Le Grand Nord de Raymond Martin

L’artiste peintre Raymond Martin convie le public à une visite fascinante dans le Grand Nord, au coeur même d’un petit village du Nunavik, à Kangiqsujuaq, sur les rives de la baie d’Ungava. Exposées à la Galerie 12, à Moncton, ses œuvres lumineuses nous transportent à travers ces vastes paysages escarpés et ses petites maisons sur pilotis.

L’artiste de Moncton a passé une bonne partie du mois de juillet dernier à Kangiqsujuaq, seule période de l’année sans gel. Il s’agit de l’une des 14 communautés du Nunavik.

Raymond Martin en est à son quatrième voyage, depuis 1992, dans ce territoire québécois situé au-delà du 55e parallèle nord. Il a choisi ce village à cause de ses montagnes et de la baie.

Pendant son séjour, il a vécu dans une petite maison au sein de la communauté inuite. Il s’est inspiré de leur savoir-faire, de leurs habitudes de vie, de ses randonnées, de la nature et de la faune pour créer ses œuvres.

«Quand je suis là-bas, je fais beaucoup de croquis et je reviens dans mon atelier pour faire mes tableaux inspirés de mes dessins. Le dessin me permet d’intégrer beaucoup plus le paysage et de prendre le temps de regarder. Pendant la journée, l’éclairage change constamment, il y a de la bruine qui passe, des nuages qui changent un peu la couleur des montagnes», a-t-il raconté.

Dans ses œuvres, on peut remarquer ces changements de couleur. Les montagnes situées au loin apparaissent violettes, tandis que celles qui sont plus près deviennent vertes, étant recouvertes d’une forêt miniature. Il y a aussi la balade des icebergs au gré des marées.

La nature est au rendez-vous avec ses chiens sauvages, ses bélugas, ses caribous et ses faucons gerfauts. L’artiste s’émerveille de toute cette nature et ses tableaux reflètent bien cet amour qu’il a pour cette région du monde.

«La planète est flambant neuve là-bas. Il n’y a pas de terre, c’est de la mousse sur de la pierre. Ensuite, c’est la pureté des rivières et de l’air. L’air est vraiment bon. Il passe très peu d’avions. Il n’y a pas de pollution par le son. La luminosité est spéciale. À 11h le soir, le soleil se couche, mais on peut encore lire. Le soleil n’est jamais trop loin en bas de l’horizon.»

L’avion est le seul moyen d’accéder au village.

Troisième exposition

Cinq œuvres, pour la plupart de grand format, composent cette nouvelle série.

On y voit, entre autres, un caribou au milieu d’une taïga, des scènes de pêche, le village ou encore le mélange des petits galets à la mer. Les couleurs sont magnifiques.

Il s’agit de la troisième exposition de Raymond Martin autour du thème de Kangiqsujuaq. Il a exposé des œuvres de cette série à Halifax, à Fredericton et maintenant à Moncton. Il espère pouvoir faire voyager cette collection dans d’autres villes.

À cette série, s’ajoutent deux tableaux en rupture de ton qui illustrent une scène dans un bar de Moncton. L’artiste avait envie de changer de couleurs et d’ambiance.

Son exposition est présentée à la Galerie 12 du Centre culturel Aberdeen jusqu’au 8 mai. Le vernissage se tient ce vendredi 26 avril de 17h à 19h.