Le TPA se dotera d’une politique anti-harcèlement

Que l’on parle de politique «pour un milieu sain» ou anti-harcèlement stricto sensu, l’intention est claire: le Théâtre populaire d’Acadie (TPA) veut s’assurer de tout mettre en œuvre afin d’éliminer tout risque de comportement inapproprié en ses murs, comme en fait foi le nouveau directeur artistique de la compagnie, Allain Roy.

Le conseil d’administration du TPA doit se réunir en fin de semaine afin d’adopter sa politique anti-harcèlement en bonne et due forme. Rédigée en collaboration avec des artisans du milieu et l’Association des théâtres francophones du Canada, Allain Roy compte d’ailleurs y jeter un œil prestement lui aussi.

«Tous les employés du TPA devront obligatoirement souscrire à cette politique. C’est sûr qu’au cours de la dernière année, tous les milieux professionnels ont fait face à dénonciations de harcèlement. Nous avons reçu le message et avons pris des mesures en conséquence. C’est parfois dans l’adversité que nous nous révélons à nous-mêmes. Je pense que toute l’équipe du TPA s’est très bien relevée de cette épreuve et le fait que le conseil d’administration actuel soit demeuré en place et ait agi rapidement, ça démontre la force et la sagesse de notre compagnie», souligne M. Roy au cours d’un entretien téléphonique.

Place au théâtre

Maintenant que cela est dit et sur le point d’être entériné, place au théâtre, comme le veut l’expression consacrée. Et Allain Roy, qui vient tout juste d’être confirmé dans sa nouvelle fonction ainsi que celle de codirecteur général de la compagnie, ne cache pas son excitation de relever ces nouveaux défis.

«Ça marque un peu un retour en théâtre en Acadie pour moi. Je vais avoir la chance d’offrir tout ce que j’ai appris dans le domaine en quelque 30 ans. J’ai vécu longtemps au Québec et je suis revenu dans la Péninsule acadienne en 2009. Mais j’ai commencé en théâtre au TPA à l’âge de 15 ans. Et c’est vraiment le Théâtre populaire d’Acadie qui m’a insufflé ma passion en la matière», atteste Allain Roy, qui fut entre autres assistant à la mise en scène et régisseur auprès de nombreuses compagnies de théâtre et créateurs québécois (Théâtre Jean-Duceppe, Théâtre du Nouveau Monde, Théâtre du Rideau-Vert, Espace GO, Théâtre de la Manufacture, Théâtre de Quat’sous, Centre national des arts du Canada), et qui a collaboré avec plusieurs metteurs en scène de renom, dont Robert Lepage, Martine Beaulne et René-Richard Cyr en plus d’avoir enseigné les métiers de la scène à l’École nationale de théâtre pendant une dizaine d’années.

«Théâtre», «populaire» et «Acadie»

Lorsque nous lui demandons quelle est sa vision pour le TPA dans les prochaines années, Allain Roy résume celle-ci dans le nom même de la compagnie: «Il y a d’abord le théâtre, qui permet de créer un rapport humain entre la scène et le public qui est sacré pour moi; il y a ensuite populaire, puisqu’il faut être à l’écoute de nos spectateurs et de leurs goûts, mais sans devenir populiste, dans le sens que nous devons faire confiance à leur intelligence; et puis il y a Acadie, parce que c’est l’essence même de la compagnie, mais aussi parce que nous devons parler de nous dans ce que nous avons à la fois d’unique et d’universel».

En somme, Allain Roy entend miser sur la création locale acadienne comme ce fut le cas au cours des quatre décennies d’existence du TPA. Il souhaite aussi faire connaître au public quelques grands classiques en trouvant «une façon de les rendre accessibles au public», souhaite-t-il.

«Évidemment, je veux aussi continuer d’accueillir des troupes de l’extérieur, parce que je crois qu’à travers les autres, on se reconnaît aussi», signale le nouveau directeur artistique de la compagnie basée à Caraquet.

Allain Roy entrera officiellement en fonction le 5 novembre.