Jimmy Gallant veut poursuivre sa vie de cowboy

Même après 50 années de carrière musicale, Jimmy Gallant ne semble pas encore prêt à remiser ses bottes et son chapeau de cowboy.

Le septuagénaire natif de Saint-Jean-Baptiste-de-Restigouche prend toujours un grand plaisir à livrer sa musique country à tous ceux qu’il peut croiser à tout hasard sur une scène ou même sur le web.

Si sa musique est restée sensiblement la même au fil des décennies, Jimmy Gallant continue à traverser les époques et les changements technologiques.

Il est de fait l’un des rares artistes country d’ici ayant produit sa musique sur presque tous les supports de diffusion d’enregistrements sonores qui se sont succédé depuis un demi-siècle.

«J’ai vécu toutes les générations d’endisquement, les longs jeux, les 45 tours, les cassettes 4 pistes et 8 pistes, les CD et même le DVD», raconte d’emblée celui qui réside maintenant à Edmundston.

«J’aurais aimé pouvoir également produire un disque 78 tours, mais il faut croire que je ne suis pas assez vieux pour avoir pu réaliser ça durant ma vie.»

La petite résidence de Jimmy Gallant déborde de souvenirs musicaux qu’il a accumulés depuis le début des années 1970, alors que s’amorçait sa carrière musicale.

Sa mémoire est tout autant débordante d’anecdotes savoureuses relatant les bons moments de sa vie de cowboy.

«Des spectacles il y en a eu partout durant ma carrière, des albums un bon nombre à tel point que je ne peux même pas les compter», affirme celui qui a côtoyé les grands noms du country comme Marcel Martel, Bobby Hachey, Paul Daraîche, Marie King, Albert Babin et Patrick Normand.

«Marcel Martel, avec qui j’ai eu l’occasion de me produire en spectacle dans la région de Boston, demeure mon plus beau souvenir musical en carrière», dira Jimmy Gallant avec un brin de nostalgie dans la voix.

Musicien troubadour

L’artiste ne regrette pas sa décision de s’expatrier à Montréal durant de nombreuses années afin de vivre pleinement sa passion et de jouer dans les grandes ligues.

«C’était une époque où l’on pouvait se produire dans les bars, les hôtels et même dans les bordels! Il suffisait de se trouver sur scène avec des gars qui savaient bien jouer de la musique et le tour était joué.»

Jimmy Gallant a écumé tous les moindres recoins du Nouveau-Brunswick et du Québec à une époque où les festivals country n’existaient même pas encore.

Durant de nombreuses années, il a vécu en tant que musicien troubadour avec tout ce que la musique peut offrir de meilleur comme de pire à la vie.

«Je pouvais facilement obtenir un cachet de près de 125$ pour une série de spectacles tout en étant logé et nourris, ce qui était assez bien payé dans les années 1970. Je me souviens très bien d’avoir aussi fait des spectacles avec comme salaire deux bières, ce n’était pas le diable comme paye!», raconte le sympathique musicien.

Ses chansons tournent à l’époque dans les radios montréalaises qui vibrent alors au son du country, ce qui n’empêche pas Jimmy Gallant de devoir livrer des pizzas, effectuer des courses à bord de son taxi et faire d’autres métiers du genre afin d’arrondir les fins de mois.

«Un moment donné en 1989, j’en ai eu assez! J’ai décidé de revenir m’installer au Nouveau-Brunswick.»

Belle époque

Bien de son temps avec quelques-unes de ses chansons qui sont aujourd’hui disponibles sur le web, le chanteur dit tout de même avoir gardé une préférence pour la belle époque des 45 tours.

«Des caisses de 45 tours, ça se vendait en masse autrefois!», explique-t-il tout en se remémorant sur le coup un autre souvenir lointain.

«Je me souviens d’une journée de 1975 où j’étais en spectacle dans la région de la Beauce. Il faisait tellement chaud cette journée-là que j’ai perdu plus d’une centaine de 45 tours que j’avais laissé dans la voiture… Je voulais brailler!», relate Jimmy Gallant.

Poursuivant dans ses souvenirs, il dit fort bien se souvenir d’une nuitée dans un hôtel de Rawdon où des soldats des Forces armées canadiennes ont fait irruption dans sa chambre sans trop d’invitations.

«Les soldats étaient à la recherche du ministre Pierre Laporte qui avait été enlevé par le Front de libération du Québec. Le croyant à cet hôtel, ils ont défoncé la porte et pointé leurs mitrailleuses à quelques pouces de mon visage. C’était assez sauvage mettons!»

Des regrets et des projets

Des regrets après une si longue carrière, l’homme d’Edmundston en a bien évidemment.

«J’aurais aimé participer à au moins un épisode de l’émission télévisée Pour l’amour du country, mais ça ne se sera malheureusement jamais produit.»

À 71 ans, le cowboy Gallant veut tout de même en remettre. Il prévoit réaliser un nouvel album de chansons originales d’ici les prochains mois et offrir quelques spectacles au Nouveau-Brunswick et au Québec afin de souligner ses 50 années de carrière.