Frye: Redécouvrir Moncton à travers les écrivains

Moncton figure parmi les petites villes de la francophonie canadienne les plus citées dans la littérature, avance le professeur de littérature Benoit Doyon Gosselin qui propose une promenade au coeur de cette cité afin de redécouvrir les lieux à travers la plume des écrivains.

Si Moncton est loin d’être la plus belle ville du monde sur le plan architectural, il reste qu’elle a inspiré un bon nombre d’écrivains de l’Acadie, du Québec et d’ailleurs. Par la fiction, la ville apparaît sous un nouveau jour. Elle devient plus belle qu’en réalité, souligne le professeur de littérature de l’Université de Moncton.

«Je dirais que dans les petites villes de la francophonie canadienne, il n’y a pas de ville qui a été autant traité par la littérature que Moncton», a déclaré Benoit Doyon-Gosselin.

Celui-ci attribue cela, entre autres, à la présence de l’université et à l’influence de Gérald Leblanc qui a écrit beaucoup sur la ville. Le poète acadien a eu un effet catalyseur. Serge Patrice Thibodeau, Hélène Harbec, Jean-Paul Daoust, Paul Bossé, Sarah Brideau et Jean-Mari Pître figurent parmi les poètes qui ont exploré la ville dans leur écriture.

Le fait d’être francophone minoritaire dans une ville anglophone constitue certainement aussi un facteur. Les écrivains ont nommé les lieux, mais ils les ont aussi transformés pour rendre la ville encore plus francophone. Le professeur cite notamment la poésie de Raymond Guy LeBlanc ou encore France Daigle qui donne des noms français aux rues dans un de ses romans, comme la rue King qui devient l’avenue Royal.

«Les écrivains veulent renverser la situation. On est un tiers de francophones, mais il y a combien de rues francophones et surtout qui débouchent sur quelque chose. La rue Louis-J.-Robichaud est un cul-de-sac, la rue Léopold-Belliveau se termine dans le bois et la pire de toutes, c’est la rue Fernand-Landry sur laquelle il n’y a personne qui vit. C’est comme si pour faire mentir la réalité toponymique, les écrivains par la fiction transforment cette ville-là et en font une ville plus francophone qu’elle l’est vraiment.»

Benoit Doyon-Gosselin qui a créé un site internet sur la ville littéraire a répertorié au moins 200 extraits et citations jusqu’à ce jour. Ce sont des extraits de textes de différents auteurs qui traitent de Moncton.

Séduit par les parcours littéraires organisés dans le Vieux-Québec, il a eu envie de transposer ce concept à Moncton. Il en est à sa troisième promenade littéraire. Cette fois-ci, l’activité est organisée dans le cadre du Festival Frye.

Avec un groupe de personnes, il part à pied à la découverte des lieux ayant inspiré les poètes. Une trentaine d’extraits de textes seront présentés aux promeneurs.

Le parcours débute au Centre culturel Aberdeen pour aller vers les rues St-George, Archibald, Dufferin et Lutz. Le groupe s’arrêtera à la tour Bell Aliant et dans la ruelle Robinson pour ensuite poursuivre sa route sur la rue Main et peut-être jusqu’au parc du Mascaret pour finalement remonter la rue Botsford.

La promenade littéraire se tient ce samedi à compter de 13h. En cas de pluie, elle sera reportée à dimanche à la même heure.