S’engager dans une mission humanitaire en Haïti à 14 ans

C’est loin d’être l’hôtel cinq étoiles ou encore le forfait tout inclus qui attend les jeunes en Haïti. Dix-huit élèves de la 9e année de l’École Mathieu-Martin prendront part à une mission humanitaire avec le photographe Maurice Henri afin d’aider une petite collectivité près de Port-Salut à se remettre de l’ouragan Matthew qui a frappé durement la région.

Maurice Henri a entrepris la construction d’une école maternelle et aide les enfants d’un orphelinat dans la région de Port-Salut. Ces 150 jeunes ont perdu leurs parents à la suite de l’ouragan Matthew. Quand Maurice Henri a appris qu’un groupe de jeunes de Mathieu-Martin voulaient l’accompagner à Haïti pour cette mission humanitaire, il a été renversé. C’est arrivé à la suite d’une présentation du projet Caméra pour guérir qu’il a faite à l’école, à l’invitation de l’enseignant Alexandre Mallet.

«Quand j’ai fait ma présentation, environ une semaine plus tard, les jeunes (qui étaient alors en 8e année) sont allés voir leur enseignant pour lui dire qu’il voulait venir avec moi en Haïti», a raconté Maurice Henri.

«Ils ont 14 ans. C’est immense et c’est loin d’être des vacances. Je leur ai demandé comment ils pouvaient contribuer au projet. Ils ont proposé d’aménager un jardin communautaire à l’orphelinat afin d’aider les jeunes à se nourrir.»

Spécialisé dans la photographie humanitaire, Maurice Henri a mené des projets Caméra pour guérir en Afrique, en Colombie, à Haïti et localement. Son objectif est de susciter le dialogue sur des sujets parfois difficiles et émotifs à travers les images et favoriser l’expression artistique. Il contribue aussi à la construction d’écoles et à l’éducation des enfants.

Avec ce projet, il veut aider les jeunes orphelins de la région de Port-Salut à se refaire une vie. Il a entrepris la construction d’une école maternelle. Ces jeunes Haïtiens ont traversé beaucoup de difficultés et ils font face à des défis immenses, rappelle le photographe. Les 18 jeunes de Mathieu-Martin seront jumelés à 18 jeunes de l’orphelinat afin de réaliser un projet photographique.

«Je suis impressionné par ces jeunes de Mathieu-Martin. Je leur ai même dit en les voyant agir que je n’avais pas peur de vieillir parce que c’est eux qui vont prendre la relève. Je pense qu’on est entre bonnes mains.»

Depuis près d’une année, les participants de la mission Jeunesse-Acadie-Haïti ont organisé plusieurs activités de financement afin de concrétiser leur projet. Les 16 parents et adultes de la communauté qui les accompagneront dans ce voyage n’ont pas chômé non plus.

«Je pense qu’il n’y a pas une journée qu’on ne pense pas à Haïti depuis un an. Nos faits et gestes sont en fonction de ce voyage», a confié Josée Turgeon-Roy qui sera du voyage avec sa fille Stéphanie Roy.

La jeune fille âgée de 14 ans raconte qu’elle et son groupe sont tombés en amour avec le projet de Maurice Henri.

«Depuis un très jeune âge, j’aime aider les gens autour de moi et faire une différence positive. Et j’adore voyager aussi. Le fait d’avoir ces deux choses-là dans un projet est vraiment incroyable», a-t-elle partagé.

Consciente que ce ne sera pas un voyage de tout repos, elle a hâte au 22 juin, date du départ, pour rencontrer les jeunes haïtiens et mieux connaître leur culture. En aménageant un jardin communautaire, elle espère leur laisser un petit quelque chose. D’ici là, ils suivront des leçons de photographie et de créole.

«J’ai plus hâte que j’aie peur. Avec ce voyage, j’espère faire de nouvelles connaissances, mais aussi avoir un impact positif dans la vie de ces gens-là. C’est sûr que je ne peux pas arriver là et tout changer, mais au moins apporter mon petit grain de sel. C’est ça qui va me faire plaisir», a commenté Stéphanie Roy.

Maurice Henri précise qu’il est appuyé de toute une équipe qui a mis en place un processus de sélection à la fois pour les élèves et les adultes.

«Pour ma part, il n’était pas question que ma fille aille en Haïti seule. Il y a des parents dans le groupe, que je trouve très courageux, qui laissent leur enfant partir et j’admire ça énormément. Elle a 14 ans, c’est beau, on est excité, mais c’est vraiment une autre réalité. Si elle avait été choisie, mais que je n’avais pas été choisie, je ne suis pas certaine que je l’aurais laissé aller. Le hasard a fait que j’ai été choisie pour participer moi aussi», a exprimé Josée Turgeon-Roy qui a déjà fait un voyage humanitaire en Afrique.

Le fondateur de Caméra pour guérir et son équipe ont mis sur pied une campagne de sociofinancement sur Go-Fund Me afin de recueillir des fonds, notamment pour l’achat des caméras – nécessitant une somme d’environ 7000$.

«J’espère que ça va être une expérience qu’ils n’oublieront jamais. Ils sont déjà très sensibles et ils vont voir qu’il y a des gens sur la même planète que nous qui souffrent et qui ont beaucoup moins. Ça donne les larmes aux yeux», a ajouté Maurice Henri.

Le photographe et fondateur de Caméra pour guérir, Maurice Henri, parle de ses projets humanitaires avec passion. – Acadie Nouvelle: Sylvie Mousseau

Il est convaincu que les jeunes Acadiens et Haïtiens deviendront des amis à vie. De retour à Dieppe, les participants seront appelés à offrir des présentations publiques pour parler de leur expérience et présenter leurs photos.