Christianne Bélanger dans les salons parisiens des années 1920

La mezzo-soprano originaire de Grand-Sault, Christianne Bélanger, revient au Canada afin de jouer dans l’opéra Twenty-Seven dans lequel elle incarne une écrivaine ayant contribué à l’essor des arts à Paris au XXe siècle. Un rôle qui la comble de bonheur.

L’Acadie Nouvelle a joint la mezzo-soprano acadienne à Montréal où elle a entrepris les répétitions de l’opéra Twenty-Seven avec l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal. L’Acadienne personnifie l’écrivaine et mécène américaine d’avant-garde, Gertrude Stein, qui habitait à Paris au début des années 1920. Celle qui vit à Ulm en Allemagne où elle mène une belle carrière est ravie de revenir de temps en temps au pays pour participer à des projets audacieux et contemporains. Cette création récente de 2014, du compositeur Ricky Ian Gordon et du librettiste Royce Vavrek, transportera le public dans l’un des plus célèbres salons parisiens du XXe siècle, celui de Gertrude Stein et de sa conjointe Alice B. Toklas. C’est dans ce salon que s’est écrit l’art du XXe siècle. Des artistes comme Ernest Hemingway, Picasso, Matisse et Fitzgerald ont fréquenté ce lieu mythique dans leur jeunesse, avant même qu’ils soient reconnus «C’était un personnage (Gertrude Stein) très important. J’ai accepté parce que c’est un rôle incroyable à jouer avec beaucoup de facettes. C’est un opéra qui est généreux pour les voix et ça représente aussi tout un travail de détail parce qu’il a tellement de couleurs différentes à faire avec ce personnage. Comme c’est un personnage qui n’est pas fictif et qui n’est pas très loin dans le passé, il y a beaucoup d’information sur elle et de peintures d’elle et c’est très intéressant à jouer pour un artiste», a expliqué la chanteuse.

«En plus de tout ça, elle était écrivaine. On peut lire ses propres mots et même entendre sa voix», a-t-elle poursuivi.

Divisé en plusieurs tableaux, l’opéra porte sur Gertrude Stein, sa relation avec son amoureuse et leur vie parisienne entourée d’artistes. On suit donc leur parcours à différentes périodes de leur vie. La chanteuse mentionne que l’écrivaine et collectionneuse d’œuvres d’art invitait régulièrement des gens à voir sa collection. L’art était au cœur de ces soirées très animées.

«C’est un survol presque biographique en prenant des tableaux de sa vie et aussi en peinture. C’est un opéra qui est aussi visuel dans le sens qu’on utilise l’art. C’était un moment très intéressant dans l’histoire de l’art en général. Elle en faisait partie en tant que mécène et écrivaine.»

La production met en valeur une dizaine de chanteurs qui incarnent des artistes comme Pablo Picasso, Francis Scott Fitzgerald et Henri Matisse. Ils sont accompagnés d’un violoncelliste et d’un pianiste. Christianne Bélanger interprète le rôle de Gertrude Stein en alternance avec la mezzo-soprano Rose Naggar-Tremblay. Afin de recréer l’ambiance de ce salon du 27 rue de Fleurus à Paris, l’opéra est présenté dans l’intimité du Centaur Theatre, situé dans le Vieux-Montréal, qui compte tout au plus 300 places.

«Ça fait une expérience vraiment intime pour le public. Pour les chanteurs, c’est plus facile à projeter (…). C’est un travail intéressant de notre part de savoir que les gens vont être tellement proches. Ça nous force à aller dans le détail subtil tandis que lorsqu’on est dans de grandes salles, il faut faire tout en gros alors que là on peut aller dans la subtilité des mouvements.»

Sur une mise en scène d’Oriol Thomas, l’opéra Twenty-Seven est présenté à Montréal du 23 au 31 mars. Christianne Bélanger qui a plusieurs autres projets à son agenda reviendra au Canada au mois d’août, plus précisément au Nouveau-Brunswick, afin de présenter à nouveau le récital inspiré de l’eau avec le pianiste Carl-Philippe Gionet. Elle jouera également dans l’opéra Eugène Onéguine de Tchaïkovski qui ouvrira la prochaine saison de l’Opéra de Montréal.