Gabrielle Goulet: de papillon à lionne

À bientôt 26 ans, Gabrielle Goulet commence à avoir un joli bagage musical derrière la crinoline. Après un premier album, Papillon, sorti en 2013 et largement salué par le public ainsi que la critique, celle qui fut sacrée Meilleure interprète féminine au Gala des Trilles d’or deux ans plus tard prend désormais sa place parmi les artistes franco-canadiens de choix et déploie ses ailes un peu partout à travers le pays.

Depuis que nous l’avons attrapée au vol il y a cinq ans alors qu’elle effectuait chez nous une tournée médiatique, il s’est passé beaucoup de choses dans la vie de Gabrielle Goulet. Évidemment, elle a ajouté quelques chandelles à son gâteau. Lorsque nous abordons le sujet de sa maturité, elle frémit un tout petit peu au bout du fil.

«Après avoir lancé Papillon, j’avais un peu peur de vieillir. Ma musique plaisait beaucoup aux ados et moi-même je me plaisais bien avec ce genre de public. Mais c’est sûr je me suis adaptée au temps qui passe. Papillon m’apparaît loin maintenant. Mais il m’a permis de grandir et d’être de plus en plus à l’aise comme artiste», souligne-t-elle à l’Acadie Nouvelle.

En chemin, en plus des spectacles qui garnissent son agenda depuis, d’autres récompenses se sont ajoutées à son palmarès (Étoile Galaxie du Festival western de Saint-Tite, Coup de cœur Salut! de Contact Ontarois, Chanson de l’année SOCAN au Gala Country 2016…) et son deuxième album, Elle sait, a vu le jour en mars 2017 et remporte depuis un vif succès.

Au-delà de tout ça, la jeune artiste franco-ontarienne a maturé et ça se sent dans ses plus récentes chansons. La petite adolescente un peu fleur bleue de Papillon a laissé place à une femme assumée dans Elle sait. Sur le plan sonore, son folk-pop mêlé de country s’est alourdi dans le bon sens du terme, osant des guitares et des percussions plus mordantes.

«Ça s’est fait tout naturellement, cette transition musicale là. Ma voix a changé avec le temps, ce qui me permet aussi d’aborder d’autres styles sans trahir mes racines», affirme Gabrielle Goulet.

Déceptions et succès amoureux, trahison et vengeance, la plume de Gabrielle Goulet s’est également aiguisée et enrichie d’humour et de phrasés parfois coriaces.

«J’aime beaucoup les chansons ou autres choses qui me mettent la vérité dans la face. Je me suis rendu compte en vieillissant que ça aussi, ça me venait naturellement en composant. C’est pour ça que mes textes dans Elle sait vont plus droit au but, je pense, comparativement à Papillon. Et John Nathaniel (Marc Dupré, Kevin Parent) a vraiment emmené mes chansons ailleurs en assumant la réalisation du disque. C’est pour ça qu’on y entend plus de rock. Je suis très heureuse du résultat», assure Gabrielle Goulet.

En tournée au N.-B.

La table est donc mise pour la tournée Coup de cœur francophone que Gabrielle Goulet entamera dès jeudi au Nouveau-Brunswick. Premier arrêt à Edmundston (Centre des arts; 20h), suivi de Lamèque (Salle Mathieu-Duguay; 20h) le lendemain, Petit-Rocher (Salle multifonctionnelle; 20h) samedi, Caraquet (Grains de folie; 19h30) dimanche, Balmoral (Salle Justin; 18h) le 30 octobre, Tracadie (Salle Sr-Berthe-Fauteux; 20h) le 1er novembre, Miramichi (Théâtre Gilles-LaPlante; 18h) le 2 novembre, Néguac (Théâtre Richard-Denys; 19h) le 3 novembre, ainsi que Kedgwick (Théâtre Fatima; 19h30) le 4 novembre.

Oubliez le papillon; c’est plutôt une lionne que vous verrez sur scène!

«Quand je suis en show, je donne tout ce que j’ai! Mes chansons d’Elle sait me permettent davantage de bouger et de faire taper les gens du pied. C’est certain que le gros de mon spectacle ça va être ça (du matériel de mon plus récent disque), mais je vais aussi faire deux ou trois chansons de Papillon pour ceux et celles qui m’ont connue à ce moment-là, en plus de quelques chansons surprises…», déclare Gabrielle Goulet, un brin énigmatique.