Des contes de l’Acadie mis en musique par Ventus Machina

Le quintette à vent Ventus Machina qui prendra bientôt la route convie le public à un récit musical à travers les contes et les légendes acadiennes. Chante-moi une histoire rassemble des œuvres signées par les compositeurs Jean-François Mallet, Richard Gibson, Andrew Creeggan et Richard Covey des Maritimes.

Le projet a pris son envol autour du conte Le porteur de rêves de Cheyda Haramein publié aux Éditions Bouton d’or Acadie. Jean-François Mallet, que l’on connaît bien pour ses musiques et ses environnements sonores au théâtre, a eu un plaisir fou à créer cette œuvre musicale pour le quintette à vent de Moncton.

«C’est le fun au bout parce que c’est vraiment de créer un genre d’univers autour de ces contes-là et d’utiliser tous les instruments. Un quintette à vents, au point de vue de l’orchestration, c’est très varié comparé à un ensemble de cordes qui est beaucoup plus uniforme», explique M. Mallet qui s’estime privilégié de travailler avec un ensemble de musiciens aussi talentueux.

Le compositeur Jean-françois Mallet et Patrick Bolduc du quintette Ventus Machina. – Acadie Nouvelle: Sylvie Mousseau

Celui-ci a d’abord été séduit par cette histoire d’un père qui va chercher des rêves chez les gens pour aller les semer l’autre côté du désert. C’est à la fois magique et fantastique. Ce voyage à travers le désert au pays des Mille et une Nuits fera certainement oublier les rigueurs de l’hiver, estiment les concepteurs du spectacle. Celui qui a aussi mis en musique le conte Jean-le-chasseur et ses chiens, de Barry Jean Ancelet, s’attaquera bientôt à une légende mi’kmaque: Comment la rivière Petitcodiac est devenue boueuse. Il espère ainsi monter un répertoire de contes musicaux qui pourraient éventuellement se prêter à divers genres de spectacles, ou même être enregistré.

«C’est original et ça dépasse ce qu’on voit et ce qu’on entend habituellement», a commenté l’éditrice Marie Cadieux qui salue cette initiative.

Dans cet élan créatif autour des histoires, des contes et de l’imaginaire, le quintette a choisi une œuvre de Richard Gibson. Le compositeur de Moncton a mis en musique cinq légendes acadiennes. La contralto Vicki St. Pierre assurera la narration des contes et des légendes. Le programme inclut aussi une nouvelle œuvre de Richard Covey de l’Île-du-Prince-Édouard, composée pour le quintette à vents et contralto et une suite de mouvements d’inspiration celtique d’Andrew Creeggan.

La contralto Vicki St.Pierre de chantera avec le quintette Ventus Machina. -Gracieuseté

La création au premier plan

Pour Ventus Machina, la création de nouvelles œuvres est un élément central à leur démarche. Le bassoniste Patrick Bolduc mentionne que même s’ils ont tous une formation classique, ils aiment sortir du moule.

«Ça fait huit ans qu’on est ici et on a découvert plein d’artistes vraiment trippants. On a joué, entre autres, avec Kit Goguen, Ray Légère, Jean-François Mallet et le Ballet-théâtre du Canada atlantique. On a rencontré plein de monde et on veut essayer de célébrer ce qui se passe musicalement et artistiquement ici», a-t-il affirmé.

Tous les membres du quintette sont originaires de différentes régions, que ce soit du Québec, de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, de l’Ontario ou encore de la Suède. C’est un ensemble de vent typique incluant clarinette, hautbois, flûte, cor français et basson.

«La palette disponible dans un quintette à vent va au-delà des cinq instruments. Au lieu d’entendre une flûte et un hautbois, quand les deux se mélangent vraiment bien, nous autres on appelle ça un «flobois». Il y a plein de couleurs et de voix intermédiaires qui sont la somme de ces instruments.»

Des éléments visuels accompagneront les musiciens et la soliste. Le quintette se produira dans six villes de la province en commençant par Saint Andrews le 17 février. Dans certains cas, ils ont choisi des lieux étonnants pour offrir leur concert. À Moncton, le quintette se produira sur la mezzanine de la Place Resurgo.

«Si on le choix, on va jouer pour une audience de 80 ou 100 personnes avant de jouer devant 1000 personnes dans une grande salle. On aime la proximité et jaser avec l’auditoire, parler et démocratiser ce qu’on fait.»

Les musiciens du quintette ont tous d’autres occupations soit comme professeurs ou membres de Symphonie Nouveau-Brunswick. La tournée s’étendra du 17 au 24 février. Ils s’arrêteront aussi à Fredericton, à Sussex, à Saint-Jean et à Bertrand.