Un groupe rock qui n’aura duré que cinq jours…pour un film

En cinq jours, ils ont fondé un groupe de musique, enregistré un disque, offert un spectacle et réalisé un documentaire. Voilà la mission que se sont donnée trois jeunes créateurs de Moncton dans le cadre du projet Objectifs Obliques du FICFA.

Samuel Belliveau, Normand Pothier et Samuel Gagnon participent pour la première fois à l’événement Objectifs Obliques, devenu au fil des années une activité incontournable du Volet des arts médiatiques du FICFA. Des artistes de diverses disciplines s’associent et pigent au hasard une carte d’un jeu (Stratégies obliques, plus de cent dilemmes qui valent la peine) conçu par Brian Eno et Peter Schmidt. Le trio s’est retrouvé avec la carte Move Towards the Unimportant (Va vers l’insignifiant). Les trois créateurs âgés dans la vingtaine qui ont développé le concept du film ont choisi d’interpréter très librement ce dilemme qui est devenu le nom de leur groupe de musique éphémère. Normand Pothier, qui est batteur pour la formation Cy et P’tit Belliveau, et Samuel Gagnon, qui termine une maîtrise en éducation, ont fondé la formation punk rock Towards the unimportant, avec deux artistes invités, dont Annie Desjardins comme chanteuse. Samuel Belliveau, détenteur d’une maîtrise en sciences (math et physique), a filmé l’ensemble du processus et réalisé le montage.

Ils ont composé cinq chansons qu’ils ont enregistrées pour figurer sur l’album. De plus, ils ont créé un logo du groupe, une affiche, ouvert un compte Instagram, tourné un vidéoclip et fabriqué des t-shirts qu’ils ont vendus et donnés pour enfin offrir un spectacle devant environ 75 personnes. Tout cela en seulement cinq jours. La contrainte de temps et l’ensemble des objectifs à atteindre constituent la base de leur démarche créatrice.

«Nous écoutons tous de la musique qui n’est pas vraiment de la musique populaire et ce sont des groupes qui font tout eux-mêmes. Nous voulions montrer qu’on peut faire les choses soi-même. C’est le fun, mais c’est aussi beaucoup de travail. Je crois que ce sera une expérience unique pour les gens», a déclaré Samuel Gagnon.

Tout le processus s’est fait un peu de façon artisanale dans le sous-sol chez Samuel Belliveau, que ce soit pour l’enregistrement ou même la fabrication des t-shirts. Ils ont recréé une boîte pour la captation des voix avec un rideau de douche et une serviette. À mesure qu’ils composaient les chansons, ils les enregistraient. Ce sont à la fois des pièces en français et en anglais.

«Il fallait apprendre vite. On veut aussi démontrer que ça ne prend pas un producteur et 45 000$ pour faire un album. Si t’es jeune, tu peux louer l’équipement et le faire toi-même», a partagé Normand Pothier.

Samuel Belliveau a filmé l’ensemble de l’expérience; de la fondation du groupe à l’écriture des chansons, l’enregistrement, le spectacle et les débats entre les deux musiciens qui n’étaient pas toujours d’accord. Il faut dire que tout a commencé au moment du tournage. Ils ne pouvaient rien planifier l’avance. Selon le réalisateur, le ton du film est assez humoristique.

«C’était du 14 à 16 heures par jour et beaucoup de café», a commenté Normand Pothier qui a déjà participé à l’événement Acadie Underground du FICFA.

Ce sont tous des passionnés de musique locale. Si le groupe n’existe plus après cinq jours d’activités, il demeure dans le cœur de ses créateurs, précise le batteur. Le film d’une durée de dix minutes est présenté dans le cadre du 8e Objectifs Obliques à la salle Bernard-LeBlanc, mardi à compter de 19h30. Six autres courts métrages seront également présentés. Gilles Doiron, Éric Arsenault, Julie Frigault, Dominique Léger, Angie Richard, Tracey Richard, Jennifer Bélanger, Vanessa Moeller, Sylvain Ward, Emmanuelle Landry, Lucie Aounetse et Marie Lamarche sont les autres cinéastes ayant réalisé des œuvres dans le cadre de cet événement.