L’Acadie pleure le décès de Mario Chenart

Le décès de l’auteur-compositeur-interprète et formateur Mario Chenart a semé la consternation au sein de la colonie artistique acadienne.

L’artiste québécois est décédé samedi, emporté par un virulent cancer à l’âge de 57 ans.

Même s’il habitait à plusieurs centaines de kilomètres du Nouveau-Brunswick, Mario Chenart aura laissé une grande marque dans l’industrie musicale d’ici.

Sa participation durant de nombreuses années au Gala de la chanson de Caraquet en tant que formateur et directeur artistique et à divers événements musicaux a largement contribué aux carrières et au savoir-faire de bon nombre d’artistes acadiens qui pleurent désormais son départ.

«Y’a tellement de gens d’ici qui ont eu la chance de travailler avec lui… C’était tout un pédagogue, quelqu’un qui était capable d’aller puiser le meilleur de tout le monde», a affirmé la chanteuse Amélie Hall, qui garde un doux souvenir de celui qui l’aura aidée à entamer sa carrière d’artiste.

«C’est la personne avec laquelle j’ai appris le plus de choses. Je vais toujours garder en mémoire la fois où il avait dit qu’il ne fallait pas écrire juste pour plaire, qu’il valait mieux rester authentique.»

La nouvelle du décès de Mario Chenart a assombri la présentation de Rideau, le plus grand congrès francophone des arts de la scène en Amérique qui se déroule actuellement à Québec.

«On est tous sous le choc, malgré qu’on savait que ça s’en venait…», a déclaré Geneviève Lanteigne, la directrice du Festival acadien de Caraquet, qui se trouve dans la vieille capitale.

Comme bon nombre de personnes, c’est par le biais des médias sociaux que la chanteuse Annie Blanchard a appris le décès de celui qui a été son premier formateur en 2004, lors de sa participation au Gala de la chanson de Caraquet.

«Il m’a évidemment marquée. J’avais senti avec lui à ce moment que je venais artistiquement de monter de plusieurs coches», raconte-t-elle.

«C’était quelqu’un droit qui avait toujours le mot juste. Je me souviens tellement, il m’avait fait pleurer en atelier à Caraquet parce qu’il allait chercher les émotions des gens», ajoute l’artiste originaire de Maisonnette.

Les hommages à l’endroit de Mario Chenart et les messages de condoléances se sont d’ailleurs multipliés durant la fin de semaine sur les réseaux sociaux tels que Facebook.

«Mario Chenart m’a téléphoné pour me dire adieu, m’annonçant qu’il lui restait quelques mois ou peut-être quelques semaines à vivre, que le cancer qui le rongeait était incurable. Il pleurait au téléphone, moi j’étais en choc. Toute l’industrie de la musique francophone du pays pleure sa mort aujourd’hui», a affirmé l’influente agente artistique acadienne Carol Doucet dans un émouvant message publié dimanche.

Né à Lévis en 1961, Mario Chenart a poussé ses premières notes de musique à l’âge de 7 ans avant de s’éprendre de la guitare une fois adolescent.

Il a récolté maintes récompenses au cours de sa longue carrière, dont le Prix de la Francophonie canadienne pour sa contribution aux communautés francophones, un Félix de l’auteur-compositeur de l’année de l’ADISQ, le Prix Québec/Wallonie-Bruxelles de la chanson en plus d’avoir été lauréat du prix de l’auteur-compositeur-interprète du Festival international de la chanson de Granby.

Son grand savoir, sa maîtrise des mots et des notes musicales lui ont permis de multiplier les présences à des événements comme le Festival international de la chanson de Granby, le Festival en chanson de Petite Vallée, le Gala de la chanson de Caraquet et le Tremplin de Dégelis.

«C’était un excellent formateur, quelqu’un qui a grandement contribué à l’épanouissement de carrières artistiques et à celle du Gala de la chanson de Caraquet», a affirmé Joey Robin-Haché, le coordonnateur du gala qui célébrait l’été dernier ses 50 années d’existence.

Outre Annie Blanchard et Amélie Hall, sa longue liste d’élèves comprend notamment Jean-François Breau, Lisa LeBlanc, Pascal Lejeune, Wilfred LeBouthillier et Jason Guérette.