La chaise berçante de Réal Fradette: histoire de legs familial

Et si une chaise berçante devenait un personnage de roman…C’est ce que l’auteur Réal Fradette explore dans son premier récit qui porte sur l’amour filial.

«Dans la vie, on a tous une chaise berçante. C’est un meuble qui est particulier dans une maison avec sa propre histoire. On s’est fait bercer, on a bercé nos enfants. On a tous un souvenir associé à une chaise berçante», avance Réal Fradette.

Publié aux Éditions de la Francophonie, La chaise berçante raconte l’histoire de la famille de Simon Boudreault. Au coeur de cette saga familiale, il y a une chaise berçante fabriquée au début du siècle dernier léguée de génération en génération. Comme l’auteur, Simon Boudreault est originaire du Lac-Saint-Jean et il a quitté sa région natale avec son épouse et leur fille pour aller s’établir en Acadie. Là s’arrête la ressemblance entre le personnage principal et le romancier, précise Réal Fradette.

«Je l’ai utilisée comme toile de fond et trame de base à mon livre parce que je trouvais qu’il y avait des éléments qui pourraient servir à l’intrigue, mais le reste c’est de la fiction. Il y a quelques éléments que j’ai pris de ma famille, mais ce n’est pas vrai que j’ai une relation difficile avec mon père.»

Simon Boudreault entretient une relation conflictuelle avec son père Edgar. La chaise berçante devient au fil des pages le symbole d’une histoire familiale tricotée de mailles fortes et faibles, dont elle portera les stigmates et les victoires tout au long du récit, explique-t-on dans la présentation du livre.

Avec des retours dans le passé dans les années 1950, 1960, 1970 et 1980 sur divers événements et souvenirs, l’histoire qui se déroule sur plusieurs années, défile avec ses intrigues et ses rebondissements. L’auteur aborde les relations familiales, entre frères et sœurs, à une époque où les parents n’avaient pas beaucoup de temps pour exprimer leur amour à leurs enfants. Pour Réal Fradette, la famille occupe une place de choix dans ses valeurs.

«Le fait de demeurer loin de ma famille, on se rend compte de plus en plus avec les années qui passent à quel point ces liens-là sont forts. Je demeure quand même à 1000 km de ma famille. On s’entend que je ne peux pas partir un samedi matin et revenir un dimanche soir.»

Celui qui pratique le journalisme depuis plus de 30 ans a commencé à écrire de la fiction parce qu’il cherchait un cadeau original à offrir à sa compagne de vie.

«J’ai eu un petit moment de libre et je me suis mis devant le clavier et j’ai pondu ça dans un peu plus d’un mois et je lui ai offert à Noël», a raconté l’auteur.

Par la suite, il a laissé mûrir son récit pour ensuite le retravailler et le soumettre à un éditeur au printemps.

Passer du journalisme à la fiction n’a pas été trop difficile, confie celui qui a choisi un style d’écriture simple, direct, sans trop de fioritures.

«Je laisse beaucoup de place à l’imaginaire du lecteur pour qu’il se construise lui-même son univers. Une des choses que je n’aime pas quand je lis un roman, c’est quand on explique trop.»

Dans un souci de crédibilité, il a mené des recherches afin de s’assurer que certains événements historiques ou lieux décrits dans son livre correspondent à la réalité. Il a déjà de nouvelles idées pour un prochain roman. L’intrigue se déroulerait dans le milieu des pêches.

Après avoir présenté La chaise berçante au Salon du livre de la Péninsule acadienne, il lancera officiellement son roman ce samedi à 13h30 au Café Maris Stella à Bas-Caraquet. Il sera aussi au Salon du livre de Dieppe.

NDLR: Réal Fradette est journaliste à l’Acadie Nouvelle à Caraquet depuis 2000.