Genèse: l’amour au temps de la jeunesse

Grand film d’amours tourmentés, le drame Genèse de Philippe Lesage traverse trois histoires qui mettent en lumière la jeunesse à la fois libre, insolente, mais aussi sincère et entière. Cette œuvre captivante récompensée sept fois dans des festivals à travers le monde est à l’affiche du FICFA.

Depuis sa première au Festival international du film de Locarno en Suisse, les prix s’accumulent pour le 7e film de Philippe Lesage. Sacré meilleur film au Festival de Los Cabos au Mexique et au Festival du nouveau cinéma, Genèse ne passe pas inaperçu. Le comédien Théodore Pellerin, qui crève l’écran dans le rôle de Guillaume, a également récolté des récompenses.

«Ça fait toujours plaisir. Les prix sont absurdes jusqu’à temps qu’on les gagne. Quand on ne les gagne pas, on se dit que ça ne veut rien dire. Mais quand on les gagne, on se dit que c’est une reconnaissance – surtout quand on regarde qui nous donne les prix», a exprimé Philippe Lesage.

Le réalisateur, qui arrive d’une tournée d’une quinzaine de pays, s’arrête au Festival international du cinéma francophone en Acadie jeudi afin de présenter son long métrage. C’est une première pour le cinéaste québécois, dont le film Les démons a déjà été au menu du FICFA.

Film surprenant, Genèse raconte l’apprentissage de l’amour vécu par des jeunes de différents âges. Dans un collège de garçons, Guillaume, 16 ans, est amoureux de son meilleur ami; un amour qui ne trouvera pas écho. Sa demi-sœur Charlotte (Noée Nabita), 18 ans, part en quête d’aventures passagères à la suite d’une proposition de son copain d’avoir une relation plus libre. Ses choix malheureux l’entraîneront dans des situations difficiles. Et puis, il y a le jeune Félix qui vit un amour naissant avec Béatrice dans un camp de vacances. Cet amour encore à ses balbutiements, plein de naïveté, apporte un baume sur les deux premières histoires. Dans les deux premiers récits, les relations amoureuses traversent des zones troubles.

«Ce n’est pas complètement sombre, mais effectivement, ils en paient le prix d’avoir été sincères et d’avoir exprimé leur amour sans se protéger. C’est aussi une critique du monde dans lequel on vit parce que je pense que les gens qui sont sincères et authentiques finissent tout le temps par payer.»

Autofiction

Inspiré d’éléments de la vie personnelle du cinéaste et celle de ses proches, Genèse est néanmoins une œuvre de fiction. Le cinéaste estime que dans la création, il est pratiquement impossible de ne pas s’inspirer de sa propre vie. Le jeune Félix est en quelque sorte son alter ego que l’on retrouvait également dans Les démons. Ayant lui-même fréquenté un collège de garçons, il s’identifie aussi au personnage de Guillaume à bien des égards et même à celui de Charlotte.

«Je me suis inspiré de la vie de gens proches de moi pour ce personnage, mais on a tous été un peu dans une période un peu trouble et on s’est tous un peu acharnés à aimer les mauvaises personnes.»

L’amour est au coeur des vies de presque tous les êtres humains, du moins ceux qui en ont le privilège, précise le cinéaste. Ayant une vision réaliste et romantique du monde, il souligne que l’amour est en quelque sorte le moteur de la survie de l’espèce. Si dans Les démons, il s’est intéressé à l’enfance, cette fois-ci c’est l’adolescence qui est en vedette.

«Je trouve que l’adolescence est une période où on vit les émotions de façon très brutale et souvent très sincère et authentique. Il y a beaucoup de choses qui se déterminent à cet âge-là, donc c’est une période charnière et c’est sujet à énormément d’histoires.»

Le héros du film, Guillaume, se montre à la fois courageux, audacieux et vulnérable. Dans une scène absolument remarquable où il dévoile publiquement son amour à son ami, on est subjugué. Il y a une belle tension dramatique tout au long des images. Le jeu des acteurs est remarquable. Le réalisateur qui se charge lui-même de la distribution accorde beaucoup d’importance à l’authenticité des acteurs à l’écran et il tourne plusieurs fois les mêmes scènes. La musique du film mérite aussi une attention particulière. Film à voir au FICFA, Genèse est présenté jeudi à 21h au Cinéplex à Dieppe.