Vincent Vallières: un succès intergénérationnel

Le monde tourne fort pour Vincent Vallières. Auréolé d’un succès qui ne s’essouffle pas depuis On va s’aimer encore, qui se retrouve sur le disque évoqué plus haut et sacrée Chanson de l’année au Gala de l’ADISQ en 2011, l’auteur-compositeur-interprète québécois savoure sa chance de rouler sa bosse depuis bientôt 20 ans et de faire désormais partie des chouchous de la musique francophone.

Vincent Vallières dépose ses guitares au Nouveau-Brunswick à compter de ce soir pour quatre représentations dans la cadre de la tournée Coup de cœur francophone. Preuve incontestable de sa popularité: celle de Caraquet, prévue vendredi au Centre culturel, affiche complet.

Quand on regarde son parcours, il semble y avoir eu un «avant» et un «après» On va s’aimer encore. L’artiste magogois l’avoue: le succès de sa chanson a été une grosse surprise, d’autant plus qu’il a hésité jusqu’à la toute dernière seconde à la lancer sur les ondes radiophoniques.

«J’étais très réticent à la sortir à la radio. Même si je l’avais mise dans Le monde tourne fort, je trouvais qu’elle sortait un peu trop du lot sur le plan radiophonique. Mais quand la chanson a commencé à avoir du succès, je me suis rendu compte qu’il y avait quelque chose d’intergénérationnel. Grâce à elle, j’ai pu élargir mon public. Je suis vraiment chanceux d’avoir vécu ça», souligne Vincent Vallières au cours d’un entretien téléphonique avec l’Acadie Nouvelle.

Plutôt que de parler d’un virage à 180 degrés concernant sa carrière et sa popularité, l’auteur-compositeur-interprète parle plutôt d’un bonus qui lui a permis de briller davantage, certes, mais sans perdre son fil conducteur de départ depuis Trente arpents, son premier opus sorti en 1999.

«J’ai toujours bien gagné ma vie depuis que je me suis lancé en musique. J’avais vendu 42 000 copies de mon album précédent Le monde tourne fort (Le repère tranquille, lancé en 2006). J’ai toujours écrit en fonction de mon âge et de ce que je vivais dans ma vingtaine ainsi que dans ma trentaine. Cette génération-là m’a suivi depuis le début, mais On va s’aimer encore m’a permis de la réunir avec d’autres personnes qui n’étaient pas naturellement attirées par mon univers au départ. C’est comme si l’avant et l’après se rencontraient. Aujourd’hui, tout ce beau monde se mélange et ça donne des super beaux moments en spectacle», exprime ce Québécois qui fait également vibrer les ondes radiophoniques acadiennes avec des titres connus comme Un quart de piasse, Le temps passe et, plus récemment, Bad luck, tirée de son dernier effort, Le temps des vivants, qui donne également son titre à sa tournée qu’il honore depuis un an et demie.

«Finalement, la leçon à retenir dans tout ça, c’est faisons ce qu’on aime et vivons le moment présent», résume Vincent Vallières, dont l’horaire n’affiche plus rien après le 17 novembre, selon son site web officiel (vincentvallieres.com).

«J’aimerais bien me donner le courage de prendre du temps pour moi, de prendre du recul. Les dernières années ont été assez intenses et j’ai envie d’écrire des nouvelles tounes simplement, en me retirant un peu de la circulation plutôt qu’entre deux déplacements. Reste à voir si ça arrivera», laisse tomber celui qui n’a pas fini de «fabriquer l’aube» avec sa poésie agile et délicieusement actuelle.

Outre Caraquet, Vincent Vallières visitera Edmundston (Salle Léo-Poulin) ce soir (jeudi), à 20h; Fredericton (Théâtre Bernard-Poirier) samedi, à 19h30; et dimanche à Moncton (Université de Moncton, salle Jeanne-de-Valois), également à 19h30.

L’auteur-compositeur-interprète animera en outre la série de quatre émissions En route vers le 40e Gala de l’ADISQ pendant lesquelles il discutera avec Guy A. Lepage, Ariane Moffatt, Fred Pellerin et Isabelle Boulay. Les épisodes seront diffusés en rafale à compter de 21h30 le lundi 22 octobre à ARTV et du lundi 22 au jeudi 25 octobre à minuit à Radio-Canada.