La Belle et la Bête acclamée par le public de Moncton

Véritable plaisir pour les yeux, la comédie musicale Beauty and the Beast a ébloui la foule au Théâtre Capitol à Moncton lors de la première, samedi soir, saluée par une vibrante ovation.

Présenté à guichets fermés devant plus de 800 spectateurs, ce conte classique musical en deux actes a mis en vedette des interprètes de talents, certains étant du Nouveau-Brunswick et d’autres venus d’ailleurs au pays. Le metteur en scène Marshall Button a su incorporer une belle touche de magie et d’ingéniosité dans cette production d’envergure qui a fait appel à 100 artistes et artisans. Un total de 43 chanteurs, comédiens et danseurs, accompagnés de 15 musiciens de l’ensemble Tutta Musica dirigé par Antonio Delgado, a donné vie à cette histoire d’amour et d’humanité qui témoigne de l’importance d’aller au-delà des apparences.

Avec la Belle et la Bête, on traverse une gamme d’émotions; de l’humour à la tendresse. On rit, on est ému et on sourit. Des costumes extraordinaires, de belles chorégraphies bien exécutées et un environnement visuel enchanteur composent cette production.

«Éblouissant! C’était magnifique. Toute la scène était belle comme dans le film. Les chansons m’ont transportée», a exprimé une jeune spectatrice Lilianne Gagné.

Certains spectateurs ont fait le voyage du Nord de la province ou même d’Halifax pour voir cette production. Le professionnalisme, la qualité du chant et de la musique les ont séduits. Il faut dire que dans ce spectacle, on découvre des voix remarquables comme celle d’Emma Rudy, qui incarne Belle, ou encore la puissante voix de Curtis Sullivan (Gaston) et la sublime Josée Boudreau dans la peau de Mrs Potts.

«J’ai trouvé ça extraordinaire(…). J’ai trouvé ça aussi bon que les autres comédies musicales. C’est une œuvre complète. Au niveau musical, c’est un peu moins sophistiqué que d’autres comédies musicales, mais il y avait des belles mélodies et le rendement était excellent», a commenté Martin Waltz qui a vu toutes les comédies musicales produites au Théâtre Capitol.

Des moments forts

Marshall Button a choisi comme entrée en matière de faire un clin d’oeil au monde moderne. Au début du spectacle, des jeunes apparaissent sur la scène avec leur cellulaire, puis une petite fille leur demande de leur raconter l’histoire de la Belle et la Bête. C’est ainsi qu’on entre dans le récit.

Impossible de rester insensible à ce conte qui a traversé les époques. Belle, une jeune femme un peu marginale dans son village, vit auprès de son père Maurice (Blair Lawrence), un inventeur excentrique. Passionnée des livres, elle rêve d’explorer le monde. Afin de sauver son père enfermé dans le château ensorcelé de la Bête (Callum Lurie), elle se retrouve à son tour prisonnière. Au fil du temps, elle découvrira chez la Bête un être plein de tendresse malgré son apparence rebutante. Pendant ce temps, le fanfaron et exubérant, Gaston, est prêt à tout pour épouser Belle. Au château, les serviteurs transformés en objets tenteront de donner un petit coup de pouce pour rapprocher le prince et Belle afin que le mauvais sort dont ils sont victimes soit brisé. Parmi les personnages des objets-serviteurs, on retrouve, entre autres, l’excentrique Babette, un plumeau, joué avec beaucoup d’entrain par Mélanie LeBlanc. Matt Raffy qui incarne Lumière avec une énergie éclatante a littéralement charmé la foule. L’acteur de Moncton, établi maintenant à Toronto, a livré une prestation phénoménale.

Les numéros d’ensemble qui allient chant, jeu et danse comme Be Our Guest, Gaston et la transformation finale figurent certainement parmi les moments forts du spectacle. Les acteurs sont très convaincants dans leur jeu et on se laisse facilement transporter dans l’histoire qui, bien que présentée en anglais, est saupoudrée de quelques touches françaises. L’environnement visuel composé des œuvres évocatrices d’Alisa Arsenault et des projections vidéos de Kevin McIntyre permet de voyager d’un endroit à l’autre sans briser le rythme du récit. C’est beau et très efficace. La scénographie est signée Marc Lamontagne. Quant aux effets pyrotechniques, c’était un peu moins réussi.

La première du spectacle s’est bien déroulée à part quelques petits problèmes de microphone au début de la représentation. À l’issue du spectacle, la foule s’est levée avec enthousiasme pour acclamer toute la troupe. La comédie musicale Beauty and the Beast est présentée jusqu’au 3 mars.