Quand la musique de la Baie Sainte-Marie devient exotique

Fortement inspirés par son grand-père et son coin de pays, P’tit Belliveau et son groupe les Grosses Coques se sont donné comme mission d’ouvrir le monde sur la musique country tout en semant du bonheur. Originaire de la Baie Sainte-Marie, l’auteur-compositeur-interprète définit son style comme du «dreamgrass».

La formation qui fait rocker le bluegrass et le country avec un soupçon d’humour a réussi à se tailler une place dans les demi-finales du 23e concours-vitrine les Francouvertes à Montréal.

Les neuf demi-finalistes se produiront sur la scène du Lion d’Or, les 15, 16 et 17 avril.

Après son spectacle lors de la ronde préliminaire, le groupe s’est hissé à la tête du palmarès. Jonah Richard Guimond alias P’tit Belliveau s’étonne encore de l’accueil du public québécois et des commentaires du jury.

«On savait qu’on allait avoir beaucoup de monde qui ne comprendrait pas l’accent ni à moitié ce qu’on disait. En fait, on nous a dit que c’était une force parce que c’était quasiment exotique pour ce monde-là. Finalement, ç’a joué en notre faveur. C’est ça qui nous a surpris le plus», a raconté le joueur de banjo, chanteur et multi-instrumentiste.

Après avoir démarré son projet solo à la Baie Sainte-Marie, il y a trois ans, Jonah Richard Guimond est maintenant établi à Moncton afin de développer sa carrière de musicien de façon plus large.

Trois des musiciens des Grosses Coques, Guyaume Boulianne, Normand Pothier et Jacques Blinn sont des membres du groupe Cy. Ils se connaissent depuis longtemps.

Si sur ses trois enregistrements, Jonah Richard Guimond joue de tous les instruments, sur la scène, l’énergie est différente puisqu’ils sont cinq musiciens. Il entend redonner au country ses lettres de noblesse.

«On dirait que chez beaucoup de jeunes, c’est cool et en vogue de haïr le country, mais je crois qu’il y a de quoi de vraiment spécial à propos du country, surtout le vieux country. C’est une façon de dire des histoires qui ne sont pas prétentieuses, mais dont les idées sont vraiment profondes et viennent du coeur sans être fancy. Je trouve dommage que les gens se ferment à ce monde, donc j’aimerais faire un style de country qui est sur la ligne entre le country et la pop, qui plaît aux amateurs et à ceux qui aiment moins.»

Un hommage à son grand-père

En choisissant comme nom d’artiste P’tit Belliveau, Jonah Richard Guimond fait un clin d’oeil à son grand-père maternel.

«Il y a beaucoup de personnes qui m’ont dit que j’étais comme mon grand-père. J’ai beaucoup de respect pour lui, c’est mon idole et de plusieurs façons, j’aimerais plus être comme lui. Il y a beaucoup de monde qui nous compare. Lui, c’est le gros Belliveau et moi c’est le petit Belliveau.»

Charpentier de métier, il s’inspire d’abord de la vie de tous les jours quand il écrit ses chansons. Il estime que le fait de travailler dans le domaine de la construction et de mener une vie «normale», parallèlement à la musique, constitue un atout dans son écriture. On peut y déceler quelques similitudes avec l’univers rural de Menoncle Jason.

«J’adore ma job, mais il y a des parties qui sont difficiles et il y a des parties qui sont funny et que, je crois, tout le monde peut comprendre. Il y a aussi des expériences dans ma petite ville natale de la Baie que je peux mettre dans les tounes. Je veux que les gens en écoutant ma musique aient du fun, boivent de la bière, dansent et laissent aller.»

La musique occupe sa vie depuis l’enfance, bien avant de devenir charpentier. Dans presque toutes les maisons de la Baie Sainte-Marie, il y a un piano droit ou une guitare.

«Il y a tellement de pianos à la Baie que si ton piano est désaccordé, tu peux t’en débarrasser parce qu’il y a quelqu’un d’autre qui va t’en donner un gratuit.»

Après avoir oeuvré dans le monde de la musique électronique, il s’est tourné vers les instruments acoustiques avec son projet P’tit Belliveau.
Il a réalisé trois mini disques, dont le plus récent School’s Out et il en prépare un quatrième pour très bientôt.

Lors de sa prestation aux Francouvertes aux demi-finales, le 15 avril, P’tit Belliveau présentera en primeur deux nouvelles chansons.

Pour cette nouvelle étape du concours-vitrine, les gagnants seront déterminés par le public et le jury, afin d’accéder à la finale présentée le 6 mai, au Club Soda.

Simon Daniel a participé également à la ronde préliminaire, mais il n’a pas obtenu de place à la demi-finale.