Abattre les frontières culturelles par les arts

Une nouvelle résidence de création voit le jour afin de créer des ponts entre les artistes acadiens, anglophones et des Premières nations du Nouveau-Brunswick. Nicole Haché qui figure parmi les trois créateurs qui participent à ce projet innovateur part à la découverte des gens qui vivent dans ces communautés d’accueil.

Choisis par un jury, Nicole Haché de Caraquet, Indigo Poirier de Fredericton et Tara Francis d’Elsipogtop travaillent à la création de nouvelles œuvres visuelles et sonores. Elles ont entrepris leur résidence au Parc historique de Metepenagiag à Red Bank, près de Miramichi. Si chaque artiste développe son propre projet artistique avec une approche bien personnelle, il reste que ceux-ci s’entrecroisent. Le travail de l’une influence celui de l’autre. L’objectif de cette résidence de création interculturelle mise sur pied par l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick de concert avec ArtsLink NB et Mawi’art est de briser les frontières entre les communautés culturelles de la province. De plus, le projet encourage les rencontres entre les artistes et le public en ouvrant les studios dans chacune des régions où se déroulera la résidence. Après la première nation Metepenagiag, ce sera au tour de Caraquet et Saint-Jean d’accueillir le trio de créateurs. La résidence qui a pris son envol le 15 mars se poursuit jusqu’au 5 avril. Pendant trois semaines, les artistes se côtoient, échangent afin de mieux se connaître et de partager leur processus de création.

Nicole Haché a choisi de créer de grandes œuvres sur tissus transparents inspirées des personnes qui vivent dans les communautés d’accueil. Elle photographie des gens au hasard de ses rencontres dans le but de les intégrer dans ses peintures.

«Je prends des photos des gens et j’intègre ça à mon projet. C’est assez nouveau pour moi», a indiqué l’artiste au cours d’un entretien téléphonique depuis Metepenagiag.

Pour chacune des communautés, elle crée deux grandes peintures sur tissu. Il y a d’abord les portraits et les silhouettes des gens et dans la seconde, elle reproduit des formes de cellules humaines.

«Les gens sont ouverts à participer au projet parce qu’ils vont faire partie intégrante du projet. Ça crée un sentiment d’appartenance au projet artistique.»

Nicole Haché est fascinée par le travail des deux autres artistes. C’est intéressant comme créateur de côtoyer les démarches d’autres artistes.

«Pour les communautés, vu qu’on a des portes ouvertes, ça devient intéressant pour le public. Comme ici, ça peut être différent parce que c’est peut-être une communauté qui est moins habituée d’accueillir des artistes.»

Tara Francis travaille à une œuvre en trois dimensions avec des écorces de bouleau et des aiguilles de porc épique. Dans sa démarche habituelle, cette artiste qui travaille dans son domaine depuis 2003, intègre de la peinture sur soie et de l’acrylique. Indigo Poirier qui se spécialise en musique électronique sous le nom de Wangled Teb s’intéresse tout particulièrement à l’expérimentation sonore. Elle enregistre des sons sur place pour ensuite les intégrer à sa musique. L’artiste de Fredericton est membre du groupe de rock psychédélique Helium Submarine et du trio d’improvisation électronique Terre Wa.

En plus d’ouvrir leurs studios pour permettre au public de voir leur création, les artistes présenteront des causeries dans chacune des régions. Une causerie se tiendra ce jeudi 21 mars à 17h au Parc historique de Metepenagiag. Par la suite, il se transporte à la Boîte Théâtre à Caraquet. Les portes du studio seront ouvertes le 27 mars de midi à 15h, tandis que la causerie sera présentée le 28 mars à 17h. Pour conclure la tournée, les artistes seront au Saint John Arts Centre et les studios seront ouverts le 3 avril de midi à 15h et la causerie sera offerte le 4 avril à 17h.