Noah, 18 ans: briser les tabous autour des transgenres

Un jeune transgenre se raconte dans le nouveau court métrage documentaire de Francine Hébert, Noah, 18 ans. Cette œuvre sensible et intimiste vise à abattre les préjugés autour de l’identité de genre.

La cinéaste acadienne rappelle que les jeunes comme Noah ne choisissent pas d’être transgenres. Ils naissent ainsi.

«S’ils choisissent de faire la transition, c’est vraiment une question de vie ou de mort», soulève-t-elle.

Dans ce court documentaire, on suit un jeune homme courageux, Noah, qui ne se laisse pas abattre. Il livre ses réflexions face à la vie et à son avenir. Comme le souligne sa mère Véronique Guay qui a appuyé son fils dans sa transition, la montagne a été difficile à monter. Mais aujourd’hui, l’avenir s’annonce moins houleux. «C’est mon enfant avant tout. C’est un amour inconditionnel», confie-t-elle à la caméra.

Son fils Noah Guay, qui était une fille à la naissance, a entamé son processus de transition à l’adolescence. Il a traversé plusieurs étapes: changement de nom, prise d’hormones et ablation des seins. Le jeune homme confie à la caméra que les professionnels de la santé mentale n’ont pas toujours été d’accord avec ses choix, surtout parce qu’ils ne comprenaient pas ce qu’il vivait. Il a eu de la difficulté à obtenir les lettres d’appui pour faire la transition de genre.

«Une transition, ça fait du bien à l’âme quand tu ne te sens pas bien et que tu cherches à t’exprimer et que les autres ne comprennent pas», mentionne Noah Guay dans le film.

Colorée et tapissée d’œuvres, sa chambre qu’il considère comme un havre de paix a été aménagée à son image. Noah est un artiste qui se libère par le maquillage et le dessin.

Francine Hébert s’est intéressée aux transgenres parce qu’elle est elle-même mère de trois jeunes enfants. En voyant le film, elle espère que les gens apprécieront Noah et pourront dire qu’il est comme tous les garçons de son âge.

«Je veux que les barrières soient brisées pour qu’on puisse vivre tous les citoyens ensemble et qu’on utilise chacun nos talents pour embellir le monde.»

Elle a dû mener de nombreuses recherches pour trouver Noah. C’est en contactant une association qui aide la jeunesse LGBTQ2 qu’elle est entrée en contact avec lui.

«Quand j’ai parlé à Noah, ç’a été un gros coup de coeur à cause de sa perspicacité, son éloquence, son authenticité et où il était rendu.»

Le film a été tourné à Québec dans le cadre du projet Tourne à Québec produit par SPIRA et le FICFA. Francine Hébert souhaite que ce premier court métrage donne l’élan à un projet plus vaste qui se déroulerait au Nouveau-Brunswick.

«Pour moi, je voyais ça comme un projet pilote et j’espérais que ça pourrait donner éventuellement suite à un plus grand projet. J’espère qu’on va pouvoir développer quelque chose ici en Acadie parce qu’il y a beaucoup d’histoires de transgenre. Il y a des associations parentales et il y a beaucoup d’effort pour essayer de démystifier et sensibiliser la population», a-t-elle ajouté.

Le film Noah est présenté lors de la soirée de clôture du FICFA, ce vendredi à 20h au Théâtre Capitol à Moncton. Il s’agit du deuxième court métrage de la cinéaste qui a réalisé Cafétéria en 2015. Ce film avait remporté la Vague du meilleur court métrage acadien. Cette année, son film est présenté hors compétition puisqu’il s’agit d’une production du FICFA. Francine Hébert est aussi membre du jury court métrage.