Les Fils du Facteur: un duo suisse pas banal du tout

Porté par son troisième album Fidèles aux postes, le duo suisse Les Fils du Facteur, de passage pour la première fois en Acadie, se présente sans prétention, avec beaucoup de spontanéité et une bonne dose d’humour en offrant des chansons bien ficelées.

Si les artistes acadiens traversent régulièrement l’Atlantique pour se produire en Europe, notamment en Suisse, très peu de musiciens font le chemin inverse, à l’exception du sempiternel groupe Alain Morisod et Sweet People. Ulrich Schuwey de l’agence Pas mal bien! en Suisse souhaite une plus grande réciprocité. Le producteur du festival Chansons en Stok! estime que les Acadiens font presque trop bien les choses. Il confie qu’il a beaucoup à apprendre de l’Acadie et il entend imiter leurs méthodes pour essayer d’exporter davantage d’artistes suisses au Canada.

«Intéressez-vous à ce que l’on fait, ça nous aidera et ça vous aidera à avoir du renouveau dans votre programmation», a exprimé Ulrich Schuwey en s’adressant aux diffuseurs de l’Atlantique.

Cette année, la FrancoFête accueille le duo Les Fils du Facteur de la région de Lausanne en Suisse. Pour cette formation qui tourne déjà beaucoup dans son pays, cette première tournée canadienne qui comprend quatre arrêts au Nouveau-Brunswick est l’occasion rêvée de tisser des liens avec des professionnels de l’industrie de la musique et le public acadien. Fils du facteur est l’équivalent de l’expression fils du laitier au Canada. En choisissant ce nom, ils ont voulu ainsi faire une petite blague témoignant aussi de l’humour et de l’ironie qui traversent leurs chansons. C’est de la chanson française sur une musique acoustique relevée.

«On essaie de rigoler avec plein de sujets différents. Dès qu’on trouve des sujets marrants, un peu épineux ou politiques, on essaie de les mettre en musique. Musicalement, on s’entend avec les autres musiciens. Il y a de l’accordéon, de la guitare, de la batterie et du clavier. On fait la musique qu’on aime sans trop se poser de questions», a déclaré le chanteur et guitariste Sacha Maffli qui signe tous les textes des chansons.

Émilien Colin (accordéon et voix) et Sacha Maffli se sont rencontrés à l’école des arts de Vevey en Suisse alors qu’ils collaboraient sur des projets d’arts visuels. La rue a été leur première scène musicale. À force de jouer au milieu des gens, les demandes pour offrir des spectacles à des occasions spéciales ont commencé à affluer. Petit à petit, ils se sont mis à proposer du matériel original de leur propre cru et ainsi Les Fils du Facteur sont nés en 2012. Dans leurs chansons, ils essaient toujours d’attaquer les sujets sous un nouvel angle, parfois même surprenant. En spectacle, le duo pince-sans-rire aime échanger avec le public, jouer sur les mots, intégrer de nouvelles blagues et créer une ambiance un peu théâtrale.

«Je trouve ça important pour le public de savoir qui sont les musiciens, ce qu’ils sont capables de faire. Nous sommes avec eux, un peu comme si on était à la fin d’un concert et qu’on a un dialogue entre nous», a partagé Émilien Colin.

Leur objectif avec cette tournée est de présenter leur projet qui est assez nouveau pour le public d’ici, en vue peut-être de revenir un jour de ce côté-ci de l’Atlantique.

«C’est un projet qui tourne déjà beaucoup en Suisse, mais la Suisse est un petit pays dont on a fait vite le tour. La population francophone est minoritaire et à l’image des groupes francophones d’ici qui ont envie de s’exporter pour voir autre chose, nous aussi on veut aller au-delà des frontières suisses», a mentionné leur agent Fabien Boissieux.

Après Montréal, Québec et Moncton, le duo sera en spectacle au Grain de folie à Caraquet, le 8 novembre, au Bootlegger de Bathurst, le 9 novembre et au Bistro pub Le Nid du Héron à Charlo, le 10 novembre.