Les 50 ans de la Banque d’œuvres d’art du Nouveau-Brunswick

Pour souligner le 50e anniversaire de la Banque d’œuvres d’art du Nouveau-Brunswick, une grande exposition préparée par trois commissaires et artistes émergentes des communautés francophone, anglophone et des Premières nations sera présentée à la Galerie Beaverbrook à Fredericton pour ensuite voyager à travers la province.

La Banque d’œuvres d’art du Nouveau-Brunswick qui compte près de 900 œuvres de 118 artistes a franchi le demi-siècle. Depuis 50 ans, des œuvres sont acquises sur une base régulière par le gouvernement provincial. Elles sont exposées dans les bureaux gouvernementaux à travers la province. La gestionnaire de la Banque d’œuvres d’art, Danielle C. Hogan, explique qu’il compte sur un budget bisannuel de 40 000$ pour l’achat de nouvelles œuvres. Un appel d’offres est lancé aux artistes de la province tous les deux ans et un jury d’experts fait la sélection des pièces.

«Jusqu’à maintenant, notre budget reste le même. On ne sait jamais ce qui va arriver dans le futur, mais nous avons une équipe exceptionnelle et nous avons un ministre qui est bien au courant de l’importance des arts. Je ne vois aucune raison pour que ça ne continue pas», a affirmé Danielle C. Hogan.

Un investissement de 82 000$ a été annoncé en 2018 à la Galerie d’art Beaverbrook afin de monter une exposition anniversaire. Les commissaires Emma Hassencahl-Perley de la Première nation de Tobique, Erin Goodin de Fredericton et Émilie Grace Lavoie d’Edmundston travaillent à la préparation de cette exposition depuis six mois. Le vernissage est prévu le 16 février. Selon Émilie Grace Lavoie, les œuvres choisies de la collection représenteront les cinq dernières décennies, les divers courants et les trois communautés. Une soixantaine d’œuvres tirées de la collection ont été choisies par les commissaires.

«Nous avons vraiment exploré toutes les œuvres de la collection. Au début, on faisait ça un peu à l’aveuglette sans savoir les noms des artistes. On avait juste l’année d’achat par la province. Nous avons eu aussi plusieurs discussions sur les thématiques.»

L’écosystème, les voix et le nouveau futur constituent les trois thèmes ressortis par les commissaires. Chacune a écrit des textes à propos de ces sujets.

«C’est un peu un regard critique sur la province et en même temps, ça va être une célébration de toutes nos cultures et de ce qui nous entoure. C’est pour permettre au public de réfléchir sur l’avenir du Nouveau-Brunswick et peut-être essayer de changer les perceptions des gens, de découvrir ou de redécouvrir des œuvres.»

La commissaire adore partager ses points de vue avec des artistes issus de milieux différents du sien. L’histoire, le patrimoine et l’avenir de la province ont été au centre de leurs discussions. Elle note que les acquisitions de la Banque d’œuvres d’art n’ont pas toujours reflété le climat sociopolitique de l’époque où elles ont été achetées.

«C’est intéressant d’avoir des perceptions différentes. Tout au long du projet, on a vraiment appris l’une de l’autre et à propos des événements marquants à travers les années qui ont affecté le Nouveau-Brunswick.»

Une variété de médiums

L’exposition regroupera de la peinture, de la sculpture, de la photographie, des œuvres de textiles, des créations plus expérimentales et des installations. Chez les Acadiens, on retrouvera, entre autres, le travail de Mario Doucette, de Mathieu Léger, de Marjolaine Bourgeois, de Marie Ulmer et d’Herménégilde Chiasson.

En parcourant la collection, Émilie Grace Lavoie a été surprise de constater la faible présence de l’art autochtone. Danielle C. Hogan précise que cette situation est attribuable au fait qu’historiquement, très peu d’attention a été portée vers les peuples des Premières nations et cela se reflète dans la Banque d’œuvres d’art de la province. Ils entendent remédier à la situation.

«On a vraiment mis l’accent sur ce point pour augmenter la présence des artistes autochtones dans la collection.»

En plus de célébrer les 50 ans de la Banque d’œuvres d’art, le projet vise aussi à développer des commissaires et des écrivains dans le domaine des arts visuels, toujours dans le but d’accroître la visibilité des artistes de la province.

Intitulée Tout va bien aller (Psi-kewk keti mewi, Everything is gonna be fine, Wela’sitew na), l’exposition sera en montre à la Galerie Beaverbrook jusqu’au printemps. Par la suite, elle sera présentée dans quatre villes de différentes régions de la province et peut-être aussi dans l’État du Maine. Les endroits n’ont pas encore été choisis.