Gabriel Robichaud reçoit le Prix Champlain avec émotion

En acceptant le Prix Champlain pour son recueil Acadie Road, le poète Gabriel Robichaud estime qu’il s’agit d’une reconnaissance qui met en valeur non seulement son travail, mais son Acadie natale qu’il s’obstine à défendre partout où il va.

Une centaine d’amis, de parents, d’artistes et de représentants du gouvernement se sont déplacés au Centre culturel Aberdeen à Moncton, vendredi, pour assister à la remise du Prix Champlain qui a couronné l’oeuvre de Gabriel Robichaud. Portant fièrement son brassard aux couleurs de l’Acadie, l’auteur et homme de théâtre de Moncton qui a grandi à Dieppe, était visiblement ému. Gabriel Robichaud a rappelé que son recueil est en quelque sorte une réponse à la fameuse question sur ses origines qu’on lui a posée maintes fois. À force de se faire poser la question, il s’est mis à réfléchir sur son identité acadienne.

«Acadie Road se veut une réponse en évolution sur l’identité acadienne, à la fois contradictoire, attachante, belle, laide, imparfaite, forte (…) et surtout porteuse de création», a-t-il déclaré.

Le lauréat du Prix Champlain a été dévoilé le 30 janvier dernier, soit le même jour où le gouvernement provincial a annoncé l’annulation des Jeux de la Francophonie au Nouveau-Brunswick. Profondément déçu de la décision du gouvernement, le médaillé d’argent en littérature et le porte-drapeau aux derniers Jeux à Abidjan avait alors confié que cette triste nouvelle venait jeter une ombre sur l’annonce de son prix. Un mois plus tard, même si les deux événements demeurent indissociables malgré lui, il a eu envie de célébrer cette reconnaissance qui à son avis rejaillit sur l’ensemble de l’Acadie. Le poète a livré un discours positif et très évocateur, salué par de vibrants applaudissements.

«J’ai dit ce que j’avais à dire sur les Jeux. Oui, les deux sont indissociables, mais je ne voyais pas nécessairement l’utilité de faire quelque chose de négatif pour un prix qui est positif», a-t-il souligné en entrevue.

Récompense prestigieuse dans le paysage littéraire franco-canadien, le Prix Champlain couronne pour une troisième année consécutive un auteur de l’Acadie. Marie Cadieux et Georgette LeBlanc ont toutes les deux reçu ce prix respectivement en 2018 et 2017. Cette année, 74 œuvres de l’ensemble de la Francophonie canadienne ont été présentées au jury.

«Décidément, il y a d’excellents auteurs en Acadie, c’est clair», a affirmé le directeur général du Regroupement des éditeurs franco-canadiens (RÉFC), Frédéric Brisson.

En plus d’apporter une belle reconnaissance à l’auteur et à son œuvre, ce prix est assorti d’une bourse de 3000 $ et d’une résidence d’écriture dans le Vieux-Québec. Frédéric Brisson a apprécié particulièrement le recueil de Gabriel Robichaud pour son aspect novateur, son côté expérimental, audacieux, original et créatif.

«Sur le plan personnel, Gabriel est quelqu’un qui est extrêmement attachant, articulé et émouvant que j’ai eu la chance de connaître depuis que je suis au regroupement et que j’apprécie particulièrement.»

Le vice-premier ministre, ministre du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture et responsable de la Francophonie, Robert Gauvin, tenait à être témoin de cette cérémonie afin de reconnaître le travail de Gabriel Robichaud.

«Je suis un Acadien et j’ai le droit d’aller partout», a lancé le ministre sur une note humoristique. Des personnes de son entourage lui ont demandé s’il envisageait toujours d’être présent à la cérémonie, suite à la sortie du poète à l’égard des Jeux de la Francophonie.

«Je comprends, j’ai fait le même travail dans la revue acadienne. Le travail des artistes, c’est toujours un peu d’être des chiens de garde. Mais je ne pouvais pas manquer ça parce que j’ai un attachement particulier avec la famille Robichaud. J’ai travaillé avec Gabriel depuis qu’il est très jeune et j’ai travaillé avec son frère Marc-André au moins six ou sept ans au Pays de la Sagouine, donc pour des raisons personnelles et professionnelles, je ne pouvais pas manquer ça.»

Le ministre a cité en exemple son père Jean Gauvin qui a affirmait que la meilleure façon d’encourager l’Acadie était d’encourager les Acadiens qui ont du succès.