La «queen» de l’Acadie reçoit un accueil éclatant

Complètement déjanté, le spectacle Jass-Sainte à la camp nous entraîne dans des histoires rocambolesques sur la chasse à l’original, tout en revisitant de manière complètement farfelue et étonnante l’histoire de l’Acadie et le mythe d’Évangéline.

Le moins que l’on puisse dire c’est que le personnage de Jass-Sainte Bourque, créé par le comédien Xavier Gould, ne laisse personne indifférent. Unique, flamboyante et extravagante, celle qui a fait son entrée sur la scène de la Caserne à Dieppe devant plus de 220 spectateurs, telle une reine au milieu des feux d’artifice, a comblé les attentes de la foule. Le public l’a saluée par une longue ovation bien sentie.

La faiseuse de bandeaux et chasseuse de moose à la sexualité ambiguë n’hésite pas à se moquer d’elle-même et à mordre parfois où l’on s’y attend le moins. Dans ce spectacle qui fait beaucoup de place à l’autodérision, Jass-Sainte et ses deux acolytes, matante Florine (Solange LeBlanc) et le curé Phillias Doiron (Jean-Sébastien Levesque), convient le public à une classe de maître sur la chasse à l’original plutôt loufoque. Elle retourne dans son camp où elle a grandi.

«Ce soir, je vais vous apprendre toutes mes skills de chasseuse de moose et comment devenir la number one chasseuse of all time», a annoncé Jass-Sainte à ses «petits mooses».

La leçon débute par une démonstration de vêtements de chasse à la mode, suivi du call de l’original dans un numéro complètement hilarant où elle a invité trois spectateurs à monter sur la scène. Après la chasse, Jass-Sainte s’est attaqué à l’histoire de l’Acadie et à l’identité. On assiste alors à une sorte de crise identitaire où elle se demande si elle est vraiment acadienne. Combinant la Déportation, Jésus et Évangéline qui est appelée à repeupler l’Acadie, elle nous entraîne dans un récit imaginaire surprenant, inventif et burlesque, avec quelques petites flèches politiques. Xavier Gould ne manque surtout pas d’imagination. Le public l’a adoré. Des gens de tous les âges, dont plusieurs qui portaient un bandeau comme l’humoriste, ont assisté à ce spectacle.

«C’était parfait, c’est incroyable. Je pense que Jass-Sainte est vraie, unique et il n’y en a pas d’autres comme lui», a exprimé une spectatrice Angela Mcphee.

Le spectacle comprend aussi quelques chansons complètement absurdes telles que Cynthia arrête d’être une dose, de l’auteure-compositrice-interprète Christine Melanson. L’artiste suit le parcours de Jass-Sainte depuis ses débuts sur les réseaux sociaux à travers ses capsules vidéos. Le comédien a réussi à transporter son personnage de la planète web à la scène avec succès.

«J’ai été agréablement surprise. J’aime vraiment comment ils ont pris le personnage et où ils l’ont apporté et quel genre de débats, ils ont suscité. C’est une pièce qui fait un peu réfléchir. C’est absolument réussi. C’est fou de penser qu’il y a un personnage qui a commencé sur Instagram et qu’il s’est rendu où il est rendu. Ça démontre le pouvoir des médias sociaux», a partagé Christine Melanson.

En intégrant deux autres personnages, cela apporte une belle interaction et ponctue le rythme du spectacle. Jass-Sainte peut ainsi s’illustrer et jouer sur son côté célèbre. Si le personnage très drôle de Florine sert bien le récit et ajoute au ridicule du personnage de Jass-Sainte, celui du curé est peut-être un peu moins pertinent, bien qu’il offre quelques moments loufoques. Très bonne idée, le préambule au spectacle de Phillias et Florine aurait pu toutefois être un peu plus court.

Après deux représentations à Dieppe (16 et 17 janvier), à guichets fermés, le spectacle sera présenté le 18 janvier à Miramichi, le 19 janvier à Saint-Jean, le 26 janvier à Tracadie et le 14 février à Val-d’Amour (Atholville).