Le Bunkhouse Boy Léandre Myers s’est éteint à 94 ans

Léandre «Len» Myers, l’un des derniers membres vivants du groupe populaire des années 1950 The Bunkhouse Boys, n’est plus. Il est décédé, mardi, à l’âge de 94 ans.

M. Myers, né à Saint-Antoine en 1924, était l’un des membres fondateurs de The Bunkhouse Boys alors qu’il avait à peine 20 ans.

Dans les années 1950 et 1960, le groupe country avait sa propre émission hebdomadaire sur les ondes de CKCW-TV. Avec ses trois frères et une demi-douzaine d’autres musiciens, ils jouaient de la musique en direct sur l’une des deux chaînes télévisées de l’époque dans le Sud-Est.

«Je me souviens qu’on s’assoyait chaque mercredi soir à 19h pour l’écouter. Dans le temps, il y avait juste deux stations, une française et l’autre anglaise, et c’était sur le poste numéro deux», explique le fils de Len, Mike Myers.

Au sommet de sa carrière musicale, Len Myers a joué à la Place des arts de Montréal, où il a été «le premier Acadien à y recevoir une ovation». Son groupe a gagné des prix lors des ECMA, et il a accueilli la chanteuse néo-écossaise Anne Murray sur son émission télévisée.

Len Myers a même été «invité à venir jouer à Nashville par Hank Williams» et était instrumental dans la venue de Johnny Cash au Colisée de Moncton, en 1958.

«Les Bunkhouse Boys étaient bien connus. Si on est originaire de la région de Moncton et des environs et qu’on est âgé de 60 ans et plus, on les a probablement vus sur la télévision.»

En 1984, The Bunkhouse Boys a été intronisé au Temple de la renommée du country du Nouveau-Brunswick.

Mike Myers affirme que son père a toujours placé sa famille avant sa musique. Il aurait notamment refusé une occasion de se rendre à Nashville pour faire avancer sa carrière musicale afin d’être à la maison avec son épouse, Huberte, et ses six enfants.

«On va le manquer. C’était un bon père. Il aurait pu continuer sa carrière de musique à Nashville, mais il ne voulait pas y aller parce qu’il voulait prendre soin de ses enfants.»

Mike Myers se souvient du sens de l’humour de son père. Même octogénaire, il continuait de faire rire la famille.

«Ma nièce était à la maison et elle lui expliquait comment fonctionne internet. Il avait 85 ans dans le temps. La première question qu’il lui a posée était: “est-ce que c’est ouvert les dimanches?”», raconte M. Myers en riant.

En plus de sa carrière musicale, Len Myers a travaillé fort pour sa communauté. Il était notamment impliqué dans la paroisse Notre-Dame-de-Grâce, dans le quartier de Parkton, à Moncton.

«C’était un homme religieux et un homme de famille. Il connaissait tout le monde et il était vraiment généreux. Les soirs, ses amis et les gens du coin lui emportaient leur télévision et il l’arrangeait. Certains n’avaient pas d’argent pour le payer, et il le faisait quand même.»

En plus de ses six enfants, Len Myers avait neuf petits enfants et onze arrière-petits-enfants. Ses funérailles ont eu lieu jeudi avant-midi, à l’église Notre-Dame-de-Grâce.