La folie du Far West s’empare du Pays de la Sagouine

Pour son nouveau souper-théâtre du temps des fêtes, Noël au saloon, les personnages de l’île-aux-puces flirtent avec l’univers des westerns américains. Avec cette nouvelle création de Denise Bouchard et Caroline Bélisle qui affiche complet, une belle folie s’installe sur la scène.

«C’était vraiment excellent. L’année dernière, je donnais 7 sur 10 et cette année, c’est 12 sur dix parce qu’ils ont touché à tout, l’humour, la qualité du chant, les traditions de Noël. Il y avait beaucoup de diversité», a exprimé une spectatrice, Ginette LeBouthillier de Tracadie, à l’issue de la représentation, dimanche.

Salué par une ovation, Noël au saloon a séduit le public par son humour, ses scènes plus loufoques les unes que les autres, ses chansons et un soupçon d’improvisation. Il figure parmi les meilleurs spectacles de Noël de l’histoire du Pays de la Sagouine, ont avancé certains spectateurs.

Le personnage de Citrouille demeure l’un des grands favoris. Dès qu’il apparaît sur scène, on entend les rires s’élever dans la foule. Ce comédien incomparable, qui assure aussi la direction du Pays de la Sagouine, incarne à la fois Citrouille et une espèce de bandit mexicain sympathique Dicko El Chapo, complètement hilarant. Luc LeBlanc, qui joue dans le spectacle de Noël depuis les tous débuts, se souvient de la première année où l’équipe pensait créer une pièce avec seulement deux ou trois représentations. L’événement a rapidement pris de l’ampleur et près de 20 ans plus tard, ce souper-théâtre très attendu du public est devenu une tradition. Pour plusieurs spectateurs, c’est l’occasion de goûter à l’ambiance du temps des fêtes avec la famille et les amis. Cet automne, la troupe du pays offre 26 représentations de Noël au saloon jusqu’au 21 décembre. Toutes les représentations sont à guichets fermés et il y a même une liste d’attente. Au-delà de 50% des billets pour le spectacle de Noël de 2019 sont déjà vendus alors que la pièce n’est même pas encore écrite. Un succès phénoménal, surtout à une époque où certains diffuseurs peinent à remplir leur salle.

«Je pense qu’on a touché quelque chose que les gens aiment, dans le sens que c’est de la musique et de la comédie. C’est deux choses que les gens adorent dans la région», a commenté Luc LeBlanc.

Noël au saloon raconte l’histoire de Citrouille, Michel-Archange (Florian Chiasson) et Ben à Bélonie (David Losier) qui quittent l’îIe-aux-puces pour aller vendre des sapins aux États-Unis, sans permis. Poursuivis par des cow-boys, ils aboutissent au saloon de Lady M (Karène Chiasson) dans le Taxon county (nom fictif) quelque part dans le sud des États-Unis. Ils feront la rencontre de Miss Maggie (Mélanie LeBlanc), de l’imposant shérif Big Daddy (Éric Butler) et d’un vieil ami d’enfance Billy White (Rhéal LeBlanc). Le shérif, avec l’approbation du président des États-Unis, a déclaré que le cactus serait dorénavant l’arbre de Noël officiel au lieu du traditionnel sapin. Ce qui ne fait pas l’affaire de bien des personnages.

Ils sont accompagnés de trois talentueux musiciens (Mario Robichaud, Joël Robichaud et Jean-Louis Paulin) qui jouent aussi les rôles des prisonniers.

Un rêve

Cette année, c’est l’univers de la musique country qui est en vedette avec le chanteur Rhéal LeBlanc de Bouctouche, qui a neuf albums à son actif.

«C’était un de mes rêves. Quand Luc LeBlanc m’a approché pour le spectacle de Noël, il m’a dit d’y penser. J’ai dit non, ma décision est prise, j’embarque tout de suite», a raconté le chanteur country qui confie vivre une des plus belles expériences de sa vie.

Une grande complicité entre les comédiens se dégage sur la scène. Des fous rires, des répliques bien placées, des quiproquos, des costumes hilarants, une variété d’émotions et un récit haletant nous transportent dans cet univers imaginé par les deux auteures acadiennes qui font quelques clins d’œil à l’actualité aux États-Unis et à son président. Denise Bouchard signe la mise en scène. Depuis quelques années, notamment avec l’ajout de la chanteuse et comédienne Mélanie LeBlanc (Mary Poppins), le spectacle prend de plus en plus des allures de comédie musicale. Les chansons s’intègrent à l’histoire. Mélanie LeBlanc, qui en est à sa deuxième année avec la troupe, a le sentiment d’avoir trouvé une seconde famille.

«Pour moi, c’est un peu différent de ce que je fais dans le reste dans ma carrière en cinéma ou en comédie musicale. J’ai le sentiment de faire partie d’une troupe et on s’appuie beaucoup les uns sur les autres. Une des richesses de faire un spectacle plusieurs fois est de pouvoir approfondir ma relation avec mon personnage et avec tous les autres personnages. Avec l’énergie et la façon de travailler au Pays, surtout avec un comédien comme Luc LeBlanc, il faut toujours être prêt à ce qu’il peut nous lancer et ce n’est pas nécessairement toujours écrit dans le scénario. Il y a des surprises», a partagé Mélanie LeBlanc.

En plus de revisiter des chants traditionnels du temps des fêtes, ils reprennent quelques chansons d’artistes américains et des pièces de Rhéal LeBlanc.