Zachary Rioux: le coffre est ouvert!

Chantal Dionne, Luc A. Charette, Suzie LeBlanc, Sébastien Bérubé, Christianne Bélanger… Il semble y avoir quelque chose dans l’eau de l’Acadie des terres et forêts pour y voir autant de talent. À moins que ce soit un ingrédient secret dans les ployes? Qui sait… En tout cas, il existe bel et bien plusieurs perles artistiques ayant le Madawaska pour origine et la dernière est sans conteste Zachary Rioux.

Excellent basketteur – il fut sacré champion avec son équipe au Championnats provinciaux de basketball juvénile en 2014 -, bon joueur de soccer aussi, adepte du kayak, ce jeune adulte natif de Grand-Sault a excellé dans le sport durant son adolescence.

Mais là n’est pas l’objet de notre article. Ou disons, pas tout à fait. Car Zachary Rioux pratique un autre «sport» avec lequel il commence joliment à briller: celui du chant classique.

«C’est vrai que j’ai fait beaucoup de sport quand j’étais jeune, mais j’ai commencé à chanter à l’âge de 7 ans. J’ai fait les deux pendant longtemps, mais le chant a fini par prendre toute la place», mentionne Zachary Rioux au cours d’un entretien téléphonique avec l’Acadie Nouvelle.

Au départ, le jeune homme qui aura 22 ans le mois prochain se destinait davantage vers le chant populaire. Il grattait d’ailleurs aussi la guitare un temps, un peu comme ses proches.

«Toute ma famille est musicienne, mais elle joue surtout du rock», précise-t-il.

D’où lui vient donc sa passion pour la musique classique? Un peu par hasard, lorsque ses parents l’ont mis en contact avec Léola Dionne, professeure de chant et mère de la soprano Chantal Dionne. L’argument pour le convaincre d’essayer: si tu sais chanter de l’opéra, tu seras capable de chanter n’importe quoi.

«Et j’ai tout de suite aimé ça! Quand ma voix a commencé à changer, je me suis à songer à devenir chanteur professionnel. Un peu plus tard, j’ai eu la chance de suivre une classe de maître avec Chantal Dionne et c’est vraiment elle qui a allumé la bougie pour que je poursuive en chant classique», révèle Zachary Rioux, ajoutant que le camp musical d’été à Orford au Québec a également été déterminant pour la suite des choses.

«J’avais 16 ans au moment où j’y suis allé et j’étais le petit bébé de la gang! J’étais entouré de chanteurs et de musiciens qui étudiaient à l’université et pourtant, j’ai reçu d’excellents commentaires des formateurs. C’est vraiment là que j’ai su que je voulais faire ça.»

Des débuts époustouflants à la Glenn Gould

Peu avant sa graduation du secondaire en 2015, Zachary Rioux a su qu’il était accepté à la prestigieuse Glenn Gould School de Toronto, où il poursuit depuis son baccalauréat en musique.

«Toronto, c’est un peu l’Europe du Canada pour la musique classique. Il y a des écoles prestigieuses comme la Glenn Gould, mais aussi plusieurs compagnies d’opéra qui embauchent des artistes comme moi en début de carrière. C’est vraiment intéressant pour moi», affirme Zachary Rioux.

Depuis ses premiers pas universitaires, celui qui était entré à Glenn Gould comme baryton et qui en ressortira ténor lyrique – «ma voix a beaucoup changé particulièrement depuis l’an dernier», indique-t-il au passage – creuse son chemin dans le vaste répertoire chanté, accumulant des prestations scéniques et des récitals en interprétant notamment Schubert, Massenet, Mozart, Haendel, Bach. Il reprendra d’ailleurs le mois prochain, à la Glenn Gould School, le rôle de Tamino dans La flûte enchantée – qui lui avait valu l’épithète d’«époustouflant» par Ludwig Van Toronto en juillet à la suite de sa prestation au Brott Festival de Hamilton.

Zachary Rioux colle également sa voix à quelques compositeurs contemporains, comme l’Américain David Conte – son interprétation du cycle mélodique American Death Ballads de ce dernier et que l’on peut entendre sur sa chaîne YouTube est d’ailleurs renversante.

«J’ai rencontré David Conte lors d’une formation d’été à Los Angeles (au SongFest, en 2017; NDLR), où j’ai interprété deux de ses mélodies. Nous nous envoyons régulièrement des courriels depuis et il m’a envoyé plusieurs autres compositions. J’ai adoré mon expérience avec lui et j’aimerais beaucoup collaborer avec d’autres compositeurs vivants comme lui dans le futur», souligne Zachary Rioux.

Autre signe qu’il commence à faire tourner les têtes, celui de sa participation au concert The New Signing Stars le 5 novembre dernier et radio-télédiffusé en direct sur les ondes de The New Classical FM. Au cours de la prestation dont la vidéo est toujours disponible sur le site de la station, le jeune ténor a interprété Salut! demeure chaste et pure de l’opéra Faust de Gounod. Encore là, une performance à couper le souffle.

«Je ne force rien; je laisse les choses aller pour le moment. Je sais que ma voix peut encore se développer et c’est pour ça que je prends soin de chanter ce qui me convient. J’ai fait un peu de Verdi, mais je ne me sens pas encore prêt à interpréter du Puccini, car je ne veux pas forcer ma voix pour ensuite être obligé de prendre ma retraite trop tôt dans ma carrière», confie le discipliné ténor qui n’a résolument pas fini de surprendre.