L’énergie explosive des Salebarbes

Qu’ont en commun Jean-François Breau, George Belliveau, Kevin McIntyre, Jonathan et Éloi Painchaud? Ces cinq auteurs-compositeurs-interprètes chevronnés ont formé le groupe Salebarbes qui sort enfin du placard avec le lancement d’un premier album de musique cajun et festive.

Le groupe Salebarbes a mis deux ans à naître, souligne Jean-François Breau. Après avoir donné quelques concerts, surtout aux Îles-de-la-Madeleine, la formation a décidé de lancer un premier disque de spectacle. Une mini tournée au Nouveau-Brunswick et au Québec accompagnera la sortie officielle de l’album. Le quintette a conclu une entente avec la maison de disque L-Abe (Les Hôtesses d’Hilaire, Jonathan Painchaud, Marc Dupré, Betty Bonifassy) pour la mise en marché de ce premier opus. Salebarbes (une chambre ou l’on entreposait la poudre à canon à une certaine époque), a été créé d’abord pour le plaisir de la musique.

«On fait de la musique cajun qui est une musique instinctive, de coeur et de danse», a déclaré Jean-François Breau.

Habitant à Moncton et dans la région de Montréal, chacun des membres a déjà une carrière bien remplie que ce soit comme réalisateur, auteur-compositeur-interprète, vidéo-scénographe ou encore animateur. Jean-François Breau qui se consacre beaucoup à l’animation télé et radio depuis quelques années, confie que ce projet arrive merveilleusement bien dans sa vie.

«On ne cherche pas après des jobs parce qu’on a tous une carrière chacun de notre côté. On cherche plutôt une façon de se détendre et de s’amuser et c’est pour ça qu’on est allé sur le premier instinct de faire de la musique cajun et acadienne», a déclaré l’auteur-compositeur-interprète.

Ces musiciens du début de la quarantaine voient les choses différemment qu’à 20 ans. Pour le chanteur natif de Tracadie, Salebarbes est un projet de coeur et de qualité qui nourrit l’âme.

«Salebarbes et la musique cajun et acadienne me ramènent à la première étincelle originale quand je me retrouvais sur la plage au Nouveau-Brunswick avec mes amis et on harmonisait sur plein de chansons qu’on connaissait. Cette espèce de plaisir qui, à un moment donné, était un peu embrouillé par le côté business de l’affaire fait que lorsqu’un projet comme Salebarbes arrive, t’ouvres les bras et le coeur et tu le laisses entrer.»

Le groupe a pris naissance il y a environ deux ans pendant le tournage de l’émission Prise de son à Radio-Canada. Jean-François Breau en était l’animateur, Éloi Painchaud le directeur musical et Kevin McIntyre le coréalisateur. Après les journées de tournage, les trois musiciens se retrouvaient dans leur chambre d’hôtel à faire de la musique. C’est à ce moment qu’Éloi Painchaud leur a confié qu’il rêvait de jouer de la musique cajun et acadienne. Ils sont donc allés chercher Jonathan Painchaud et George Belliveau.

«Le seul plan de match de départ était de jouer de la musique ensemble.»

Ils reprennent des classiques du répertoire traditionnel cajun, dont Clifton Chénier et Iry Lejeune, qu’ils réarrangent à leur façon en leur insufflant un touche de rock et de blues. C’est assez explosif comme mélange. Violon, ti-fer, planche à laver côtoient la basse, les guitares et la batterie. Même si la plupart des chansons sont portées par les voix de Jean-François Breau et Jonathan Painchaud, tous les membres du groupe chantent en harmonie et ont des solos à un moment ou un autre. Ils ont fait la captation audio d’un spectacle aux Îles-de-la-Madeleine qui a été ensuite mixé par Éloi Painchaud. C’est ce que l’on retrouvera sur l’album qui paraîtra le 26 avril.

Un hommage à la culture cajun

Kevin McIntyre raconte qu’il ont pigé des pièces dans un répertoire qui les allume et qui a des racines acadiennes. L’auteur-compositeur-interprète originaire de Charlo qui est allé plusieurs fois en Louisiane estime que Salebarbes rend hommage à cette culture.

«C’est un beau défi et une belle énergie. J’étais un peu tanné de jouer de la musique «dark», dans la contorsion et la mélancolie. Il y a une joie, une légèreté et un plaisir dans cette musique-là. On veut que les gens viennent nous voir pour avoir du fun, se mettre das sourires dans les visages et faire la fête en français.»

Le quintette a déjà commencé à composer des pièces et pourrait éventuellement aller en studio pour enregistrer un album de chansons originales. Le mois d’avril sera pas mal chargé avec la mini tournée et la sortie de l’album. Le groupe s’arrêtera dans trois villes au Nouveau-Brunswick, soit au Caveau à Moncton, le 18 avril, au Up and Down à Tracadie, le 19 avril et au au resto-bar Le Deck à Edmundston, le 20 avril. Les gens peuvent aussi les suivre à travers leur page Facebook et sur Instagram. Le groupe a de beaux spectacles qui s’en viennent pour l’été et il sera certainement du Congrès mondial acadien.

«Notre objectif est de faire de la musique avec les amis et voir du pays. On s’est dit que ça allait être un super véhicule pour aller rencontrer plein de monde dans plein de festivals», a ajouté Jean-François Breau.