Se raconter par les arts visuels

Appel à la liberté, au respect, à l’amour, à l’égalité et à plus de justice, l’exposition Des histoires dans des histoires du CAFI qui rassemble une quarantaine d’oeuvres visuelles est présentée à la galerie Parallèle du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick de Dieppe. Les créateurs ont été accompagnés par l’artiste Dominik Robichaud.

Ce projet qui s’inscrit dans le cadre du projet d’art-thérapie mené par Dominik Robichaud au Centre d’accompagnement francophone des immigrants du sud-est du Nouveau-Brunswick (CAFI) fait suite à l’exposition Racines, histoires et mémoires qui témoignaient du parcours de réfugiées syriennes. Celles-ci ont créé des sculptures de livres modifiés qui ont été exposées à la Bibliothèque publique de Moncton au printemps 2018. Pour inventer leurs sculptures, les artistes ont collé, déchiré, brûlé, peinturé, gravé ou encore assemblé les livres. Les organisateurs du Salon du livre de Dieppe ont invité le groupe de femmes à les exposer au CCNB. À ces sculptures s’ajoute une variété de pièces: des collages, des broderies et des calligrammes. Chacun trace son histoire dans ses œuvres réalisées par une trentaine d’artistes pour la plupart immigrants. Dominik Robichaud qui se spécialise dans l’art-thérapie a travaillé avec différents groupes. Des femmes immigrantes de différentes origines ont créé des broderies inspirées d’histoires de famille qui tournent encore autour du thème du livre et des mots. Six jeunes de 14 à 18 ans d’origine africaine ont réalisé des calligrammes, c’est-à-dire des assemblages de mots qui forment de grands dessins. Cette technique dérive de la poésie de Guillaume Apollinaire. Ce sont des bouts d’histoires et d’anecdotes poétiques.

On retrouve aussi 14 collages imaginés par 14 jeunes leaders du projet Dialogue + sur les thèmes de la justice sociale, de la discrimination, des préjugés et de la radicalisation.

« Ce sont des histoires visuelles avec des collages qui parlent de diversité, d’acceptation des différences, de liberté, de justice, d’égalité entre les hommes et les femmes», a expliqué Dominik Robichaud.

Celle-ci a fourni quelques paramètres aux artistes tout en leur laissant de l’espace pour leur créativité et pour revisiter leur propre parcours.

«Chaque personne a pu explorer quelque chose d’important pour lui. Ce sont des histoires qu’elles ont vécues, qu’elles ont entendues, mais qu’elles réécrivent par l’art.»

Selon l’artiste, l’art peut permettre aux personnes qui ont vécu des situations traumatisantes comme les guerres et la violence d’exprimer leurs émotions et de réintégrer ces images à travers la création artistique. Des histoires d’amour, d’espoir, de guerre, de souffrance, de paix sont exprimées dans ces œuvres. Inaugurée au 28e Salon du livre de Dieppe, cette exposition est présentée jusqu’au 14 décembre.