Le monde du travail en peinture à la Galerie Assomption

Des silhouettes sans visage vêtues de complets-vestons déambulent dans des environnements urbains et des décors de bureau un peu flous. Avec sa nouvelle exposition présentée à Moncton, l’artiste-peinture Ginette Melanson nous transporte dans l’univers du monde du travail.

Quatrième exposition solo de Ginette Melanson, S’habiller pour réussir rassemble dix tableaux, dont un diptyque et un triptyque, qui explorent l’environnement professionnel. Cette nouvelle collection est exposée dans la petite galerie vitrée à l’entrée de la Place Assomption à Moncton. On y voit des hommes et des femmes d’affaires qui marchent, discutent et s’affairent à leurs occupations quotidiennes. Celle qui s’adonne à la peinture depuis une quinzaine d’années s’est inspirée de l’ambiance de la Place Assomption – là même où les œuvres sont exposées – pour créer cette nouvelle collection. En sachant qu’elle allait offrir une exposition dans cet édifice du centre-ville, Ginette Melanson a eu envie de s’inspirer des gens qui fréquentent l’endroit pour réaliser cette série d’acryliques. Dans sa création, l’artiste puise ses sources d’inspiration dans l’actualité, les villes, la nature et le monde qui l’entoure.

Celle qui peint habituellement des robes de bal élégantes et des smokings propose cette fois des habits plus professionnels. Elle confie que créer cette série a été assez intense.

«Il y avait tellement de silhouettes que j’avais en tête et je ne voulais pas les avoir toutes dans les mêmes positions. J’ai commencé par faire tous les croquis des personnages et après j’ai peint tous les arrières-plans», a-t-elle expliqué en entrevue au milieu de sa collection.

À ses débuts il y a une quinzaine d’années, elle peignait des huiles très réalistes. Après avoir pris une pause de la peinture pendant quelques années, elle a repris ses pinceaux et s’est lancée dans la peinture abstraite et l’acrylique.

«J’ai réalisé qu’en faisant de l’abstrait, je voyais du mouvement, soit des personnages ou des villes qu’on ne pouvait pas nécessairement identifier.»

En utilisant les couteaux à palette au lieu du traditionnel pinceau, elle donne de la texture à ses peintures. L’artiste aime bien cette petite touche d’imperfection et de fluidité dans ses paysages, apportant ainsi une part de mystère aux œuvres.

S’intéressant aux arts depuis sa jeunesse, Ginette Melanson qui a aussi un studio d’esthétique à Dieppe, a participé à plusieurs compétitions d’art en direct dans différentes villes. Dans chaque localité où elle débarque, elle s’inspire de cette ville pour créer ses œuvres.

«Dans les compétitions (art battle), il y a une douzaine d’artistes et nous avons 20 minutes pour faire une œuvre. C’est le public qui choisit le gagnant. C’est intense et nous avons besoin d’avoir un plan. Si je fais, par exemple, une compétition à Saint-Jean, je vais aller voir ce qui s’y passe pour peindre quelque chose de pertinent pour la ville. J’adore peindre devant un public.»

Dans le futur, elle aimerait utiliser de l’huile, des couteaux à palettes et de la cire pour ajouter de la texture à ses toiles. Ginette Melanson a exposé à Moncton et Halifax. Son exposition à la Galerie Assomption est présentée jusqu’à la fin avril.