John Winslow fait courir les foules

Quel est le rôle de John Winslow dans la déportation des Acadiens? Quelle a été l’influence de sa famille dans la fondation du Nouveau-Brunswick? Autant de questions qu’aborde l’historien Maurice Basque dans ses conférences sur ce personnage marquant de l’histoire qui sera portée à la scène par le Théâtre l’Escaouette.

À quelques semaines de la première de la pièce Winslow de l’auteur Herménégilde Chiasson, le général britannique semble déjà susciter beaucoup de curiosité. L’historien et conseiller scientifique à l’Institut d’études acadiennes, Maurice Basque, a entrepris une série de conférences grand public sur cet acteur important de la Déportation et divers sujets liés au Grand Dérangement. Ses causeries présentées en marge du projet théâtral attirent un grand nombre de personnes. Sa conférence sur le thème de la déportation des Acadiennes à la Bibliothèque Champlain à l’Université de Moncton a attiré tellement de personnes que certains ont dû se trouver une place à l’extérieur de la salle. Le conférencier s’étonne plus ou moins de cet engouement.

«On pensait qu’on allait dire “encore la Déportation”. Mais malgré ça, les gens veulent en savoir plus parce qu’on s’aperçoit que les gens n’en connaissent pas tant que ça finalement sur la Déportation. On connaît l’expression du Grand Dérangement, on connaît Grand-Pré, Évangéline. Mais beaucoup de gens pensent que Winslow est un des responsables de la Déportation alors que c’est un exécutant. Il a reçu des ordres. Ce n’est pas lui qui a conçu cette opération-là», a soulevé Maurice Basque, qui n’hésite pas à ajouter une touche d’humour à ses présentations.

Il est agréablement surpris par l’intérêt des gens qui veulent en apprendre davantage. Les gens restent après les conférences pour poser des questions, échanger sur le sujet et noter les nouvelles publications sur l’histoire acadienne. L’idée d’organiser ces conférences est venue du théâtre l’Escaouette et de sa directrice artistique Marcia Babineau, qui signe la mise en scène de Winslow. Les conférences ont lieu dans quatre villes: Moncton, Bouctouche, Fredericton et Saint-Jean.

En plus d’avoir abordé le thème des Acadiennes touchées par le Grand Dérangement, Maurice Basque propose de découvrir le parcours d’un deuxième Winslow, soit celui du neveu de John Winslow, Edward, membre de l’aristocratie loyaliste qui a contribué à la fondation du Nouveau-Brunswick. L’historien rappelle que les parcours de certains personnages historiques ne sont pas toujours ceux qu’on pense.

«J’ai essayé de faire les présentations aussi sur mesure dans le sens qu’à Saint-Jean, on va parler un peu de ce qui s’est déroulé dans la région de Saint-Jean au moment du Grand Dérangement. À Fredericton, Edward Winslow était un grand personnage de la création de la province en 1784. Les Winslow comme beaucoup de ces gens-là et la génération qui les a suivis ont vécu la révolution américaine et à leur tour, les loyalistes ont été chassés de leurs terres et ils sont venus au Nouveau-Brunswick.»

C’est la première fois que Maurice Basque présente des conférences dans le cadre d’un projet théâtral.

«Je considère ça comme un privilège d’être associé à cet événement. Enfin je vais avoir un Éloize!», lance-t-il à la blague.

La pièce qui sera présentée à Moncton à compter du 5 avril explore beaucoup le rapport au passé d’une génération d’Acadiens, note Maurice Basque qui a lu le texte d’Herménégilde Chiasson inspiré du Journal de John Winslow à Grand-Pré, de Serge Patrice Thibodeau.

«Il y a toute une discussion où le passé est très présent et ça fait beaucoup jaser.»

Ses prochaines conférences auront lieu au Centre communautaire Sainte-Anne à Fredericton le dimanche 17 mars et au Centre communautaire Samuel-de-Champlain à Saint-Jean le jeudi 21 mars.