Musique NB brasse les choses

Avec les transformations constantes de l’industrie musicale, Musique NB a décidé de brasser les choses en donnant un grand coup de fraîcheur à ses prix annuels qui célèbrent leurs dix ans. En misant sur de nouvelles catégories plus générales, l’association élimine les récompenses par genres musicaux (rock, blues, folk, country, classique…).

D’abord, le nombre de catégories est réduit, passant d’une trentaine à 21 catégories. Le directeur général de Musique NB, Jean Surette, explique que certaines catégories de genre et de l’industrie n’étaient plus pertinentes.

Pour certains prix, il n’était plus possible d’avoir suffisamment de finalistes, ce qui était frustrant pour des artistes qui avaient soumis leur dossier. De plus, gérer un nombre aussi élevé de catégories était difficile pour la petite équipe de Musique NB.

Autre grand changement, les catégories de genre n’existent plus. Ne cherchez pas les prix pour l’enregistrement rock, blues, country ou encore classique, ils sont éliminés. Dorénavant, les albums seront récompensés dans cinq catégories englobant tous les styles comme l’enregistrement de l’année, l’enregistrement solo et de groupe.

La catégorie de l’enregistrement autochtone de l’année est maintenue.

Jean Surette affirme que ces modifications répondent à l’évolution de la musique qui sort de plus en plus des frontières de genre. Le nombre de finalistes pour le prix de l’Enregistrement de l’année et Recording of the year pourra atteindre 10 au lieu de cinq comme par le passé. De plus, ces deux catégories sont ouvertes aux non-membres, dans le but de refléter le plus possible les réalités musicales d’aujourd’hui.

«On a abouti à cette idée parce que de plus en plus les styles se mélangent. C’est rarement juste du folk ou juste du rock. C’était difficile pour les jurys des fois d’évaluer les inscriptions. Si on augmente le nombre de finalistes possibles dans l’enregistrement de l’année en français et en anglais, on est aussi un peu plus proche du style des Prix Polaris où il y a plus de finalistes.»

De nouveaux prix

Sept nouvelles catégories appelées Joueur le Plus Utile (JPU) voient le jour. Des prix seront ainsi remis au champion de l’année, à l’innovateur ou encore au vaillant de l’année.

Ces catégories sont ouvertes aux artistes, aux professionnels et aux organismes. De plus, on récompensera aussi la révélation de l’année, l’identité visuelle, l’artiste de scène et de rotation.

Jean Surette reconnaît que c’est assez innovateur comme concept. Il admet que certaines catégories sont assez larges et que parfois le jury aura peut-être de la difficulté à évaluer le travail d’un artiste par rapport à celui d’un groupe.

«Pour la première année, le gros du travail sera d’expliquer le plus clairement possible ce que chaque catégorie représente. Nous allons être très actifs sur les médias sociaux. On aura même des sessions d’information. Nous voulions nous éloigner de ce qui se fait partout, pas seulement pour être différent, mais pour célébrer ce qui se passe vraiment à l’extérieur de juste un style.»

Le nombre de prix pour l’industrie a diminué à trois catégories. Trois prix spéciaux seront également décernés, dont le choix du public. Les nouvelles catégories sont instaurées dès cette année.

Les formulaires d’inscription ont été simplifiés et, de plus, les candidats pourront soumettre leur dossier par vidéo.

Accueil mitigé

L’agente d’artiste, Carole Chouinard, accueille ces changements de façon mitigée. Si elle se réjouit de voir que certaines catégories sont ouvertes aux non-membres et que l’inscription sera facilitée, elle aurait souhaité que les catégories de genres musicaux demeurent.

«C’est différent, il va falloir s’habituer, mais j’aimais beaucoup les catégories de genre quand même. Ça veut dire que tous les artistes avec qui je travaille vont se retrouver dans le même panier. Je trouve que c’est rendu un petit peu trop large pour moi.»

Selon celle-ci, les artistes et leurs albums bénéficieront probablement d’un peu moins de visibilité puisque seulement cinq catégories récompensent directement les enregistrements.

Les autres catégories touchent à divers aspects du métier, comme la vidéo, l’image visuelle, la scène, l’impact dans le milieu et l’innovation, pour ne nommer que ceux-là.

«Je pense que notre but, comme professionnels, est de mettre en valeur le travail de nos artistes. Ça veut dire qu’il y aura un nombre beaucoup plus limité d’artistes qui seront reconnus. C’est sûr que sera difficile de juger un artiste en musique classique avec par exemple, les Hôtesses d’Hilaire. La seule manière qu’ils vont pouvoir être finalistes dans leur style musical sera au ECMA ou dans un marché plus grand comme à l’ADISQ.»

Jean Surette de Musique NB (MNB) mentionne qu’aujourd’hui, les façons de créer, de distribuer et de présenter la musique se diversifient. À son avis, les nouvelles catégories JPU englobent davantage le travail varié des musiciens et des professionnels de l’industrie.

Le prochain Festival 506 aura lieu à Moncton, du 24 au 26 octobre. La soirée de remise des prix qui récompensent les artistes et les artisans de la scène musicale francophone et anglophone de la province se tiendra le 24 octobre à Moncton.

Les candidatures doivent être soumises en ligne et reçues par MNB avant le 30 avril à 16h.