Christianne Bélanger et Carl Philippe Gionet donnent le goût de l’eau

Le goût de l’eau, titre d’une populaire chanson de Michel Rivard que Christianne Bélanger et Carl Philippe Gionet incarnent très bien, avec des perspectives différentes. La première a grandi dans l’Acadie des terres et forêts tout près d’une rivière; le second, non loin de la baie à Caraquet.

Pourtant, malgré cette légère différence de vision de l’eau ayant meublé leur enfance, Christianne Bélanger et Carl Philippe Gionet sont tous deux animés de la même passion pour ce motif maintes fois exploité en musique ainsi qu’en poésie.

«C’est un thème très intemporel et universel que celui de l’eau. On en retrouve un peu le même rapport entre les poètes et les compositeurs. C’est tellement central chez l’être humain qu’il n’est pas surprenant que nombre d’artistes y aient consacré des œuvres», souligne le pianiste Carl Philippe Gionet, sous le regard approbateur de la mezzo Christianne Bélanger, au cours d’un entretien par vidéoconférence.

Lorsqu’ils ont commencé à jongler à l’idée de présenter un concert ensemble il y a environ deux ans, les deux musiciens qui se connaissent depuis de nombreuses années n’ont pas eu à chercher bien loin.

«Nous avons tout de suite échangé sur notre rapport avec l’eau, confie Christianne Bélanger. En 10 minutes seulement, nous avions déjà plein d’idées!»

Avec Schubert, Fauré, Debussy et plusieurs autres qui, chapeauté de poèmes de Sully-Prud’homme et de textes d’autres écrivains français et allemands, la matière pour nourrir ce programme ne manquait pas.

«Il a vraiment fallu restreindre notre choix un moment donné, tant les possibilités étaient grandes. Mais avec les pièces que nous avons sélectionnées, ça nous permet de représenter différents aspects de l’eau, que ce soit la mer rageuse et qui détruit tout en pleine tempête, ou encore celle qui nous sécurise, qui est source d’apaisement. Ça nous permet à la fois des envolées musicales de haute voltige ou des phrases chantées de façon soutenue, suspendue aux notes», soutiennent la mezzo et le pianiste acadiens en chœur.

La table est donc mise pour leur concert Au bord de l’eau, présenté vendredi soir en l’église Saint-Joachim de Bertrand. Concert que Christianne Bélanger et Carl Philippe Gionet ont eu l’occasion de tester pour la première fois devant public l’an dernier à Ulm, ville du sud de l’Allemagne dont la plus grande partie se trouve sur la rive gauche du majestueux Danube.

«Nous ne pouvions pas être au meilleur endroit pour présenter notre programme, car nous savions que le public allait être particulièrement interpellé par la thématique», soutient Carl Philippe Gionet.

«C’est pour ça que nous voulions aussi le présenter ici, en Acadie, renchérit Christianne Bélanger. C’est facile comme thème et universel, comme le mentionnait Carl. Nous voulons également le présenter au Québec, car le fleuve Saint-Laurent a eu une grande influence sur la vie des gens là-bas. En même temps, ça nous permet de connecter l’art avec l’Histoire à cet égard.»

La mezzo-soprano, qui connaît un début de carrière florissant depuis environ les cinq dernières années au pays et à l’international, ajoute prendre particulièrement plaisir à alterner entre l’opéra et la musique de chambre, comme le sera le concert de vendredi.

«J’aime travailler un rôle pour opéra. Mais je trouve ça aussi important de faire de la musique plus intime, car ça me permet de porter une attention plus particulière sur les détails, en plus de prendre mes propres décisions. Je suis choyée, parce que j’ai le temps de faire les deux», exprime celle qui montera notamment sur les planches de l’Opéra de Montréal en mars pour l’opéra Twenty Seven de Ricky Ian Gordon et explorant la vie de la poétesse américaine Gertrude Stein.

Le concert Au bord de l’eau de Christianne Bélanger et de Carl Philippe Gionet est présenté à 19h30, dans le cadre de la série Musique Saint-Joachim.