Fragments biographiques; ou les blues d’Herménégilde Chiasson

Avec son exposition Fragments biographiques, Herménégilde Chiasson propose une nouvelle version de sa rétrospective 50 ans – 50 œuvres. Cette fois-ci, il invite le public à découvrir un demi-siècle de création dans un projet plus intime présenté à la Galerie du Centre des arts et de la culture de Dieppe (CACD).

Depuis plus d’un demi-siècle, l’artiste multidisciplinaire originaire de Saint-Simon, établi à Robichaud dans le sud du Nouveau-Brunswick, cherche à se réinventer à chacun de ses projets que ce soit en arts visuels, en cinéma, en théâtre ou en littérature.

«Dans tout ce que je fais, il faut que ce soit différent de ce que j’ai fait avant. Autrement, on tombe dans une formule et c’est facile d’être mis dans une petite boîte. Par contre, ce n’est pas une bonne technique de marketing pour que les gens puissent reconnaître ton style. Quand on regarde l’exposition à Dieppe, c’est très éclaté», a exprimé l’artiste en entrevue à un jour de l’inauguration de sa nouvelle exposition.

Herménégilde Chiasson a connu une année 2018 particulièrement intense et chargée. Le récipiendaire du prestigieux Prix Strathbutler a publié cinq livres, participé à des résidences de création, réalisé cinq expositions, dont une rétrospective de ses œuvres au Centre culturel Aberdeen et à la Galerie Beaverbrook. De plus, il est en pleine production de la pièce Winslow, mise en scène par Marcia Babineau, qui sera présentée au théâtre l’Escaouette en avril. L’artiste confie qu’on lui propose de plus en plus de projets qui sont très difficiles à refuser parce qu’ils sont intéressants. Sa cinquième exposition qui s’ouvre à Dieppe est née de plusieurs autres collections. Cette série de 40 nouvelles œuvres est inspirée de son exposition anniversaire. Il a photographié certains détails des œuvres pour créer de nouvelles pièces.

«C’est une exposition plus intime étant donné la dimension des oeuvres. Il y a beaucoup d’oeuvres qui sont juste un pied par un pied. C’est une autre proposition à partir des 50 œuvres exposées à la Galerie Beaverbrook et au Centre Aberdeen. J’ai pris des détails et des fragments des œuvres pour les intégrer dans d’autres créations.»

La collection qui reflète une diversité d’esthétiques, de recherches et de techniques permet de découvrir la multitude d’approches du travail de l’artiste. Survolant son parcours, la collection est divisée en quatre segments par tranche de 10 ans. On y retrouve l’estampe de 1967 à 1976, le collage de 1977 à 1986, la peinture de 1997 à 2006 et le dessin de 2007 à 2016. Aux prises avec des problèmes de chauffage à son atelier, il n’a pas été en mesure de réaliser la section installation allant de 1987 à 1996. Il a créé cette exposition en fonction de l’espace de la galerie d’art du CACD.

Ces œuvres comportent une dimension nostalgique en remuant plusieurs souvenirs chez l’artiste. Certains tableaux rendent hommage à des créateurs qui ont profondément inspiré Herménégilde Chiasson comme Claude Roussel et Roméo Savoie.

«C’est beaucoup de souvenirs qui remontent à la surface et évidemment, c’est nostalgique parce que c’est 50 ans de création. Quand je regarde chacune de ces oeuvres-là, je vois des gens, des endroits où j’étais et ça me blues vraiment. C’est pour ça que quand je fouille dans mes archives, ça me prend du temps à m’en remettre.»

 

Une des oeuvres de l’exposition Fragments biographiques d’Herménégilde Chiasson, Oiseau utile (acrylique sur toile). – Gracieuseté

Le vernissage de l’exposition Fragments biographiques se tient ce jeudi à 17h au Centre des arts et de la culture de Dieppe. L’exposition sera en montre jusqu’au 5 avril. La rétrospective de ses 50 ans de carrière est toujours en montre à la Galerie d’art Beaverbrook à Fredericton jusqu’au 25 janvier.