Le ballet Don Juan est de retour sur scène

Dix années après sa création, le spectacle Don Juan du Ballet-théâtre atlantique du Canada revient sur scène. Le chorégraphe Igor Dobrovolskiy revisite ce classique en lui donnant un vent de fraîcheur et de légèreté.

Repris dans de nombreuses œuvres musicales, littéraires, visuelles et cinématographiques, le célèbre séducteur et libertin renaît cette fois sous forme d’un ballet humoristique sur une musique de George Gershwin. Igor Dobrovolskiy a voulu lui donner une nouvelle saveur un peu moins romantique, mais plus comique.

«J’ai apporté des modifications à l’histoire originale et je l’ai créée avec un côté humoristique. Dans l’histoire originale, il séduit toutes les femmes autour et je trouvais ça un peu naïf et stupide», a commenté le chorégraphe de Moncton.

La première production du ballet Don Juan en 2007 avait été très peu jouée en raison de la récession économique qui avait frappé durement le milieu des arts de la scène. Igor Dobrovolskiy précise que la compagnie avait été contrainte de ralentir ses activités. Cet hiver, il reprend cette production avec de nouveaux danseurs.

«Nous ne l’avons pas jouée depuis dix ans. J’ai de nouveaux danseurs alors j’ai pensé que ce serait intéressant de refaire le spectacle avec eux.»

Le rôle de Don Juan sera joué par Tristan Dobrowney. Ce dernier qui a joint la compagnie de Moncton en 2018 a dansé pendant huit ans avec le Royal Winnipeg Ballet. Parmi les huit danseurs de la compagnie, on retrouve aussi Olga Petiteau et Stéphanie Audet qui incarneront ce ballet pour la première fois.

«Je joue une des femmes qui essaient de séduire Don Juan. On fait même presque partie de ses rêves. C’est un Don Juan différent parce que l’univers que le chorégraphe a créé est assez comique. C’est charmant à regarder, drôle et accessible», a exprimé Stéphanie Audet.

Bien qu’il ait apporté très peu de changements à la création originale de 2007, il reste que c’est une nouvelle production puisqu’elle sera dansée par de nouveaux interprètes. Les danseurs confient qu’il s’agit d’un grand défi. Ils ont peu de temps pour apprendre et répéter cette œuvre de près de deux heures.

«C’est toujours un défi de reprendre une ancienne production et de la faire revivre et de la rendre encore plus vraie. Il a adapté certains mouvements pour que ça se marie bien aux danseurs actuels. C’est exigeant et rapide puisque la musique Gershwin est assez intense», a confié Olga Petiteau.

Celle-ci estime que ce spectacle arrive à point nommé à une époque où il est beaucoup question des modes de séduction et des relations entre les hommes et les femmes.

«Parfois c’est un peu tabou la séduction, alors de mettre ça en ballet et de voir la comédie, c’est inspirant.»

Il s’agit de l’un des rares ballets de la compagnie de nature humoristique.

Saison très chargée

Le BTAC termine sa saison 2018-2019 avec un programme bien rempli. Cet hiver et au printemps, la compagnie présentera cinq productions différentes. En plus de Don Juan qui est en tournée en janvier et février, les huit danseurs répètent aussi Le Fantôme de l’opéra et Carmen qu’ils présenteront en France au mois de mars. Le spectacle Alien sera en tournée dans les Provinces atlantiques en avril et en mai, tandis que Figaro fera aussi partie de leur programmation à la fin mai. Les danseurs doivent donc faire preuve d’une grande versatilité et d’une discipline exceptionnelle pour arriver à passer d’une œuvre à l’autre sans perdre la forme.

«C’est comme se souvenir de plusieurs longues recettes en même temps. On commence toujours la journée par une classe de ballet afin de mettre notre corps en place. Chaque jour est différent. Après, il y a les répétitions de groupe et parfois d’autres répétitions en section pour des solos, des duos, des pas de deux et des segments qu’on va reprendre plus précisément», a mentionné Stéphanie Audet.

Igor Dobrovolskiy souligne que rares sont les compagnies de danse au Canada à avoir autant de spectacles en même temps avec seulement huit danseurs. Le spectacle Don Juan est présenté le 30 janvier au Théâtre Capitol à Moncton, le 6 février à la Cité des Jeunes A.-M.-Sormany à Edmundston et le 14 février au Playhouse à Fredericton.