Caroline Savoie prête sa voix à la cause franco-ontarienne

Comme la quinzaine de chanteurs de la francophonie canadienne, Caroline Savoie n’entend pas baisser les bras. En se joignant au projet musical à plusieurs voix, l’auteure-compositrice-interprète de Dieppe rappelle l’importance de se tenir debout pour préserver les acquis des francophones.

À l’invitation de la chanteuse franco-ontarienne, Mélissa Ouimet, des artistes de l’Ontario, du Québec et de l’Acadie ont uni leurs voix dans une réinterprétation de la chanson Personne ne pourra m’arrêter afin d’appuyer la lutte des francophones en Ontario contre les coupes dans les services en français. Mélissa Ouimet a revisité cette chanson de son répertoire écrite par Amélie Larocque afin de l’adapter à la cause francophone. Elle a fait appel à 15 artistes, dont Jacobus et Caroline Savoie de l’Acadie. «Personne ne pourra changer ma voix, mon identité… J’irai encore plus loin», chantent-ils dans cette pièce poignante et rassembleuse.

«Ça montre qu’on est là pour rester, qu’on se tient debout et que nous sommes plusieurs de partout au pays qui envoient un message où on dit qu’on n’est pas prêt à baisser les bras et à se faire marcher sur les pieds. C’est un message super puissant», a déclaré Caroline Savoie.

La vidéo de la chanson qui est devenue virale a été partagée plus de 4000 fois. Des scènes de manifestations sont entrecoupées d’images où on voit les artistes chanter et leurs villes d’origine. Quand Mélissa Ouimet l’a approchée, l’artiste acadienne qui suit la bataille des Franco-Ontariens s’est tout de suite sentie interpellée. Elle a le sentiment que cette chanson peut résonner à travers tout le pays. Elle s’inquiète de la situation politique au Nouveau-Brunswick et d’alliances possibles entre le gouvernement de Blaine Higgs et un parti qui «méprise la langue française». Elle appelle à la vigilance. Celle qui a grandi à Dieppe a la cause francophone de tatouer sur le cœur. Elle se réjouit de voir les communautés francophones du pays se tenir debout.

«Il y a encore beaucoup de travail à faire, ça, j’en suis consciente. Mais je ne suis pas prête à accepter que l’on prenne des milliers de pas en arrière. Je ne suis pas prête à accepter que l’on se fasse marcher sur les pieds…», a-t-elle publié sur sa page Facebook.

La chanson a été enregistrée à la fin novembre dans un studio à Montréal.

«Ç’a m’a ému de voir tous les Franco-Ontariens parce que c’est rare de rassembler autant d’artistes francophones d’un peu partout au pays dans une chanson. Ça envoie un message encore plus fort. J’ai grandi dans une province bilingue où j’étais une minorité linguistique, alors pour moi, faire partie de ça, c’est super émouvant et de voir les autres qui vivent la même chose que moi, c’est très rassembleur», a-t-elle ajouté.