, la voix évolue, note-t-il.

«Quand on commence, on essaie de chanter le plus haut et le plus bas possible. Quand on arrive à un certain âge, on chante comme ça vient, naturellement. Avec le temps, on a trouvé nos octaves. La mémoire est toujours là. Je suis très en santé et je n’en reviens pas d’ailleurs.»

Si plus jeune, il avait le trac, aujourd’hui, il ne ressent plus ce stress avant de monter sur scène. La peur l’a quitté.

Le regretté Charles Aznavour a eu une grande influence sur Jean-Pierre Ferland. Sans être des amis proches, ils se sont fréquentés à l’époque où le chanteur québécois demeurait à Paris. Il estime qu’il y avait une admiration presque réciproque entre les deux artistes.

«Lui (Azanavour) il n’avait pas peur. Il mesurait 5 pieds et 4 pouces, puis il parlait comme si c’était un géant. Il n’avait pas peur de qui il aurait pu blesser. Par exemple, avec sa chanson Je me voyais déjà en haut de l’affiche, il chantait tout haut ce que tout le monde pense plus bas.»

Toutes les femmes de ma vie

Jean-Pierre Ferland a lancé un nouveau disque sur lequel il reprend quelques-uns de ses succès réinterprétés en duo avec des femmes. Onze chanteuses, dont Céline Dion, Lara Fabian, Nanette Workman, Isabelle Boulay, Marie-Ève Janvier, Diane Tell, Yama Laurent et Luce Dufault, ont prêté leur voix sur l’album Toutes les femmes de ma vie. Il a demandé à chacune d’entre elles ce qu’elles voulaient interpréter. «J’ai passé ma vie à chanter les femmes, alors ce qui est extraordinaire et sympathique, c’est qu’aujourd’hui, elles me répondent.»

Même s’il fait paraître un album de relectures, l’auteur-compositeur-interprète n’a pas dit son dernier mot. Il continue de composer de nouvelles pièces. Au moment de l’entrevue, il travaillait à l’écriture d’une chanson pour venir en aide aux autistes.

Son dernier spectacle à Moncton remonte à 2011. Cette fois-ci, il présente son spectacle à Moncton dans le cadre de sa tournée Avant de m’assagir.

«Moncton nous semble énormément loin et puis au fond, c’est pas si loin que ça. En tout cas, au niveau réflexion, goût et pensée, on est des voisins. Chaque fois, je trouve que c’est un très bon public», a ajouté le chanteur qui fera un survol de ses classiques tout en offrant du nouveau matériel. Il sera accompagné de deux choristes et cinq musiciens.

Le spectacle est présenté au Théâtre Capitol, le 13 octobre à 20h.