La Belle et la Bête: la première approche à grands pas

À quelques jours de la première de la comédie musicale Beauty and the Beast, beaucoup de fébrilité règne dans les coulisses du Théâtre Capitol à Moncton. Les interprètes et les artisans apportent les touches finales à cette production d’envergure qui prendra son envol samedi.

Si l’on se fie aux répétitions, le spectacle risque fort d’être éblouissant, tant par l’originalité des costumes, la beauté des projections et la musique que par l’interprétation de cette célèbre histoire d’amour qui a traversé le temps. Avec un budget de plus de 250 000$, cette production a fait appel à 100 interprètes et artisans, précise le metteur en scène Marshall Button. Ceux-ci travaillent à la création des costumes, des accessoires, des décors, des éclairages, des vidéos et des effets visuels et pyrotechniques. Sur la scène, 43 chanteurs, comédiens et danseurs, accompagnés de 15 musiciens dirigés par Antonio Delgado, incarneront ce conte classique. Derrière la scène, il y a une quinzaine de techniciens qui s’assurent que tout se déroule bien pendant le spectacle.

«Chaque année, on ajoute des éléments. Par exemple cette année, on a ajouté des éléments pyrotechniques, comme des feux d’artifice et de la brume», a affirmé Marshall Button.

Les répétitions qui ont débuté, il y a un peu plus de deux semaines, vont bon train, assure-t-il. Le Théâtre Capitol en est à sa quatrième comédie musicale.

«C’était notre meilleure session de répétition parce que c’est une distribution de rêve. Lorsque tous les comédiens qui jouent les rôles principaux sont arrivés, ils connaissaient tous les chansons par coeur», a-t-il poursuivi.

Pour créer le spectacle, Marshall Button s’est inspiré, entre autres, du film français La Belle et la Bête de Jean Cocteau (1946), considéré comme un chef-d’oeuvre.

«J’ai fait la recherche et j’ai regardé ce film-là qui est en noir et blanc. C’est beaucoup plus étrange comme ambiance et j’en ai été inspiré. Quand vous verrez le spectacle, vous verrez des choses inspirées de ce film. Il y a des éléments un peu flyés. Au niveau sonore, c’est la musique du film de Disney et la musique de la comédie musicale de Broadway qui ont été adoptés. Nous avons adapté surtout le début du spectacle, c’est-à-dire la manière qu’on raconte l’histoire. On embarque vraiment dans un livre.»

Comme plusieurs personnages sont transformés en objets animés, que ce soit un plumeau, une théière, une tasse ou encore un chandelier, cela permet de créer différentes surprises techniques. Dans la peau de Lumière, on retrouve le comédien Matt Raffy qui est de retour à Moncton pour cette production. Originaire de Toulouse en France, Matt Raffy a déménagé avec sa famille à Moncton à l’âge de 12 ans et il a grandi dans cette ville. Par la suite, il a fait des études au Vancouver Film School et au Randolph Academy for the Performing Arts à Toronto. Depuis, il reste dans la Ville Reine où il fait carrière dans le monde des arts de la scène depuis environ huit ans. Il a joué pour plusieurs théâtres à travers le pays, mais c’est la première fois qu’il se produit dans un spectacle à Moncton. Très énergique, le personnage de Lumière est l’ami de la Bête et il contribue à mettre en place cette histoire d’amour avec l’aide de tous ses amis du château.

«C’est la première fois que je joue au Capitol et c’est un plaisir de travailler avec Marshall Button. C’est un metteur en scène agréable, il respecte tout le monde et il a belle vision pour ce spectacle. J’ai hâte que tous mes amis et ma famille viennent voir le spectacle, même si je suis un peu nerveux parce qu’ils viennent me voir après toutes ces années», a-t-il exprimé.

«C’est un spectacle vraiment spécial pour moi parce que c’est mon histoire favorite de Disney parce que c’est tellement une belle histoire à propos d’accepter les gens pour qui ils sont et de ne pas juger le livre par la couverture.»

Un bel engouement

Pour les interprètes Josée Boudreau et Mélanie LeBlanc, les comédies musicales du Capitol sont devenues une tradition annuelle. Josée Boudreau en est à sa troisième production à Moncton, tandis que Mélanie LeBlanc en est à sa quatrième. La comédienne-chanteuse de Dieppe a incarné Mary Poppins en 2018. Cette fois, elle joue le rôle de Babette, un plumeau.

«Entre Mary Poppins et Babette il y a quand même un grand écart et le travail du personnage est très différent et c’est un défi que j’aime beaucoup.»

Les costumes transforment leur façon de jouer. Dans sa robe fuseau ornée de plumes, elle doit composer avec cette nouvelle réalité. Même constat pour Josée Boudreau qui incarne Mrs Potts dans un costume imposant, apportant ainsi une belle magie au personnage.

«On a appris beaucoup de choses à travers les années. Les répétitions ont été beaucoup mieux et on se sent encore plus prêt pour la première samedi», affirme Josée Boudreau.

Marshall Button précise que bien que la production soit présentée en anglais, il y aura quelques petites touches françaises. En 2020, il songe à créer Les Misérables dans un spectacle bilingue.

L’engouement pour La Belle et la Bête est tel que les producteurs ont ajouté des supplémentaires. Les ventes de billets dépassent déjà celles de Mary Poppins en 2018. Onze représentations sont prévues du 23 février au 3 mars.