Le Messie 100% néo-brunswickois… ou presque

Œuvre qui soulève et émeut les foules depuis près de trois siècles, Le Messie de Haendel figure parmi les oratorios les plus joués dans le monde. Symphonie NB et le Choeur Louisbourg qui présentent cette œuvre grandiose pour la troisième année se préparent à livrer la prestation la plus authentique possible.

Même si les musiciens de l’orchestre ne jouent pas sur des instruments baroques, ils cherchent à s’approcher le plus près possible de l’esthétisme de l’époque pour que les gens du Nouveau-Brunswick puissent vivre la même expérience qu’ailleurs dans le monde, assure la directrice du Choeur Louisbourg, Monique Richard.

«C’est une des œuvres les plus connues et de pouvoir faire cette œuvre de cette qualité et de cette richesse est un grand plaisir! Il y a beaucoup de prouesses vocales», a déclaré Monique Richard qui chante avec le chœur dans ce concert dirigé par Michael Newnham.

Un total de 34 choristes et au-delà de 25 musiciens seront sur scène pour redonner vie à cet oratorio composé en 1741. Pour ce concert, le chœur professionnel du Nouveau-Brunswick a invité 20 autres choristes à se joindre à eux afin de donner l’ampleur vocale qu’exige cette œuvre. Dans son approche, le chef invité Michael Newnham s’assure que le chant soit à l’avant-plan.

«Pour moi, il est très important que les chanteurs et la chorale soient en première ligne parce qu’il est très possible de jouer trop fort pour un chœur, alors je dois contrôler cet aspect de la musique et la vitesse des numéros. On ne veut pas que la musique soit trop lourde», a affirmé Michael Newnham qui cherche aussi à donner du rythme à la musique pour qu’elle soit dansante. Il rappelle que Le Messie a été composé à une époque où la danse était très populaire.

Le chef d’orchestre salue le talent et le professionnalisme du Choeur Louisbourg ainsi que son style unique. À son avis, il s’agit de la meilleure chorale de la province.

«Ils sont très professionnels et ils ont un style qui est un peu différent d’un chœur anglophone. À mon avis, il y a quelque chose de français dans leur façon de chanter. On peut ainsi ajouter de petites choses stylistiques.»

Le Messie de Haendel qui est chanté dans sa version anglaise met en vedette aussi quatre solistes du Nouveau-Brunswick: la soprano Sally Dibblee de Fredericton, la jeune mezzo-soprano Jillian Bonner de Saint-Jean, la basse Paul Bustin de Saint-Jean et le ténor Owen McCausland de Saint-Jean qui fait une carrière magnifique partout au pays.

«C’est une production presque à 100% du Nouveau-Brunswick, sauf pour moi qui suis de l’Ontario», assure celui qui a assuré la direction musicale de Symphonie NB pendant neuf ans. Cette fois, c’est à titre de chef invité qu’il dirige Le Messie. Même si c’est la troisième fois qu’il dirige cet oratorio avec Symphonie NB, il cherche constamment à apporter des nouveautés et à relever le niveau d’interprétation.

«Quand on a commencé avec les répétitions samedi, nous avons tous constaté que ce serait la meilleure fois», a-t-il confié.

Il est fier du chemin parcouru par Symphonie NB qui, selon lui, est tout à fait comparable aux autres orchestres professionnels au Canada. La musique et les textes du Messie sont admirables, lance-t-il. C’est une musique qui touche directement les auditeurs et qui est connue en partie ou en totalité par la plupart des gens sur la planète. Au-delà du célèbre Alléluia, l’oratorio comprend différentes parties qui mettent en lumière la vie du Christ.

«La musique n’est pas aussi simple que ça parce qu’il y a des défis pour tous les musiciens et chanteurs et c’est une œuvre avec laquelle j’ai grandi et cela représente le temps d’être ensemble avec la famille, des amis et de partager quelque chose. C’est une œuvre qui en même temps est très profonde», a poursuivi le chef d’orchestre.

En 40 jours

Georg Friedrich Haendel aurait composé Le Messie en seulement 40 jours. À ses débuts, cette œuvre de près de trois heures a été créée pour le temps de Pâques. Cependant, la tradition a fait en sorte qu’elle est maintenant jouée surtout pendant les semaines qui précèdent Noël. Le premier segment qui traite de la naissance de Jésus constitue une partie importante de l’oratorio. Symphonie Nouveau-Brunswick qui présente la plupart du Messie ne joue pas l’oratorio en entier comme bien d’autres ensembles dans le monde.

Michael Newnham précise que ce concert est le plus populaire de la saison de l’orchestre du Nouveau-Brunswick, rappelant qu’en décembre, le public recherche ce genre de tradition pour célébrer les fêtes. Le Messie de Haendel est présenté mardi (18 décembre) au Playhouse à Fredericton, mercredi (19 décembre) au Théâtre Impérial à Saint-Jean et jeudi (20 décembre) au Théâtre Capitol à Moncton. Les représentations qui débutent à 19h30 sont précédées d’une causerie pré-concert. Le concert à Fredericton affiche déjà complet et il ne reste que quelques billets pour ceux de Saint-Jean et Moncton.

Michael Newnham qui a tiré sa révérence comme directeur musical de Symphonie NB l’année dernière dirige maintenant deux orchestres en Ontario; celui de Peterborough et le Orchestra Toronto. Cet orchestre d’une centaine de musiciens est en résidence au Toronto Centre for the Arts.