2018, l’année d’Amélie Hall

Trois prix au dernier Gala Country, une première nomination à l’ADISQ, sacrée Artiste de l’année hors province au dernier gala de Musique NB, une ribambelle de spectacles solos au Québec et en Acadie… L’année 2018 aura été sans conteste l’Année (avec un grand A) d’Amélie Hall.

«Ç’a passé comme une étoile filante!»

Tels sont les premiers mots d’Amélie Hall lorsque nous lui demandons de faire un premier constat sur les 12 derniers mois de sa carrière. L’artiste acadienne native de Tracadie aura effectivement vécu et chanté sur des chapeaux de roues au cours de cette période qu’elle qualifie de pivot. Elle n’a pas vu le temps passer; chose relativement nouvelle, la grande et filiforme auteure-compositrice-interprète cumulant quelque 15 ans de carrière derrière la crinoline et ayant vécu plus souvent qu’à son tour de nombreux passages à vide.

«Ça faisait tellement longtemps que je rêvais de vivre ce que j’ai vécu cette année. Je voyais des artistes acadiens décoller en grand au début de leur carrière et je me demandais vraiment pourquoi ce n’était pas mon cas, et surtout, si j’avais fait quelque chose de mal, alors que pour le gros, c’était simplement une question de timing.»

Un long chemin de croix dont elle a commencé à se sortir il y a environ cinq ans, lorsqu’elle a planché sur son premier album éponyme sorti en 2014 et avec lequel elle a entamé sa douce, mais constante ascension.

«Mon gérant Toby Gendron m’a fait comprendre que j’avais un choix: si je voulais être une étoile filante, c’était relativement facile. Mais si je voulais rester allumée, ça allait me prendre 10 ans de travail acharné. J’ai tellement braillé quand il m’a dit ça! Quand je suis partie pour la grande ville il y a 15 ans, je n’ai jamais eu d’autres plans que de faire de la musique et d’en vivre. Je travaillais déjà très fort, mais je pense que certains déclics se sont faits au fil du temps et au final, l’attente en a valu la peine.»

Fini le braillage (ou presque) et bonjour l’avenir qu’Amélie Hall voit déjà poindre avec de belles promesses. Son second opus, le superbe Cultiver l’amour lancé l’an dernier, lui aura permis à la fois de se réconcilier avec sa prime passion pour la musique – et surtout, son plaisir d’en faire sans filtre ni considérations marketing, précise-t-elle – et d’en récolter les fruits qu’elle savoure pleinement.

«Je suis allé chercher mon public une personne à la fois. J’ai pris la ‘‘slow way’’ et ça donne de beaux résultats. Je suis tellement contente que mon succès arrive maintenant, parce que là, je suis prête à l’encaisser», souligne celle pour qui sa résilience et sa persévérance ont joué un grand rôle dans cette bouffée de lumière que d’autres, à l’inverse d’elle-même, n’ont pas su gérer.

«Je vois tellement plein de jeunes se casser la gueule… Je ne voulais pas que ça m’arrive. Mais comme j’ai déjà plusieurs années de métier, les gens de l’industrie me voient aller et travailler et ce bagage-là commence à rapporter. Les portes s’ouvrent chez les médias aussi et 2019 ainsi que 2020 seront de grosses années pour moi.»

Un troisième album prend tranquillement son chemin sur papier et Amélie Hall se rendra prochainement dans La Mecque du country, Nashville, pour une séance d’écriture intensive de deux semaines.

«Je ne peux pas trop en dire pour le moment, mais mon prochain album va être hyper intime. Je ne veux pas trop le vendre tout de suite, parce que je ne sais pas encore où ça va me mener. Contrairement aux deux autres, celui-là, je le laisse vraiment me guider. Quand mon projet m’aura assez parlé par lui-même, je pourrai alors parler de lui.»

Un album-carrefour pour la mi-trentenaire qui se considère véritablement à la croisée des chemins dans tous les aspects de sa vie.

«Avec Cultiver l’amour, j’ai appris à m’aimer et à lâcher prise. Ça va avoir une incidence sur ma musique et c’est déjà le cas. J’ai encore de grands espaces à explorer et je vais me payer un beau tripe avec le prochain disque!», mentionne Amélie Hall avec un sourire dans la voix que l’on devine très large.

«À la maison» avec Hugues Aufray

En plus de ses nombreux spectacles solos, il arrive à Amélie Hall d’être repêchée par quelques géants de la chanson française, un dada qui trône dans son univers avec la musique folk et country. Ce fut le cas il y a quelques années avec Enrico Macias. Et tout récemment, c’est pour Hugues Aufray qu’elle a assuré la première partie dans le cadre de sa tournée au Québec dans les dernières semaines.

«Ç’a été magique! Il a vraiment été généreux! Je me suis sentie comme à la maison avec lui. Je ne pensais pas qu’il pouvait être aussi accessible et énergique. Pourtant, nous avons énormément jasé pendant les deux semaines de sa tournée et il m’a donné de très bons conseils pendant nos répétitions. En plus, malgré son âge, c’est lui qui transportait mes valises et mes guitares! C’est une vraie machine!», déclare-t-elle en riant.

Amélie Hall dit avoir également beaucoup étudié la prestance de son désormais ami bientôt nonagénaire sur scène.

«Il a une aisance que je n’avais jamais vue avant. Et pourtant, je suis une vraie de vraie mélomane! J’écoute en moyenne deux heures de spectacles par jour pour étudier sérieusement les prestations des artistes sur scène. Et lui, c’est un des spécimens que j’ai le plus aimé.»

Au détour, Amélie Hall a rencontré quelques amis québécois du chanteur français, dont un certain… Gilles Vigneault.

Amélie Hall a pu rencontrer quelques amis québécois de Hugues Aufray, dont le pionnier de la musique québécoise Gilles Vigneault. – Gracieuseté

Une chaîne Stingray

En plus de travailler sur son troisième album et de poursuivre sa route sur les planches avec un début d’année 2019 déjà bien garni dans son agenda, Amélie Hall aura bientôt pignon sur rue sur la chaîne d’écoute musicale Stingray. L’auteure-compositrice-interprète y présentera ses très nombreux coups de coeur, dont quelques tubes acadiens ou d’autres styles moins connus du grand public.

«Je travaille avec Stingray depuis un an pour établir ma liste. Il y aura beaucoup de country et de bluegrass, entre autres. Je trouve ça le fun parce que ce ne sera pas ma musique, mais celle des autres. C’est zéro prétention», souligne Amélie Hall.