Sandra Le Couteur: une (anti)diva en Égypte

Avec une humilité teintée d’humour, Sandra Le Couteur estime de son propre aveu qu’elle n’est pas «aussi belle» que Cléopâtre – du moins, celle que l’Histoire et la mythologie ont retenue. Qu’à cela ne tienne, la chanteuse acadienne entend profiter pleinement de son prochain voyage en Égypte, pays dans lequel elle a été invitée grâce à un mélange de hasard et d’alignement d’étoiles, pour faire entendre sa voix et déballer une partie de son trésor musical de plus en plus pharaonique.

Sandra Le Couteur figure au rang des artistes provenant des quatre coins du monde qui se produiront au Festival des Festivals ainsi qu’au Festival égyptien scolaire de Théâtre international francophone, qui auront lieu simultanément du 3 au 8 mars au Lycée international Balzac au Caire. Outre notre compatriote, le menu de ces deux événements comprendra des artistes de la France – pays partenaire de ces festivals dans le cadre de l’Année culturelle France-Égypte 2019 –, de la Russie, de l’Espagne, de la Lituanie, du Maroc et de l’Égypte. Sandra Le Couteur s’envolera vers le pays des Pharaons dans exactement une semaine.

«Je suis tellement chanceuse de pouvoir vivre cette expérience-là! Je suis jalouse de moi-même!», exprime dans un léger fou-rire celle qui n’a de diva que le geste large et le scintillement de ses tenues sur scène.

Retour en-arrière. Il y a un an, Sandra Le Couteur était la présidente d’honneur du 20e Festival de théâtre communautaire en Acadie (FTCA) qui se tenait à Shippagan. Invitée à chanter et à marrainer les participants, l’artiste y est allée d’une prestation a capella d’une chanson de circonstance, Shippagan, de feu Michel Conte. Dans la salle et parmi les juges du FTCA, Mona Magdalany, une Égyptienne d’Alexandrie et co-présidente du Festival égyptien scolaire de Théâtre international francophone. Un plus un font deux.

«Elle a remarqué ma performance et elle a beaucoup aimé ça! Nous nous sommes parlées après ma prestation et c’est là qu’elle m’a invitée à aller en Égypte cette année», précise Sandra Le Couteur.

En plus de monter sur scène au Caire et à Alexandrie, l’interprète acadienne, qui est aussi comédienne et poète à ses heures, donnera un atelier de voix pendant le festival de théâtre franco-égyptien.

«J’ai aussi des visites prévues dans le Vieux-Caire et sur le site des pyramides son et lumières en soirée. Je vais en profiter pour enregistrer des capsules vidéos un peu dans la même veine que celles que Laurie LeBlanc veut faire et dont il a parlé dans le journal (de mercredi). J’ai l’intention d’en profiter à fond, mais aussi d’en faire profiter un peu les gens d’ici.»

De l’Égypte à la France

Sitôt revenue d’Égypte, Sandra Le Couteur ne pourra pas vraiment se donner le loisir de trop défaire ses valises. La native de Miscou demeurant aujourd’hui à Pointe-Alexandre, près de Lamèque, aura quelques semaines de repos chez elle avant de repartir à nouveau, cette fois-ci direction la France, pour une tournée du 17 au 29 avril. La demoiselle du traversier visitera notamment Astaffort – la patrie de Francis Cabrel –, la ville médiévale de Carcassone et Paris au cours de son périple.

Entre-temps, elle finalisera son répertoire pour son prochain album afin d’entrer en studio début avril ou début juin.

«Je ne manque pas de travail, ça, c’est certain! Je planche aussi sur la prochaine programmation de Voir Miscou et mourir, qui sera annoncée dans les prochains mois. C’est fou tout ce que j’ai réussi à faire en 22 ans de carrière! Je suis vraiment contente de la tournure que ç’a pris et j’ai encore de beaux projets à venir dans la prochaine année, en plus de mon nouvel album que j’espère pouvoir être en mesure de lancer avant la fin de l’été», souligne Sandra Le Couteur en se remémorant le tout premier spectacle qui allait lancer son aventure musicale, en 1997.

C’était à Caraquet avec le regretté Mario Chenart, disparu samedi à l’âge de 57 ans.

«Je suis profondément attristée de son décès et je garde un précieux souvenir de ce spectacle avec lui. Je n’aurais pas pu espérer être mieux accompagnée pour démarrer officiellement ma carrière», confie Sandra Le Couteur, un brin nostalgique.