Horizon Vertical: quand les échasses prennent une toute autre dimension

Ils s’appuient les uns sur les autres, se portent, s’élèvent, retombent, s’entraident et se relèvent; les six acrobates-danseurs du spectacle Horizon Vertical de Circus Stella proposent de voir les échasses sous un nouvel angle, entre l’équilibre et le déséquilibre.

Acclamé par le public nombreux au Théâtre Capitol, jeudi soir, cette nouvelle création de Circus Stella, signée par le chorégraphe Sylvain Lafortune, porte en elle divers points de vue qui suscitent une certaine réflexion sur le monde moderne.

La recherche d’équilibre est au coeur de cette œuvre empreinte de poésie. Certains se reconnaîtront peut-être dans cette série de tableaux qui témoigne de l’importance de l’autre tout en mettant en lumière la vulnérabilité et la force qui se dégagent des échasses.

Le spectacle s’ouvre sur un échassier seul qui tente de se relever et d’obtenir de l’aide des passants qui l’ignorent. Les spectateurs ont apprécié, entre autres, l’originalité du message et du spectacle.

«Au début, on pouvait voir qu’il s’agissait d’un itinérant et des gens qui sont dans leur train-train quotidien qui le remarquent, mais qui continuent leur chemin. On peut se voir là-dedans d’une façon ou d’une autre», ont fait remarquer des spectateurs Serge Lanteigne et Claire Plourde.

Ceux qui s’attendaient à un spectacle de cirque traditionnel axé sur les prouesses techniques et les acrobaties hallucinantes auront été étonnés puisque Circus Stella intègre la danse contemporaine aux échasses au lieu de concentrer son travail sur le côté spectaculaire du cirque.

Il reste que les performances des échassiers exigent énormément de force physique, de synchronisme, de souplesse et de concentration, tout cela rendu avec émotions, quelques pointes d’humour et des moments touchants.

Tout au long du spectacle, les spectateurs ont réagi à différents moments. On a entendu aussi des enfants rirent dans la salle.

Certaines performances ont été renversantes, comme la beauté de certains tableaux, les prouesses sur les échasses pneumatiques, sur roulettes ou encore sur de plus grandes échasses, dans une mise en scène bien ficelée.

L’environnement sonore de Geneviève D’Ortun qui rappelle le côté métallique des échasses donne toute une couleur au spectacle.

«J’ai beaucoup apprécié le spectacle. J’ai trouvé que c’était original et j’ai aimé comment il ont intégré différentes sortes d’échasses, à roulettes, qui sautent et de différentes hauteurs, les tableaux avec l’équilibre et le déséquilibre et l’intégration de la danse contemporaine. Ce sont les échasses sous un autre angle, moins cirque traditionnel comme on connaît et il y avait quand même un peu d’humour, mais c’était différent. Il y avait de beaux tableaux et des moments de complicité entre les danseurs-acrobates», a commenté une autre spectatrice Martine Cadieux.

Il faut aussi mentionner l’ingéniosité de l’éclairage conçu par Yves Landry et Andrew Williams.
La scène est entourée de tubes lumineux verticaux qui donne encore plus cet effet de hauteur au spectacle.

Dans un éclairage feutré, avec des costumes tout en nuances, les échasses sont bien en vue et non un simple artifice théâtral. Elles sont au coeur même de la pièce. Elle représente à la fois une contrainte et un moyen d’amplifier les mouvements. Les artistes évoluent autant sur le sol que debout sur leurs échasses.

Après la première, la directrice artistique de Circus Stella, Julie Duguay, espère faire tourner ce spectacle. Elle a bon espoir d’entreprendre une tournée même à l’international, en rappelant que c’est du jamais vu. Sur scène, on retrouve Bruno Gagnon, Gabrielle Garant, Guillaume Doin, Simon Durocher-Gosselin (aussi concepteur des costumes), Yves Landry et Julie Duguay.