Sainte-Marie-Saint-Raphaël immortalisé dans un photomontage

Le rythme de vie des résidants de Sainte-Marie-Saint-Raphaël, sur l’île Lamèque, est maintenant immortalisé dans un photomontage. Cette immense œuvre murale, intitulée Étrange janvier insulaire, est le fruit de plus d’un an de travail du photographe David Champagne.

En janvier 2018, ce Québécois et Acadien d’adoption depuis quatre ans, a pris le temps de bien saisir l’essence de cet endroit calme et paisible afin de s’imprégner de ses moindres détails, en plein cœur de la saison morte. Il y a loué une maison pendant deux semaines.

Après avoir trimballé ses appareils lors de plusieurs événements, M. Champagne avait plusieurs dizaines de photos à sa disposition. Il a fallu six à sept mois pour faire le montage. Il a fabriqué de petites maquettes. Il voulait avoir une petite idée du résultat. Puis, il a utilisé un logiciel pour le produit final.

«J’ai fait plusieurs essais-erreurs, dit-il devant sa photo. J’ai d’ailleurs plusieurs images qui n’ont pas été utilisées.»

Mais pourquoi opter pour ce petit village en plein cœur de l’île Lamèque?

«C’est plutôt technique, avoue-t-il. Il fallait que je prenne un village de la Péninsule acadienne et je voulais un lieu assez petit pour que ça fonctionne mieux avec mon projet.»

L’œuvre, de 3,5 pieds de hauteur par 34 pieds de longueur, sera exposée du 17 janvier au 10 mars à la galerie Bernard-Jean, un centre d’artistes autogéré, situé au Centre Culturel de Caraquet.

On peut y voir des villageois, des bâtiments, le boucher, des enfants qui s’amusent à la patinoire, plusieurs éléments agencés qui forment un tout et racontent dans une grande fresque le quotidien des 950 habitants de cette localité typiquement acadienne.

À droite, dans la photo, un homme vêtu de noir, contemple l’horizon. La photographe venait tout bonnement de le croiser, dans la rue.

«J’ai jasé un peu avec lui, peut-être un petit 15 minutes. Il était bien gentil. J’ai vraiment voulu mettre les citoyens au cœur de l’œuvre. Je voulais que les gens se reconnaissent, mais dans un environnement transformé. Le but était avant tout de partir d’une documentation réelle du village et d’en faire quelque chose de surréaliste.»

Sa partie préférée de la photo est le centre. On y voit une statue de Jésus avec, en avant-plan, une patinoire où plusieurs enfants et adultes jouent au hockey.

«J’aime comment l’image a été montée. Ceux qui viendront voir l’image vont peut-être reconnaître quelqu’un!», lance-t-il.