Thérèse Albert fait son entrée au Temple de la renommée de la musique country

Même à 92 ans, le violon demeure une passion pour Thérèse Albert. Il y a quelques semaines, son talent lui a permis d’avoir son nom inscrit au Temple de la renommée de la musique country du Nouveau-Brunswick.

La cérémonie s’est déroulée récemment à Bathurst et Mme Albert a fait bonne figure. Elle a même reçu une ovation après avoir joué deux pièces traditionnelles au violon. Sa présence à Bathurst était déjà exceptionnelle en soi, car elle recevait depuis quelques mois des traitements contre un cancer à Moncton.

«Pour moi, le violon c’est toute ma vie. J’ai vraiment la passion de jouer et de donner de la joie aux autres avec ma musique», explique-t-elle.

Il y a quelques années, la famille à Mme Albert avait entrepris des démarches pour qu’elle soit intronisée au Temple de la renommée, mais trois ans se sont écoulés avant qu’elle ait eu des nouvelles favorables.

«Ç’a été une grande surprise! Je ne m’attendais jamais que je me rende là. Je ne peux pas vous dire la joie que ça m’a donnée. Je suis tellement contente.»

Issue d’une famille de musiciens, Thérèse Albert a commencé à jouer du violon à 9 ans. Elle profitait de l’absence de son père pour apprendre à jouer des pièces à l’oreille.

«Quand mon père partait, je prenais son violon parce qu’il ne voulait pas que je le touche. C’était son gagne-pain les fins de semaine. J’allais pratiquer dans ma chambre. Il me disait toujours que lorsque quelqu’un apprend la Toune du lièvre, il peut jouer n’importe quel reel. Je peux vous dire que j’ai joué la Toune du lièvre jusqu’à ce que je l’ai bien appris.»

Impressionné par sa persévérance, son père lui a permis de toucher au violon à partir de ce moment. Ils jouaient de la musique ensemble régulièrement. La vie a cependant suit son cours et à l’âge adulte, une trentaine d’années se sont écoulées avant qu’elle reprenne en main son instrument de prédilection.

C’est un dénommé Adelbert Dugas qui l’a encouragé à s’inscrire à un concours à Lamèque. Bien qu’elle n’avait pas de violon à la maison, elle a réussi à en emprunter un de son frère. Après seulement quelques semaines de pratique, elle a remporté le concours.

«C’était tous des hommes. J’étais la seule femme!»

D’ailleurs, elle n’a jamais appris à formellement lire de la musique, dit-elle. Son vaste répertoire de musique traditionnelle est inscrit à tout jamais dans sa tête. Certaines des pièces ont été enregistrées sur trois albums autoproduits.

«Les tounes à mon père sont dans ma tête. C’est pareil comme un ordinateur. Ce sont tous des morceaux traditionnels.»

Donald Joseph Bertin, un guitariste acadien de Bathurst, a aussi été intronisé à titre posthume au Temple de la renommée de la musique country du Nouveau-Brunswick. Il est décédé en 2016 à l’âge de 69 ans.

Sam Aucoin, de Saint-Jean, Jeannie Clark, de Chipman et Alyssa Collins, de Stonehaven ont également été intronisés.