L’art de surfer sur une vague de sonorités

Avec des œuvres en première canadiennes et mondiales, d’une grande variété de couleurs sonores, l’Ensemble de percussion de l’Université de Moncton propose un concert annuel enflammé qui voyagera entre la puissance et l’intensité en passant par des moments plus sobres.

Intitulé Incandescence afin de souligner la création d’un œuvre originale du percussionniste et compositeur Jérémie Carrier, de Dieppe, ancien diplômé de l’Université de Moncton, le concert rassemblera 12 musiciens et leur directeur Michel Deschênes. La scène de la Salle Jeanne-de-Valois déborde d’instruments de percussion de toutes sortes, allant du vibraphone au marimba en passant par le gong, les triangles, les timbales, les tambours et même quelques pièces qui relèvent de l’ingéniosité comme des roches, des feuilles de métal et des tambours à frein de voiture.

«J’aime essayer d’apporter la foule dans différents univers musicaux et cette année, ça va être très particulier parce qu’on voyage beaucoup à l’intérieur des pièces qui sont parfois très fortes en émotions et en volume et d’autres fois, très sobres aussi. Il y a une grande vague de sonorités dans le spectacle», a expliqué le professeur et directeur de l’Ensemble de percussion, Michel Deschênes.

Le professeur dirige ainsi son 33e concert de l’Ensemble de percussion. Il raconte que le programme du concert 2019 a été influencé par un voyage qu’il a fait à Indianapolis où il a participé avec quelques-uns de ses étudiants à la Convention internationale de la société des arts percussifs (PASIC). Cette convention a rassemblé au-delà de 5000 participants et des ensembles de percussion d’à peu près toutes les universités américaines qui ont présenté des concerts.

«J’ai assisté à ça et je suis tombé en amour avec certaines pièces qu’on va interpréter samedi soir.»

Avec son ensemble, le directeur offre quelques-uns de ses coups de cœur en première canadienne, dont la pièce Round for Three Muses d’Andrea Clearfield qui s’inspire d’un poème de David Wagoner.

«C’est une pièce qui est très brave et spirituelle. Il y a beaucoup de voyages à l’intérieur de ça et c’est vraiment un monde où on transporte les gens dans un esprit méditatif.»

Cette œuvre mettra en vedette la finissante en musique Nokomi Ouellet qui sera accompagnée de trois autres percussionnistes qui joueront plusieurs instruments. Alliant chant et percussion, la finissante en sera à ses premiers solos avec l’Ensemble de percussion. Celle qui poursuivra ses études en musique à l’Université Laval en septembre prochain se passionne pour les percussions depuis l’enfance, notamment pour les timbales qui est son instrument de prédilection. Elle occupe une grande place dans le concert cette année.

«C’est quelque chose que j’adore, donc je ne suis pas trop anxieuse. C’est vraiment ma passion et le plus de choses que j’ai à faire dans le spectacle, mieux c’est», a-t-elle confié.

Michel Deschênes souligne que la pièce d’Andrea Clearfield est tout indiquée pour Nokomi Ouellet puisqu’elle nécessite une voix. La finissante sera la soliste aussi d’un concerto pour timbales et ensemble de percussion qui regroupera six musiciens.

«C’est vraiment une pièce à haut volume et qui démontre toute la virtuosité de la soliste Nokomi», a mentionné le directeur.

La finissante originaire du Madawaska qui joue de la batterie depuis l’âge de 8 ans est tombée en amour avec les timbales lorsqu’elle jouait avec l’Orchestre philharmonique du Haut-Saint-Jean.

«Ce n’est pas juste frappé sur un tambour puisqu’il y a toute une musicalité qui vient avec la timbale», souligne la jeune percussionniste.

Michel Deschênes souligne que les femmes percussionnistes dans le monde sont souvent des sources d’inspiration et de motivation pour sa classe de percussion, contrairement à la croyance populaire voulant que ce soit surtout des hommes qui jouent des percussions. Le professeur se réjouit également d’interpréter une pièce de l’un de ses anciens étudiants, Jérémie Carrier qui figure au programme du concert.

«Ça fait très chaud au cœur de jouer une pièce de Jérémie parce que Jérémie compose beaucoup et il a même été publié par une maison de publication mondialement. Il commence à se faire une réputation au Québec comme vibraphoniste.»

L’Ensemble de percussion propose aussi la première canadienne de la pièce Escape, un sextuor pour triangles. Le professeur explique que cette œuvre vient en quelque sorte bouleverser les idées préconçues laissant entendre que le triangle soit un instrument superflu. Le menu comprend également la première mondiale d’un mouvement d’une œuvre du compositeur Richard Gibson de Moncton, Trois mouvements pour trois percussionnistes. Selon l’étudiant Jocelyn Blanchette, spécialiste du marimba, le concert de 2019 figure parmi les meilleurs qu’ils ont offert depuis trois ans.

«C’est probablement le meilleur concert avec le plus de variétés.»

Le concert de l’Ensemble de percussion est présenté ce samedi 16 mars à 19h à la Salle de spectacle Jeanne-de-Valois du campus de Moncton.