Ariane Moffatt: une aquanaute libre et femme, plus que jamais

Bienheureux serez-vous si vous allez voir Ariane Moffatt le 29 novembre à Moncton! L’auteure-compositrice-interprète arrivera sur scène avec, entre autres, les matériaux de son superbe nouvel album Petites mains précieuses et sera accompagnée, en prime, des Hay Babies ainsi que de Thomé Young en première partie.

Lancé le moi dernier, Petites mains précieuses apparaît à la fois comme une suite logique de l’ensemble des cinq disques précédents d’Ariane Moffatt, liés par un son électro-pop enveloppant, mais aussi comme une sorte de transit ayant pour objets sa maternité et sa relation amoureuse de longue date qui se cristallisera par un mariage l’an prochain.

«C’est vrai que c’est plus feutré comme univers. C’est un disque post-accouchement, moins “single fabric”. Je me suis peut-être laissée plus aller au niveau du contenu qui est influencé par ma vie de mère de famille et d’amoureuse épanouie», souligne la mère de trois enfants et en couple depuis 13 ans avec sa conjointe psychologue.

Sensuel, à la fois ambiant et dansant, l’auteure-compositrice-interprète meuble son univers sonore de textes amples dans lesquels elle se veut plus féminine que jamais. L’artiste, toujours ploguée sur le 220, dit être plus équilibrée depuis les débuts de son aventure familiale amorcée en 2013 avec ses jumeaux auxquels sa conjointe a donné naissance, pour ensuite donner la vie à son tour en juillet 2017.

«C’est certain que ma vie de famille a changé ma perception sur la vie en général. Même avec 22h22 (son cinquième opus sorti en 2015), j’avais déjà commencé à aborder un regard plus pointu sur ce qui m’entoure en raison de la venue au monde de mes jumeaux. En devenant mère à mon tour, cette perception-là s’est accentuée dans une sorte d’épanouissement encore plus grand. C’est clair que ça s’entend dans mon nouvel album», souligne Ariane Moffatt.

Libérée, aussi, depuis qu’elle a fait son coming-out et qu’elle a tout déballé dans les médias à propos de son homosexualité au cours des dernières années. Ariane Moffatt ne s’oblige plus à utiliser de figures de style pour parler de sa vie personnelle. Au niveau créatif, ça signifie davantage de spontanéité et d’un laisser-aller très perceptible dans Petites mains précieuses.

«Je n’ai plus besoin de codes pour parler de mon amoureuse, par exemple. On s’autorise plus à exprimer ce que l’on réprime, peut-être. Le défi de l’ambition a changé aussi. J’aspire aujourd’hui à plus d’équilibre entre ma vie d’artiste et ma vie personnelle», souligne-t-elle.

Équilibre qu’elle tentera aussi de trouver dans sa nouvelle tournée qui débute vendredi au Québec et dont le passage à Moncton fait partie de ses premiers arrêts.

«Mon agente de booking est elle-même mère et comme c’est ma sœur qui est ma gérante, c’est plus facile pour moi d’organiser une tournée qui sera peut-être plus longue, mais qui me donnera davantage de temps avec ma famille. J’ai vraiment fait ce choix-là étant donné que ma vie familiale s’enracine et qu’elle est plus que jamais essentielle pour moi. Il faut dire que ma conjointe travaille elle aussi à temps plein, donc nous nous donnons une chance de mieux s’occuper de nos enfants, notamment en allant passer une fin de semaine sur deux au chalet. J’appelle ça la garde partagée avec ma tournée!», lâche la sympathique chanteuse dans un éclat de rire.

L’agenda n’en sera pas moins garni, car Petites mains précieuses reçoit un accueil chaleureux du public depuis sa sortie.

«Je suis vraiment heureuse, car les gens le reçoivent avec la même candeur que la façon dont je l’ai créé. Et je sais que mon horaire commence déjà à être rempli. Je n’ose pas trop le regarder parce que ça me donne un peu le vertige, mais en même temps, je suis fière de partager mon nouveau matériel avec mes fans», soutient l’aquanaute musicale qui s’amuse comme un poisson dans l’eau sur scène depuis 16 ans.

Le spectacle de Moncton du 29 novembre d’Ariane Moffatt aura lieu à 20h, au Théâtre Capitol.