Le côté lumineux de Pierre Guitard

Créé un peu dans l’urgence, le premier album de Pierre Guitard, Tuer la bête jusqu’à dimanche, nous transporte à travers une variété d’univers musicaux plutôt lumineux.

Un an après avoir remporté la finale du Festival international de la chanson de Granby en 2017, l’auteur-compositeur-interprète originaire de Madran propose une œuvre soignée qui, sans révolutionner la musique, apporte un vent de fraîcheur dans le paysage musical. Navigant entre la pop, le rock planant et une musique qui déménage avec la voix et les textes bien en avant, son disque suscite déjà l’intérêt de diffuseurs. La radio Énergie au Québec l’a choisi pour être la Future Star iHeart Radio en octobre avec sa chanson Embrasse-moi. Une nouvelle prometteuse pour l’artiste acadien qui présente un album qui s’écoute bien, avec des sonorités variées, assez accessibles, mais sans tomber dans la facilité. Bien que ses textes comportent toujours une part d’ombre, la lumière et l’espoir se pointent à l’horizon. Il s’agit de son deuxième enregistrement en carrière, le premier étant un mini disque La tige et la racine de sept chansons paru en 2016.

«C’est assez sombre, c’est-à-dire que ce n’est pas le genre de disque qu’on écoute si on s’en va à Cuba, mais il y a comme quelque chose de plus joyeux. Il y a encore des problèmes dans les chansons, mais on dirait qu’ils se règlent à la fin.»

Métaphore sur la semaine de travail typique, Tuer la bête jusqu’à dimanche aborde plusieurs thèmes chers à l’auteur, comme les travers du monde, l’amour, le quotidien et la vie moderne. Certaines chansons vous resteront sûrement collées à l’oreille comme Les arrêts d’autobus et Les matins. Pierre Guitard convient qu’il a créé un disque un peu plus accessible que son mini disque. C’était voulu, il avait envie de ce genre de musicalité.

«Pour mon premier album, j’avais commencé par écrire des textes sur lesquels j’ai mis de la musique, tandis que cette fois-ci, j’ai mis des textes sur la musique, ce qui est complètement différent comme processus. Je voulais écrire un album qui va être le fun en show, faire des shows qui bougent, qui rockent, des festivals. Je veux me payer un trip de band. Ce n’est pas mathématique en me disant que je veux passer à la radio.»

Après avoir triomphé à Granby, il a reçu une bourse pour produire un album. Il est passé très vite en mode création pour se lancer dans l’écriture des chansons. Avant même d’avoir complété la composition des pièces, il avait réservé son temps de studio. Il confie que le Festival de Granby lui a donné un nouvel élan. Il a bien aimé cette façon de créer un peu dans l’urgence, donnant ainsi des chansons toutes fraîches sur le disque.

Sur ce disque, il a plusieurs collaborations, dont celle de Laura Sauvage qui a prêté sa voix sur une pièce. Il s’est entouré de Jesse Mac Cormack (Mélanie Boulay, Rosie Valland) qui signe la réalisation du disque et de Guillaume Chartrain à la prise de son et à la coréalisation. On retrouve aussi, entre autres, Marc-André Belliveau (Les Hay Babies) à la batterie. Le disque a été enregistré au Studio Dandurand à Montréal tout près de chez Pierre Guitard où il est établi depuis presque un an.

En tournée

Celui qui a offert des spectacles au moins à cinq reprises en Europe y retournera en mars. Il a notamment assuré la première partie de trois icônes de la scène musicale française, dont le regretté Johnny Hallyday au Printemps de Pérouges en 2017. Un moment qu’il qualifie de surréaliste.

«Ç’a été le moment le plus épique et le moins glamour de ma carrière. C’était ma première vraie tournée en Europe et je faisais la première partie de la plus grosse icône rock de la France et j’avais environ 12 000 de ses fans devant la scène qui m’écoutaient et qui ne comprenaient pas tant que ça ce que je disais et ce que je faisais là. Ils me criaient des phrases toutes faites en pensant que j’étais Québécois. C’était un moment surréaliste, j’avais oublié mes pics de guitare et il y avait plein d’affaires qui n’allaient pas de mon bord», a-t-il raconté.

Une grande tournée au Québec suivra ses deux spectacles de lancement au Nouveau-Brunswick. Il estime que ses nouvelles chansons ont un potentiel pour plaire à divers publics. Il sera en spectacle à la Salle multifonctionnelle de Petit-Rocher le 26 octobre et au Centre culturel Aberdeen le 27 octobre.