Le 32e FICFA sous le signe de la nouveauté

Avec un plus grand nombre d’activités, un lieu de projection supplémentaire et une nouvelle image, le Festival international du cinéma francophone en Acadie qui se déroulera du 15 au 23 novembre propose une sélection de 91 films de l’ensemble de la francophonie, dont 75 œuvres en compétition officielle.

L’Acadie sera à l’honneur avec quatre longs métrages documentaires et cinq courts métrages, en plus de deux films présentés hors compétition et de nombreuses œuvres réalisées dans le cadre des activités parallèles, tel que l’événement Objectifs obliques. La nouvelle responsable de la programmation, Dominique Léger, salue la production acadienne.

«Je pense que c’est une très bonne année et il y a un bel équilibre entre les longs métrages de réalisateurs qui ont une base, qu’on connaît bien, mais aussi des courts métrages de réalisateurs émergents. On sent vraiment que l’industrie du cinéma en Acadie est entre bonnes mains», a-t-elle déclaré lors du dévoilement de la programmation du 32e FICFA à Dieppe.

Les festivaliers pourront voir, entre autres, des films de Daniel Léger, Francine Hébert, David Losier, Albénie Delacôte, Phil Comeau, Mathieu Laprise, Lucie Desjardins et le tout dernier documentaire de Paul Bossé, Dans l’ombre, qui jette un regard sur les sept premières années de l’Ordre de Jacques-Cartier en Acadie, de 1933 à 1939. Selon Dominique Léger, plusieurs films rendent hommage aux artistes, aux artisans et aux communautés de l’Acadie.

Une trentaine de longs métrages de fiction et documentaires figurent à la programmation, dont plusieurs du Québec. Genèse de Philippe Lesage, La disparition des lucioles de Sébastien Pilote, Des histoires inventées de Jean-Marc E. Roy, Les salopes ou le sucre naturel de la peau de Renée Beaulieu et Une colonie de Geneviève Dulude-de-Celles seront à l’affiche du FICFA. Les films de la province voisine célèbrent la jeunesse, fait remarquer la responsable de la programmation.

«On sent vraiment une jeunesse qui essaie de se découvrir et ce n’est pas toujours facile pour eux.»

Du côté international, les œuvres reflètent un monde en migration non seulement avec la crise syrienne qu’on voit dans quelques films, mais en explorant aussi diverses réalités de gens qui quittent leur village dans l’espoir de trouver un monde meilleur. La programmatrice a eu un coup de cœur pour le film belge Seule à mon mariage, de Marta Bergman, qu’elle a vu au Festival de Cannes.

«Dans Seule à mon mariage, c’est une jeune Rom qui quitte la Roumanie pour aller en Belgique. Elle est drôle, spontanée. C’est un bon reflet de l’espoir des gens.»

Le FICFA propose plusieurs œuvres primées à Cannes, dont le drame polonais Cold War de Pawel Pawlikowski qui a récolté le prix de la mise en scène. Ce film sur l’histoire d’amour impossible entre un musicien et une chanteuse qui essaient d’échapper à la guerre afin de poursuivre leur passion a été choisi pour représenter la Pologne aux prochains Oscars.

Des projections au théâtre l’Escaouette

En plus du Cinéplex à Dieppe, du Centre culturel Aberdeen, du Théâtre Capitol et de la Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen à Moncton, s’ajoute cette année le théâtre l’Escaouette qui accueillera une vingtaine de séances de projection. Le directeur du FICFA, Marc Gauthier, explique qu’ils ont voulu ainsi mieux répartir la programmation régulière entre Moncton et Dieppe, et créer une synergie au centre-ville de Moncton, tout en devenant un festival plus piétonnier. Pour ce faire, les responsables du festival ont entrepris des démarches auprès du gouvernement provincial et de la Ville de Moncton pour obtenir du financement afin d’acquérir de l’équipement de projection haut de gamme.

«C’est le type d’unité de projection qui est utilisé dans certaines salles du Cinéplex à Dieppe. On parle d’une contribution totale actuelle d’environ 60 000$», a indiqué M. Gauthier.

Comme le matériel est mobile, il est pourra être utilisé dans d’autres endroits pendant le reste de l’année.

Pour son 32e rendez-vous, le FICFA offre davantage d’activités de formation dans les divers domaines du cinéma, de rencontres, de conférences et de projections spéciales. Le volet des arts médiatiques comporte également toute une programmation d’expositions et de projections. Enfin, trois jurys différents seront appelés à choisir les œuvres gagnantes des prix La Vague. Parmi les membres des jurys, on retrouve, entre autres, Marie-Jo Thério, Sofi Langis et Francine Hébert. Le prix de la meilleure œuvre acadienne court métrage (ACIC/ONF) sera assorti d’une bourse de 5000$.