Cinéma et télévision: futurs scénaristes francophones recherchés

Devant un manque cruel de scénaristes francophones, des organisations de l’Atlantique dans le domaine télévisuel, des arts et de la formation ont uni leurs forces pour mettre sur pied un premier programme de perfectionnement en écriture de scénario pour le cinéma, la télévision et le web.

Les principaux partenaires ont dévoilé, mardi, les détails de ce nouveau programme de perfectionnement professionnel en écriture scénaristique offert à l’Université de Moncton, campus de Moncton, dans le cadre de la Formation continue. Le milieu de la télévision et du cinéma acadien réclame ce genre de formation depuis plusieurs années, a soutenu le président de l’Association acadienne des artistes professionnels du N.-B, Philippe Beaulieu, partenaire du projet. Les 15 producteurs francophones qui oeuvrent en Atlantique ont un grand besoin de scénaristes.

«C’est le premier besoin du cinéma et de la télévision étant donné que tous les projets partent d’un bon scénario. Quand est venu le temps de trouver des scénaristes pour développer les idées qui nous ont été présentées, c’est arrivé très souvent qu’on a eu peine à trouver des scénaristes formés capables d’écrire pour la télévision parce que c’est une technique d’écriture complètement différente de la scène, du théâtre ou du roman», a déclaré le chef de la production régionale pour TV5 et UnisTV en Atlantique, Guy Boutin, qui donnera la formation.

Réalisateur et scénariste, M. Boutin a travaillé à plusieurs séries documentaires et de fiction, dont le téléroman FranCoeur. Depuis son arrivée en poste à TV5 et UnisTV à Moncton en avril dernier, il reçoit beaucoup d’idées de projet, mais très peu de concepts et de projets scénarisés. Les quelques scénaristes francophones formés et expérimentés de la province en ont déjà plein les bras. La formation qui s’adresse aux artistes professionnels ou en voie de l’être et aux étudiants universitaires se déroulera en janvier et février.

«Il fallait trouver une façon de former de nouveaux auteurs rapidement pour pouvoir combler les besoins. On ne peut pas produire un projet juste à partir d’une idée. La formation se termine en février et certainement qu’on pourra en placer quatre ou cinq déjà avant la fin du mois d’avril», a poursuivi M. Boutin.

Les 15 participants au programme seront choisis par un jury de pairs. Les aspirants doivent d’abord démontrer un intérêt réel envers la scénarisation et une capacité de rédaction. La formation de 45 heures fera un survol général des types d’écriture pour le documentaire, le format magazine, le web et la fiction.

«Ça va permettre à des auteurs qui suivront cette formation de rapidement travailler sur à peu près tous les projets qu’on va leur proposer.»

Le réalisateur, producteur et directeur photo Gilles Doiron de Moncton, qui a touché à plusieurs volets du métier, estime que le milieu a un réel besoin de scénaristes afin de solidifier les équipes de production. Selon lui, les artisans du domaine télévisuel portent souvent trop de chapeaux, rappelant que la scénarisation est un métier en soi. Le scénario constitue la base de tout bon projet. Si les projets sont mieux écrits, il y a de fortes chances qu’ils soient plus souvent acceptés par les bailleurs de fonds.

«Pour tous les projets partout dans la francophonie, d’abord un scénario qui est très fort permet à des diffuseurs d’accepter plus facilement les projets et de les réaliser», a exprimé le réalisateur Jean-Pierre Desmarais qui n’exclut pas l’idée de soumettre sa candidature au programme.

Financé en partie par le gouvernement du Nouveau-Brunswick, le Conseil des arts du Canada et ICI Acadie, le programme d’étude est offert gratuitement. En plus de la formation, les étudiants auront droit aussi à des classes de maîtres ouvertes au public. Elles seront données par l’auteure et scénariste Gracia Couturier (Conséquences), l’auteur, cinéaste et producteur Hugo Latulippe et l’interprète, metteur en scène et scénariste Réal Bossé. Les personnes intéressées ont jusqu’au 16 décembre pour soumettre leur candidature. Les responsables ne savent pas encore si le programme reviendra sur une base annuelle. Tout dépendra de la demande et de la réponse à cette première initiative. Les personnes intéressées peuvent soumettre leur candidature à travers le site internet de l’Université de Moncton.